La fusion de Pays d’Aix Habitat avec un bailleur privé avance contre vents et marées
La métropole a approuvé, ce jeudi 3 avril, le projet de fusion entre Pays d'Aix Habitat et le bailleur privé Famille & Provence, initié par l'office HLM public il y a un an pour éviter le regroupement avec un organisme marseillais. Il doit encore être validé par les deux entreprises et le préfet pour une mise en œuvre annoncée à l'été.
La résidence du Calendal à Encagnane, gérée par Pays d'Aix Habitat. (Photo : ML)
Les Aixois vont réussir à se séparer des Marseillais, sur les questions d’offices HLM. Il y a un an, le bailleur public Pays d’Aix Habitat lançait une étude pour sortir du giron métropolitain, après son rapprochement forcé — avorté — avec son homologue Habitat Marseille Provence (HMP) en 2021. Les deux établissements étaient contraints par une disposition de la loi Élan, qui oblige les offices HLM de moins de 12 000 logements et cohabitant sur la même métropole à se regrouper. Cette fusion avec un office marseillais suscitait une forte opposition de l’ancienne maire, Maryse Joissains. Pays d’Aix Habitat a trouvé une porte de sortie en choisissant de fusionner avec le bailleur privé Famille & Provence, propriété de la Caisse d’épargne.
La procédure juridique pour la fusion des deux bailleurs est en cours depuis la fin d’année dernière et ils espèrent la voir aboutir au 30 juin. Aix-Marseille-Provence a approuvé, ce jeudi 3 avril, le projet de fusion en bureau métropolitain. Ce vendredi 4 avril, le conseil d’administration de Pays d’Aix Habitat doit également le valider. Celui de Famille & Provence l’a adopté le 14 mars. Le bailleur privé l’examinera ensuite en assemblée générale extraordinaire. Enfin, le préfet devra l’autoriser. Mais si le processus avance, les syndicats de salariés de l’office public aixois continuent de se mobiliser contre la fusion et de s’inquiéter du risque de casse sociale.
Le projet de fusion, présenté aux différents organismes et consulté par Marsactu, précise les objectifs de ce regroupement ainsi que les modalités juridiques et financières de l’opération. Il acte aussi le transfert de patrimoine entre les deux entités. Aujourd’hui, Pays d’Aix Habitat compte dans son parc 5 680 logements et emploie 155 personnes, dont 24 fonctionnaires. Famille & Provence détient et gère plus de 8 500 logements pour 119 salariés. Selon le projet, la fusion permet notamment d’“assurer la protection sociale de l’ensemble des collaborateurs des deux entreprises”. “Le projet d’entreprise élaboré par les deux organismes est axé autour d’une ambition : conjuguer les compétences et bonnes pratiques des deux entités et accompagner vers les métiers de demain”, précise également le document.
Des discussions encore en cours sur l’avenir des salariés
“Des négociations ont été entamées avec les organisations syndicales représentatives de l’OPH [office public de l’habitat, Pays d’Aix Habitat, NDLR] et les directions des deux organismes pour conclure un accord de transition. Après leur rattachement à la métropole du fait de la disparition de l’OPH, il a été proposé un contrat de travail par Famille & Provence à chaque fonctionnaire actuellement rattaché à l’OPH”, indique aussi la délibération qui accompagne le projet de fusion. Mais ces éléments ne satisfont pas les syndicats. Ils appellent à une nouvelle mobilisation ce 4 avril dans le cadre du conseil d’administration de Pays d’Aix Habitat. “Notre réponse est toujours la même : on ne veut pas que ça se fasse, mais ils avancent malgré tout”, explique Benjamin Jarrix, délégué syndical FSU.
Outre cette opposition de principe à la fusion, les syndicats émettent des inquiétudes sur la tenue des négociations. “Ça s’annonce mal, vu comment ça a débuté”, souffle Benjamin Jarrix. Ils demandent notamment une prise en compte de leur ancienneté depuis leur embauche, et non depuis leur dernière prise de poste, ainsi que de garder leur forfait de travail à quatre jours et demi par semaine, contre cinq chez Famille & Provence à ce jour. “Ce que fait un intendant chez Famille & Provence, ça représente trois postes chez nous”, s’inquiète le délégué FSU. En décembre 2024, le comité social et économique (CSE) de Pays d’Aix Habitat avait émis un avis défavorable au projet. Celui de Famille & Provence avait quant à lui donné un avis favorable à la fusion. “Si on n’est pas d’accord, c’est pareil”, regrette le délégué FSU. Pays d’Aix Habitat n’a pas répondu à nos sollicitations dans les délais de parution de cet article.
Des garanties sur la rénovation d’Encagnane
Le projet de fusion précise également les ambitions des deux bailleurs pour leur futur parc locatif. Il mentionne ainsi “d’ici à 2032, un plan de développement de plus de 3 300 logements, soit 400 logements supplémentaires par rapport à l’addition des ambitions actuelles des deux entités, comprenant également une diversification de l’offre de logements, mais également une ambition de réhabilitations de plus de 5 250 logements, priorisant les logements les plus énergivores, permettant avec les ventes un accroissement net du patrimoine de 1 810 logements”. “Les études financières réalisées établissent que le nouvel ensemble fusionné aura une situation financière saine grâce aux synergies dégagées par le rapprochement“, indique aussi le traité de fusion.
Les salariés et habitants avaient aussi exprimé des inquiétudes pour l’avenir de la rénovation du quartier d’Encagnane à Aix-en-Provence pilotée par Pays d’Aix Habitat si le bailleur passait du giron public au privé. “La société absorbante [Famille & Provence, NDLR] s’engage à poursuivre et mener à terme le projet de restructuration du quartier d’Encagnane portant sur : la construction des 102 logements, la poursuite des relogements liés à la démolition des bâtiments Calendal et Méjanes, les réhabilitations des 306 logements du Zodiac et des 442 logements de la société absorbante”, affirme le projet. Avec cette fusion, Famille & Provence va hériter d’un bout de patrimoine de la Ville d’Aix-en-Provence, et des relations avec sa maire.
Commentaires
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C’est le monde à l’envers !
Une municipalité se débarrasse de son office PUBLIC d’habitat, et le met sous la coupe de la CEPAC:
On va donc passer d’une logique patrimoniale de service public do loge, à une logique de rentabilité financière, dans le futur conglomérat (Erilia ayant absorbé LOGIREM) qui va faire mousser l’argent au profit des actionnaires privés.
L’ETAT va t il laisser faire ce pillage?
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Lire :..Service public du logement,
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155 personnes, dont 24 fonctionnaires, pour gérer 5 680 logements d’un côté. 119 salariés pour gérer 8 500 logement de l’autre.
A part les économies d’échelle, qu’est-ce qui explique ces 30% d’écart dans le nombre de logements gérés par personne?
““Notre réponse est toujours la même : on ne veut pas que ça se fasse, mais ils avancent malgré tout”, explique Benjamin Jarrix, délégué syndical FSU.”
Le délégué syndical qui fait semblant de découvrir que le rôle des dirigeants est de prendre des décisions stratégiques et que le rôle des non-dirigeants est de les mettre en oeuvre, ça ne manque pas de sel.
“Ils demandent notamment […] de garder leur forfait de travail à quatre jours et demi par semaine, contre cinq chez Famille & Provence à ce jour. “Ce que fait un intendant chez Famille & Provence, ça représente trois postes chez nous”, s’inquiète le délégué FSU.”
Ah, en fait, on a la réponse à la question ci-dessus : le privé travaille plus et plus efficacement.
Chacun en tirera les conclusions qu’il veut.
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