[La gloire de nos pierres] La bastide Marin, « belle endormie » sauvée par les Ciotadens
En ruines, reconverties ou entourées de barres d'immeubles, quelques dizaines de bastides d'antan ont survécu à Marseille et alentours. Elles rappellent un passé bourgeois bucolique façon Pagnol, mais témoignent aussi des inexorables métamorphoses du paysage urbain. À La Ciotat, l'une d'entre elles, datant du 17e siècle, est en passe d'être complètement rénovée par une association, en vue d'en faire un lieu ouvert.
La Bastide Marin est ouverte au public à de nombreuses occasions (Image AL)
Passée la grille de la propriété, la bastide Marin ne se donne pas tout de suite à voir. Au bout de l'allée centrale, bordée par des jardins où poussent le blé, l'olive et la vigne, un micocoulier plusieurs fois centenaire dissimule en partie l'austère bâtiment dont les plus anciennes traces remontent à 1680. "Une austérité qui garde de belles choses", explique sur le pas de la porte du monument classé en 2014, Chantal Trivino, membre de l'association qui œuvre à sa restauration, La Ciotat, il était une fois. Le lieu, ceint de ses 8000 mètres carrés de terrains cultivées est géré par l'association.
"C'est assez miraculeux ce qu'on a fait là", se réjouit Mireille Benedetti une des fondatrices de l'association et conseillère municipale centriste de la Ciotat chargée de l'éducation depuis 2001. Depuis 15 ans, une dizaine de bénévoles s'échinent à faire revivre la bastide, à coup de chantiers collectifs et de collectes de fond.
L'intérieur, malgré les dommages du temps et de l'humidité, conserve encore quelques attraits de ce que pouvait être l'opulence d'une bastide provençale au 17e siècle. Possédée initialement par la famille génoise de navigateur au long cours Marini, dont le nom sera francisé en Marin, l'histoire de cette bastide se confond avec l'émergence de la bourgeoisie marchande à la Ciotat qui s'enrichit du commerce avec le Moyen-orient.
Au centre du rez-de . . .
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