« La Castellane, c’est un label, tout le monde veut rapper ici »
[LA TRAVERSÉE - 5/5] Marsactu achève sa traversée embarquée de Marseille à la Castellane, sous les feux d’artifice de la fête de quartier. Cinquième et dernier épisode de notre série, en partenariat avec la revue Invendable (et en musique).
La fête de quartier à la Castellane, le 20 juillet 2025. (Photo : CMB)
Le 20 juillet, on se retrouve avec Anis pour la grande fête du quartier. C’est notre dernier terrain avant le bouclage. Je suis émue que ça finisse en feu d’artifice. Il est 18 heures et la quiétude du dimanche va bientôt être secouée. "Bienvenue à l’Eski !" Le bout de carton qui indique l’un des points de deal de la Castellane est tombé sur la route. Le barrage composé d’un caddie et de deux pneus vient d’être déplacé. La vente va continuer toute la soirée, en retrait de la fête. Ce 20 juillet, le K’sté festival annonce quarante rappeurs. J’en connais un de nom. Anis en connaît neuf. "Mais il y aura des surprises !", promet Djamali. À vingt-quatre ans, il fait partie de l’association qui organise l'événement. La Ville a prêté la scène, mais le reste est en autonomie complète, par le quartier et pour le quartier, via l'association locale Diamond League.
Djamali est concentré comme ses collègues sur les derniers détails logistiques. Il prend deux minutes pour dérouler le teaser, même si j’étais déjà très enthousiaste avant ça. "Y aura des gens que tu connais, c’est sûr. Sûr, sûr ! Je te donne un indice. Ils étaient au Vélodrome hier." La veille, c’était le grand concert de la mégastar Alonzo. "L’avantage qu’on a ici, c’est que la Castellane, c’est un label. Les rappeurs sont contents de venir. Tout le monde veut rapper à la Castellane", analyse Djamali.
Le label inspire les plus petits, et plusieurs d’entre eux vont se produire ce soir. "Rappeur de la Castellane", ça suffit pour une bio, ça suffit pour un titre d’article, je découvre en faisant des recherches. Je tombe sur La Castellane 6, featuring de trois artistes d’ici (So la Zone, Graya et La Crapule), 1,5 million de vues sur YouTube. Le clip commence avec la voix off d’un journaliste genre Zone interdite : "La Castellane… Nos hommes veulent bien nous emmener dans n’importe quelle cité… Mais refusent de s’approcher de celle-là…" Puis, première phrase du morceau, La Crapule : "La Castellane, c’est pas un musée, fils de pute."
"Les gens ici, ils t'aident plus que dans le 93"
Sur les gradins du city, un premier groupe de filles prend place. Lana, quatorze . . .
Mais ils sont magnifiques ces articles d’Invendable ! (Eh ouais, minuit dans la 2e ville de France et y a pas de bus…)
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Le passage sur la voix off Zone interdite et la réponse du rappeur m’a fait recracher mon café, c’est tellement drôle !
Je fais dans la répétition sur cette série, mais… Je me suis régalé. On est avec tout le monde, on sourit plusieurs fois durant la lecture, les personnes rencontrées sont toutes hautes en couleur (comment ne pas penser à Yohanne Lamoulère en voyant Pepito et sa boule de poils ou encore les petites Emma et Meriem), et je m’en retrouve heureux de constater qu’à La Castellane comme partout ailleurs, faute d’un quelconque intérêt des bourgeois au pouvoir, on sait quand même vivre et faire la fête, on a pas besoin d’eux.
Merci pour ce super reportage, longue vie à l’invendable !
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