La drôle d’enquête commandée par l’université sur les opinions politiques de ses étudiants

Enquête
le 5 Déc 2025
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Lancée en grande pompe par le président d'Aix-Marseille université, Éric Berton, une campagne citoyenne pour pousser les étudiants à participer aux élections municipales divise la communauté éducative. Elle s'accompagne d'une étude qui crispe, autant par sa méthodologie que par la sensibilité des données recueillies.

Une page de l
Une page de l'étude menée par l'Ifop. (Photo : M.L.)

Une page de l'étude menée par l'Ifop. (Photo : M.L.)

Les 82 000 étudiants d’Aix-Marseille université (AMU) n’ont pas pu passer à côté. Courriels envoyés sur les boîtes universitaires et affiches collées avec des références à la rappeuse Théodora, à Jul ou à l’OM les invitent à se mobiliser pour les élections municipales : “J’suis dans le game, j’réponds en claquettes survêt”, “Boss lady, oui c’est toi. Laisse personne choisir pour toi”, “Nous sommes les Marseillais. Et nous allons voter”. Au début du mois de novembre, le président de la faculté, Éric Berton, a annoncé, dans un entretien fleuve à La Provence, le lancement de sa campagne “L’indifférence ne fait pas la différence”, qui vise à encourager les élèves à participer aux ...
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Commentaires

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  1. Richard Mouren Richard Mouren

    En quoi ce sondage entre-t-il dans les attributions de l’université? En quoi ce sondage entre-t-il dans les buts poursuivis par l’université? Nous avons là un exemple de la dérive autoritariste de la représentation démocratique: l’élection démocratique d’un gouvernant rends automatiquement légal ou même simplement licite toute décision prise par ce gouvernant. On assiste impuissants à la percolation du trumpisme dans toutes les institutions: je peux tout faire parce que j’ai été élu. L’élection est devenue un blanc-seing. Question subsidiaire: combien a coûté cette enquête à une université dont les finances sont assez mal en point?

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    • Jean-Baptiste Jean-Baptiste

      En lisant la profession de foi de sa liste https://www.univ-amu.fr/system/files/2020-01/DIRCOM%20-%20Profession%20de%20foi.pdf, on peut imaginer que la direction de l’université place cette initiative malheureuse dans le champ de la “responsabilité sociétale” (voir fin de la première page du pdf). Je ne défends pas du tout cette enquête, mais ça explique peut-être le mécanisme par lequel elle a vu le jour.

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  2. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    Hou la !
    C’est surtout la confusion qui est bizarre…
    1. Que l’Université fasse une campagne de sensibilisation au vote pour les municipales, c’est sûrement une très bonne idée.
    2. Que l’Université veuille profiter des municipales pour rappeler aux élus locaux qu’elle pèse lourd et que son poids dans la vie locale se mesure aussi par le fait que les étudiant-e-s sont des électeurs et qu’ils ont des attentes et des questions à poser aux candidat-e-s. C’est sûrement une très bonne idée.

    Que c’est deux idées puissent se lier, on le comprend… Mais que vient faire cette histoire de sondage au milieu ?
    Pourquoi AMU veut connaître les opinions des étudiant-e-s ? Ca peut être légitime, mais pourquoi le faire en le liant aux deux sujets précédents ? Beaucoup d’étudiant-e-s sont des étrangers, beaucoup d’étudiant-e-s français sont électeurs en dehors du périmètre d’Aix-Marseille. Enfin les réponses sur la confusion anonymat / pseudonymat et sur la façon dont IFOP a monté sont questionnaires sont d’un amateurisme inquiétant…

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    • julijo julijo

      mmmh…amateurisme ?
      je ne dirais pas ça.
      je crois que c’est une action concertée et réfléchie. on reçoit aujourd’hui différents sondages, sur des sujets dont on aurait même pas eu l’idée il y a peu de temps.
      quelque part les sondages diffusent l’idée, quand ils sont médiatisés, et c’est souvent le cas, d’un jugement des français afin de pouvoir manipuler leur opinion ; ils organisent également un clivage plus prégnant.
      l’IFOP ( l’opif !) est le roi des sondages quand même lamentables.

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    • Electeur du 8e © Electeur du 8e ©

      La sondomania atteint des sommets en France. Ce sondage auprès d’étudiants, qui s’ajoute au sondage très surprenant – et mort-né – entrepris par le ministère de l’Enseignement supérieur auprès des personnels universitaires, est un peu inquiétant : il y a visiblement des gens qui ont très envie de connaître les opinions personnelles des étudiants et des enseignants.

      Après les accusations, évidemment non étayées, “d’islamo-gauchisme” portées il n’y a pas si longtemps par Blanquer et Vidal, doit-on y voir la poursuite d’une obsession, qui est celle du clan Trump aux USA, selon laquelle “les universités sont l’ennemi” ?

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  3. Jean-Baptiste Jean-Baptiste

    Excellent article.

    Au début des années 2000, une chercheuse américaine (Latanya Sweeney), avait montré qu’aux Etats-Unis, on pouvait identifier quasiment 90% des gens en connaissant simplement leur code postal, leur genre, et leur date de naissance (ça descend cependant à 50% si on ne connait que la ville sans son code postal précis, mais c’est déjà énorme). Sachant qu’ici on est en plus sur une population beaucoup plus restreinte (les étudiants d’Aix-Marseille), si cette enquête demande effectivement des informations de ce type comme le laisse penser l’article, alors elle n’est pas réellement anonyme au sens de la loi.

    Par ailleurs, la justice a tout à fait le droit de demander accès aux données de cette enquête ; ça intéressera probablement les personnes concernées par les questions portant sur la désobéissance civile ou les actes violents.

    A part ça, je regrette un peu qu’on n’ait pas l’avis du comité d’éthique de la recherche d’AMU !

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  4. Assedix Assedix

    Je suis peut-être parano, mais en repensant à la visite du directeur de sciences-po qui avait dû montrer patte blanche devant le Club Top 20 (les grands patrons de la région) , j’ai très peur que la question sur Gaza et la Palestine n’ait été commanditée par ce lobby…

    https://marsactu.fr/intentions-secretes-patron-sciences-po/

    “C’était d’abord pour parler de sa vision du développement de l’école. Et savoir s’il y avait toujours la même qualité chez les étudiants de Sciences Po Paris… On sait que le climat n’était pas serein ces derniers mois”, abonde l’un des entrepreneurs présents ce jour-là.

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  5. Patafanari Patafanari

    C’est dans l’air du temps. Dès que tu achètes un bien ou un service, l’entreprise te prie de bien vouloir répondre à un questionnaire dans le but d’améliorer …gna gna gna , et ces bêtas de l’université suivent le mood.

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  6. MarsKaa MarsKaa

    Il n’était pas candidat ce Berton à une élection locale il y a quelques temps pas si lointain ? Est-il vraiment dans son rôle de président d’université là ? Pour qui fait-il cet interrogatoire ?

    Les étudiants ont des choses à dire. Et ils les disent : écoutons-les. Ne faisons pas semblant de les consulter. Surtout de manière aussi problématique. Il y a de la manipulation du debut à la fin de cette démarche.

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  7. Pierre Bourgarel Pierre Bourgarel

    Excellent article! Merci Zoé!

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  8. JeanSeb JeanSeb

    Il serait intéressant de savoir le taux de retour de ce sondage. Si je me fie au retour de mon fils (avec la conscience, donc, que ça n’a aucune valeur statistique), étudiant, 20 ans, les étudiants politisés, comme c’est son cas, ont évidemment senti le loup et n’ont pas répondu. Quelle pertinence, donc, s’ils sont nombreux à avoir eu la même réaction, pour ces questions et leur résultat ?

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  9. AlabArque AlabArque

    On marche un peu sur la tête, en effet, à vouloir sonder dans les têtes.
    Je veux bien admettre que ‘ce n’est pas un budget MacKinsey’ mais, il y aurait sûrement des moyens + efficaces & + démocratiques de ‘mobiliser’ les cohortes étudiantes en direction des urnes – par exemple, informer massivement sur les textes de loi (municipales dans toutes les communes // ‘réforme de loi PLM’), inciter à l’inscription sur listes électorales (& faciliter la démarche de cet électorat potentiel), insister sur les solutions proposées à celles et ceux qui préfèrent rester inscrit.es dans leurs communes d’origine & ne pas trop leur compliquer l’existence (éviter de convoquer les lundis matins à des examens qui pénaliseraient ou dissuaderaient celles & ceux voulant partir voter les dimanches ; diffuser massivement les modalités de vote par procuration pour celles & ceux que ça intéresse)…

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  10. Lissia Lissia

    J’aurais plutôt dans l’idée qu’en ces temps où le mot guerre revient souvent pour ne pas dire quotidiennement dans les médias, on chercherait à mesurer l’état d’esprit de la jeunesse, plus encore que son opinion sur tous les sujets. Pour savoir jusque où on pourrait aller sur ce terrain. Je dois être parano ….

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