"La fermeture de l'hôpital Lavéran serait une catastrophe sociale et sanitaire"

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le 4 Avr 2013
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"La fermeture de l'hôpital Lavéran serait une catastrophe sociale et sanitaire"
"La fermeture de l'hôpital Lavéran serait une catastrophe sociale et sanitaire"

"La fermeture de l'hôpital Lavéran serait une catastrophe sociale et sanitaire"

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, est attendu à Marseille, demain. Le programme de sa visite comprend une visite de l'hôpital Lavéran. Hôpital d'instruction des armées, cet établissement joue un rôle essentiel dans le service public de la santé dans les quartiers nord et au-delà. En effet, les urgences de Lavéran couvrent le 13e arrondissement, Allauch et Plan-de-Cuques. Une population de 180 000 habitants dont une bonne part, souvent socialement fragilisée, est très éloignée des hôpitaux civils de la ville que cela soit La Timone ou l'hôpital Nord. Des rumeurs persistantes de fermeture avaient donc causé un certain émoi ces dernières mois. D'autant plus que 90% des patients qui fréquentent cet hôpital sont des civils.

Si le gouvernement a tenu un discours rassurant depuis, la menace persiste. Les personnels de l'hôpital partagent ce sentiment d'inquiétude et le maire Jean-Claude Gaudin n'est pas le dernier à la relayer. Responsable de secteur des services de santé des armées pour la CGT, Bernard Bourdelin se fait l'écho de ses inquiétudes. "Nous attendons de Jean-Yves Le Drian qu'il confirme ce qu'il a annoncé devant la représentation nationale, le 5 novembre 2012. Il avait dit notamment qu'il était attaché à la qualité du service de santé des armées, que les crédits allaient augmenter de 7% et qu'il n'y aurait aucune fermeture d'hôpital militaire même s'il tenait compte des observations de la cour des comptes à ce sujet. Il y en a neuf en France, trois étaient menacés dont l'hôpital Lavéran".

"La santé des armées, c'est 2% du budget"

D'ailleurs, le syndicaliste conteste les conclusions de la cour des comptes. "Les hôpitaux militaires ont une double mission. Une mission régalienne : être au service des forces armées pour leur assurer un soutien en santé. Et, d'autre part, ils s'inscrivent dans la carte sanitaire des départements pour assurer les urgences, les soins aux patients. Quant aux coûts, ils représentent 2% du budget de la Défense. 54% des budgets des hôpitaux militaires sont assurés par les patients qui paient à travers la sécurité sociale. S'il y a des économies à faire, ce n'est franchement pas dans le budget santé des armées". Bernard Bourdelin reste très méfiant quant aux éventuelles coupes budgétaires qui pourraient advenir dans les prochains mois et ce même si le gouvernement parle de "sanctuarisation" du budget de la Défense.

"Quand on parle de sanctuarisation, ce n'est que l'arme nucléaire. Nous sommes toujours dans le cadre de la loi de programmation 2009-2014 et celle-ci prévoit 54 000 suppressions d'emplois civils et militaires sur 6 ans". L'hôpital Lavéran compte 920 salariés dont un tiers de civil. Les suppressions de postes pourraient donc également concerner ce site. "Nous n'en sommes pas là. Ce que nous voulons c'est qu'il confirme la non fermeture d'hôpitaux".

De la même manière, le syndicaliste reste vigilant quand le rapprochement avec les Agences régionales de santé est évoqué. "Nous ne sommes pas contre des rapprochements pour éviter les doublons. Mais, là encore, on ne souhaite pas que cela se traduise par des suppressions de postes". Le syndicaliste espère que la promesse du gouvernement ne fonde pas comme neige au soleil une fois passée l'échéance des municipales de 2014.

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Commentaires

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  1. Anonyme Anonyme

    surtout pas le fermer il est specialisé dans les blessures par balles et en ce moment il y a du boulot…..

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  2. Balanos Balanos

    J’ai subi deux interventions chirurgicales importantes dans cet hôpital. La qualité des soins, l’efficacité, le professionnalisme, l’humanisme de tous les personnels m’ont impressionné.
    Je recommande cet hôpital aux gens que je connais et qui sont, comme moi, hostiles à la rapacité des praticiens qui pratiquent le dépassement d’honoraires. Cela n’a pas cours à Laveran. Laveran constitue un îlot de salubrité publique à ce niveau. Lavéran ne doit pas fermer.
    Robert Pierre Meurger

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  3. Balanos Balanos

    J’ai subi deux opérations chirurgicales importantes à Laveran en 2011 et 2013. J’ai été impressionné par la qualité des soins, l’efficacité, le professionnalisme, l’humanité de tous les personnels. Je recommande cet hôpital à des gens que rebute, comme moi, les dépassements d’honoraires pratiqués par les chirurgiens d’ailleurs. A ce titre, Laveran constitue un îlot de salubrité publique démocratique et ne doit pas fermer.

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  4. Anonyme Anonyme

    Il serait très dommage que l’Hôpital Laveran disparaisse.
    Hôpital de proximité, mes parents y ont été hospitalisés à plusieurs reprises et j’ai toujours été satisfaite de ses services, de la qualité des soins, de la disponibilité et de l’écoute des médecins et du personnel soignant.

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