La crise dans le travail social, terrain favorable à la prostitution des mineures placées
L’exploitation sexuelle des mineures représente 59 % de la prostitution. Tous les enfants placés à l’aide sociale à l’enfance ne sont pas concernés par ce phénomène, mais la fragilité de leur situation et leur profil abandonnique en font des cibles pour les prédateurs. Et les réponses éducatives peinent à suivre.
Le 21 juin 2024, Frédérique* sort du tribunal pénal de Marseille un demi-sourire aux lèvres. Quinze ans, très mince, maquillée avec soin, elle vient de témoigner contre un quinquagénaire, bien inséré dans la société. Ce monsieur Tout-le-monde comparait devant le tribunal correctionnel pour avoir eu des relations sexuelles tarifées avec elle, quand elle n’avait que quatorze ans. Fait rare, placée dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance, l’adolescente a porté plainte.
Il l’a rencontrée sur Coco [site de conversations sans modération, interdit en France depuis juin 2024, NDLR]. Il se disait docteur. En réalité, il est éducateur spécialisé et a découvert Coco dans le cadre d’une formation sur les dangers de la traite en ligne. Après avoir nié connaître Frédérique, il admet, lors de sa garde à vue, l’avoir rencontrée. Cependant, il minimise les faits, parle de massages. Pourtant, l’examen des échanges téléphoniques laisse peu de place au doute. Parmi les 163 messages échangés entre Frédérique et Samir L., certains sont crûment explicites : "J’aurais besoin d’argent, tu veux quoi en échange ?", "Te baiser" / "Je t’achète, je te baise et je te ramène" / "100 + 150 si sans tabou" / "Toi tu prendras CC [cocaïne] et moi fumette"…
"Travaille bien !"
D'après la loi du 21 avril 2021, "toute relation sexuelle entre un majeur et un mineur de moins de quinze ans est un viol". Si Samir L. échappe aux assises, c’est que "Frédérique ne souhaite pas s’engager dans cinq ans de procédures, elle veut tourner la page et se reconstruire, explique son avocat, Daniel Ruimy. Elle témoigne pour devenir un exemple, alors qu’il y a un phénomène inquiétant de prostitution de mineures et de clients qui . . .
12 mois sous bracelet électronique et interdiction d’exercer son métier d’éducateur (!) durant dix ans…je n’arrive pas à comprendre la clémence de cette peine, alors qu’on parle d’un adulte qui profite de la situation de détresse d’une mineure pour l’inciter à se prostituer et à se droguer. Sans être un amateur du tout répressif je pense sincèrement que si les clients ne sont pas plus sévèrement punis, le phénomène ne risque pas de se résorber.
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Les quatre mille « force de l’ordre » que Retailleau a mis sur le terrain pour chasser les sans papiers ne seraient-ils pas mieux employés à chasser les proxos ?
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Glaçant, encore une fois. Le pire, c’est que le monde des travailleurs sociaux lui même semble avoir démissionné, en tous cas une partie d’entre eux.
Je serais curieux de connaitre l’évolution des budgets consacrés à cette mission d’Aide Sociale à l’Enfance. ceci explique sûrement cela.
Bravo @Marsactu pour l’enquête en tous cas, gros sujet et reportage saisissant !
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“Il faut développer les services sociaux auprès des familles pour trouver des solutions en assurant un suivi renforcé par des éducateurs diplômés sous l’égide du ministère de la Justice. Le placement doit être un ultime recours.”
Alors oui pour les AEMO… mais en multipliant par 50 (sérieusement) le nombre d’éducateurs spécialisé… un copain éduc bossant dans une grosse asso de social du 13 arrive, en moyenne, a visiter les enfants qu’il suit une fois tous les 2 mois, tellement il a de dossiers. Hyper efficace pour l’éducation, aucun doute !
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