La fin des vendredis noirs ? Gaudin prêt à étaler les activités périscolaires

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le 15 Déc 2014
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La fin des vendredis noirs ? Gaudin prêt à étaler les activités périscolaires
La fin des vendredis noirs ? Gaudin prêt à étaler les activités périscolaires

La fin des vendredis noirs ? Gaudin prêt à étaler les activités périscolaires

C’est un signe. En conseil municipal, ce lundi matin, Danièle Casanova a retrouvé ses réflexes d’ancienne institutrice. Armée de la règle en bois, elle a vertement repris la conseillère municipale socialiste, Annie Lévy-Mozziconacci. “Pour moi, un et demi plus un et demi, cela fait toujours trois heures”, ricane-t-elle en se tournant vers la nouvelle élue. Un peu avant, cette dernière revenait sur la solution choisie de trois heures d’activités périscolaires concentrées sur le seul vendredi qui selon elle n’est pas adaptée.

L’élue des 6e et 8e arrondissements propose donc de découper ces trois heures, pour résoudre le problème de fatigue des enfants en fin de semaine et celui du recrutement des animateurs. Il nous semblait plus judicieux, plus pédagogique et plus économique de mettre en places les temps d’activités périscolaires sur deux après-midi de 1 h 30 avec deux zonages différents par secteur. Cette proposition permettrait de diviser par deux le nombre d’intervenants nécessaires et de proposer à chacun deux fois plus d’heures.” Jusque-là, rien de très original dans cette passe d’armes. La première fustige les choix de la Ville, la deuxième monte en défense mordicus en rejetant la réforme.

L’originalité du jour tient à l’arbitre de filet qui s’est introduit dans le débat. Il s’agit du maire de secteur UMP des 9e et 10e arrondissements, Lionel Royer-Perreaut. Il vient apporter son vécu d’élu de proximité qui, selon ses dires, descend faire du terrain dans les cours de récré. De là, il a fustigé “les enseignants qui ne jouent pas le jeu, les directeurs d’école qui refusent l’accès à leurs locaux et la volonté politique de l’État de faire en sorte que cette réforme soit inapplicable”.

Mais, à rebours, il a emboîté le pas de l’élue socialiste en remettant en cause la concentration des activités sur la seule après-midi du vendredi. “Nous n’avons pas suffisamment d’animateurs, il faudra revoir cette organisation pour le bénéfice des enfants”, a-t-il conclu en évoquant une organisation découplée par secteur de deux fois une heure et demi. Solitaire, Annie Levy-Mozziconacci applaudit cette intervention qui va dans son sens et contraste avec la bronca UMP qui accompagne d’ordinaire ses discours.

Conciliabule au perchoir

Il y a de l’agitation au perchoir, après cette intervention. Le directeur de cabinet du maire a rejoint le directeur des services, Jean-Claude Gondard et le maire pour un rapide conciliabule. Pendant ce temps, l’élue aux écoles revient sur le coût de la réforme et la nécessité de construire un projet éducatif territorial pour obtenir les financements de la caisse d’allocations familiales à la rentrée 2015. De l’intervention de Royer-Perreaut, elle ne retiendra pas sa suggestion qui sonne comme un échec des “TAP” sauce marseillaise.

Au final, c’est le maire qui va donner le coup de grâce aux temps d’activités périscolaires du vendredi. “Nous voulons sortir de cet imbroglio”, commence-t-il par dire avant de reprendre le fil ininterrompu des reproches déjà formulés contre le gouvernement à ce sujet. Puis il revient sur le choix du vendredi en arguant d’une option portée par les conseils d’écoles “réunis dans la précipitation”. Selon lui, les parents auraient alors opté pour le vendredi “sous la pression des instituteurs qui ainsi peuvent partir plus tôt en week-end”. Lui-même avait déjà indiqué sa préférence avant même que les votes aient lieu en fin d’année scolaire… Puis il lâche : “Peut-être faudra-t-il changer et mettre deux après-midi. Tout cela est déjà l’étude. Nous le regardons.” En revanche, il laisse clairement entendre que cette réforme améliorée pourrait devenir payante “comme c’est le cas à Lyon”

De fait, la Ville et les prestataires de service qui ont répondu à son appel à projets se retrouvent devant de vraies difficultés de recrutement. Cela figurait d’ailleurs dans un extrait du texte que Danielle Casanova a choisi de ne pas lire : “Un salaire de 100 euros par mois n’est pas attractif. Les associations peinent à recruter d’autant qu’un texte vient d’interdire des contrats de travail de moins de 24 heures par semaines. 50 animateurs ont démissionné pendant les vacances de la Toussaint”.

Vérification faite, cette règle des 24 heures fait l’objet d’une dérogation pour les salariés de l’animation, variable selon la taille de l’établissement. Les centres sociaux et autres associations socio-culturelles ont aussi la possibilité de recourir au contrat de travail intermittent. Les constats se rapprochent, l’imbroglio se poursuit.

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Commentaires

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  1. leravidemilo leravidemilo

    Génial. Il n’aura fallu que quelques 18 à 20 mois, pour que la ville de marseille découvre ce que tous les autres maires avaient compris dès le début, et notamment dans les villes voisines (ceux que nos marseillais contributeurs de ce forum traitent invariablement de “roitelets”,” baronnets”, et autres “gaspilleurs d’argent public”, dans tous débats relatifs à la métropole) : En étalant les activités sur plusieurs jours, au lieu de les concentrer bêtement le vendredi, on résout le déficit de personnel qualifié, on crée des postes plus attractifs, on monte le niveau qualitatif des activités proposées, on améliore le rythme d’apprentissage des enfants…Danièle Casanova aurait pu, avantageusement pour les écoliers marseillais, être envoyé en stage à aix où ces activités périscolaires existent (indépendamment de la dite réforme) depuis une douzaine d’année, sur la pause méridienne,assurée par les clubs sportifs,MJC, Centres socio-culturels…) La même remarque vaut pour M Gontard et sa remarquable équipe.L’incurie de cette équipe est stupéfiante! Dans un souci d’équité, on ne saurait oublier l’impayable gouvernement hollandais qui, une fois encore, a “réformé” le droit du travail en mettant sur le même plan la grande distribution et les associations culturelles, et en oubliant que les professeurs de musiques ou de thêatre ne pouvait pas faire 35h de présence effective face au public sans préparer leurs interventions avec le temps nécessaire; ça a bien sur bloqué l’embauche pour les associations employeurs, alors que les villes étaient prêtes à s’engager et à voter les conventions de financement, et il a fallu refaire le tout ( faire et refaire, c’est toujours travailler! Simplification quand tu nous tient) En fait, pour ce pouvoir, le secteur associatif n’existe tout simplement pas, sauf dans les discours bien sur.

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  2. Tresorier Tresorier

    Marseille croule sous les frais de centralite et des pauvres que les communesalentours nous renvoient. Evidemment, plus oń est riche, mieux on gere l’application de cette reforme idiote……

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  3. Anonyme Anonyme

    Incompétence générale d un système clanique et de politique politicienne
    Plutôt que de penser a l intérêt général et donc aux citoyens cette equipe municipale
    N aime pas les gens elle aime l argent

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  4. REEL REEL

    Il faut venir à ARLES….les enfants ont deux après midi de 1 h 30(mardi et vendredi) ils jouent au cerceau, attrape-trappe , à la pâte à modeler, de temps en temps au ballon. C’est vraiment bien ! les moniteurs sont de super-professionnels.La plupart des Mairies de gauches ont bien compris le système. ARLES est la pointe .Marseille doit prendre modèle sur cette ville de gauche-plurielle.!!!!

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  5. Anonyme Anonyme

    C’est ça de faire confiance à de jeunes élus novices en politique …

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  6. Pascal Pascal

    Cette ville mérite mieux que ces apparatchiks …. Tant d’errance, tant d’ approximations, tant de jalousies inter-métropole, toutes ces logiques d’investissements populistes, …. où est le principe de réalité ? où est le contrat citoyen / entreprises ? où sont les politiques publiques pour les habitants de cette ville ?…. Cette pignolade Marseillaise autour des TAP est minable et vous discrédite auprès des néo-marseillais (27% des Marseillais, 35% des actifs et parents pour 68% d’entre eux)
    J’aime cette ville, je déteste sa gouvernance.

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  7. Pascal Pascal

    1 mot … Imcompréhension !

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  8. Delair Delair

    Pauvre ville gérée par la troupe du Grand Cirque de France…

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  9. JL41 JL41

    Il semble que le choix du vendredi après-midi intéressait aussi les enseignants et que les parents se soient laissés prendre, le tout couronné par un certain simplisme de réflexion de Danielle Casanova.
    S’ils avaient lu Marsactu, ils auraient su que beaucoup de commentateurs étaient intervenus pour dire qu’il serait difficile de trouver pour cette seule après-midi assez d’animateurs, au chômage les autres jours.
    Si seulement ce temps libre pouvait être pris pour faire le meilleur avec les enfants, plutôt que d’être rempli par des occupations quelconques.

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  10. Titi Titi

    “En étalant les activités sur plusieurs jours, au lieu de les concentrer bêtement le vendredi …”

    Il ne faut pas oublier que la concentration des activités n’est pas une idée locale mais qu’elle a été autorisée par B. HAMON au titre des assouplissements de la réforme.
    Il ne faut pas oublier que tous les experts (chronobiologiste) dénoncent une telle concentration.

    Quant à la sectorisation et passer à deux après-midi, cela permettrait peut-être de résoudre pas mal de problème au niveau des structures intervenant sur les écoles.
    Je suis néanmoins impatient de connaître la réaction du recteur et des enseignants quand on leur dira :
    – écoles du 6° TAP lundi après-midi et jeudi après-midi
    – écoles du 7° TAP mardi après-midi et vendredi après-midi

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  11. Anonyme Anonyme

    alors si je décode … 2 jours par semaine, mes enfants sortiront de l’école à 15h00 … pour 1h30 de Temps d’activité périscolaire ….
    Et la garderie de 16 h 30 à 17h30/18h00 … qui la fera ? d’autres personnes ? puisque les profs seront en pause à 15h00 …
    Et les promesses du mercredi … cantine et sortie à 13h30 ? prise en charge des enfants en centre aéré , sur l’école ?
    Quant à payer les TAP … ok mais il faudra que ce soient de vrais activités (théâtre/musique/ sports collectifs/ …) car si c’est pour faire foot dans la cour ou découper du papier ou coller des coquilles d’oeufs (activités proposés en ce moment cf projet IFAC) … alors là … c’est non et non

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  12. julijo julijo

    Où on voit comment une volonté de faire un “coup” politique se heurte à la réalité objective.
    Si il ne s’agissait pas de nos enfants, ce serait vraiment hilarant ! Cette volte face, ces atermoiements municipaux sont dignes d’un sketch de nos meilleurs humoristes(qui n’auraient peut être pas osé aller si loin).
    Hamon n’aurait-il pas autorisé ce blocage en une fois des heures de TAP, juste pour se moquer…..

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