La directrice de cabinet du maire d’Istres face au parquet national financier

Enquête
le 15 Nov 2017
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Marlène Picon-Prosperi et son mari ont été entendus ce mardi à la gendarmerie d'Istres dans le cadre d'une enquête sur l'acquisition et la rénovation de leur villa. D'autres auditions sont prévues dans la semaine dans ce dossier.

François Bernardini (à gauche), son directeur des services Nicolas Davini et sa directrice de cabinet Marlène Picon-Prospéri (à droite) lors du conseil municipal du 7 août 2017

François Bernardini (à gauche), son directeur des services Nicolas Davini et sa directrice de cabinet Marlène Picon-Prospéri (à droite) lors du conseil municipal du 7 août 2017

Dès le début de son enquête, le parquet national financier avait choisi de ne pas négliger le dossier de la (trop) belle villa de la directrice de cabinet du maire d’Istres François Bernardini [lire notre enquête]. Marlène Picon-Prospéri et son mari Patrice Picon, directeur général de la société publique locale Pôle nautique à Port-Saint-Louis-du-Rhône et lui aussi proche de l’édile, ont été entendus ce mardi à la gendarmerie d’Istres par les enquêteurs, a appris Marsactu de source proche du dossier.

Dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte sur de potentiels délits dans la gestion de la Ville d’Istres, les gendarmes parisiens de la section de recherche se sont penchés sur l’acquisition du mas de Saint-Véran, la bâtisse achetée par le couple à l’ancienne intercommunalité SAN Ouest Provence. La chambre régionale des comptes (CRC), dont les travaux servent de base aux investigations a récemment confirmé et qualifié toute une série d’anomalies dans le développement de cette bâtisse.

Le corps de ferme, en mauvais état et installé sur un terrain inconstructible, est devenu au fil des années une magnifique villa, un temps mise en vente pour 1,1 million d’euros, dont les aménagements empiètent allègrement sur les terres publiques adjacentes. « De nombreux aménagements ont été mis en œuvre en toute irrégularité », avait analysé la CRC. « Les travaux et aménagements réalisés ne constituent pas une occupation privative du lieu. Ils constituent pour la plupart une amélioration du fonds d’autrui [la collectivité, ndlr], et pour deux d’entre eux (abri et assainissement) un empiètement parfaitement explicable eu égard aux circonstances », s’était défendue Marlène Picon-Prospéri.

Un large panel d’infractions présumées

Selon nos informations, l’enquête est notamment ouverte pour les qualificatifs d’« exécution de travaux en méconnaissance des obligations imposées par le code de l’urbanisme », « faux », « recel », « blanchiment » et « trafic d’influence » à savoir le fait pour une personne chargée d’une mission de service public d’user de sa position pour obtenir des avantages indus. Ce dernier délit peut être puni de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende.

D’autres auditions sont prévues dans la semaine dans ce dossier. Celui-ci, qui concerne aussi des questions de « détournement de fonds publics par négligence », devrait se tourner vers les anciens responsables du SAN Ouest Provence, à savoir ses anciens présidents Bernard Granié et René Raimondi voire l’ancien troisième vice-président, le maire d’Istres François Bernardini. Il leur serait alors reproché d’avoir laissé faire, au détriment des deniers publics, des aménagements sur des terrains qui appartenaient à l’intercommunalité.

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