La biennale des arts du cirque bien seule dans l'après 2013

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le 21 Jan 2015
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La biennale des arts du cirque bien seule dans l'après 2013
La biennale des arts du cirque bien seule dans l'après 2013

La biennale des arts du cirque bien seule dans l'après 2013

S'il n'en reste qu'un, ça sera le clown. Deux ans après les fastes de l'année culturelle, ses prolongements pérennes – pourtant imposés par le cahier des charges de la capitale européenne de la culture se font toujours attendre. Le seul rejeton débute ces jours-ci sous la forme de la biennale des arts du cirque. L'évènement a conservé une dimension métropolitaine, voire même régionale, puisque les 260 représentations se dérouleront à Marseille, dans le reste des Bouches-du-Rhône (13), dans le Var (4), les Alpes-Maritimes (3), le Vaucluse (1) et les Alpes de Haute-Provence (1) du 22 janvier au 22 février.

"Avec cette biennale, Marseille prolonge l’esprit de 2013", explique Anne-Marie d’Estienne d’Orves, adjointe au maire déléguée à l’action culturelle en rappelant le succès de "Cirque en Capitale". La Biennale internationale des arts du cirque, créée par le pôle cirque Méditerranée, arrive deux ans après le lancement de Marseille-Provence 2013 (MP2013). Un délai logique pour une biennale mais qui répond aussi à des impératifs plus politiques. Il a fallu laisser passer les élections municipales, le débat toujours en cours sur la métropole et les restrictions budgétaires générales qui frappent les collectivités. Une longue attente qui a singulièrement freiné l’élan culturel qui était alors donné à la ville. Journaliste et directeur du Off en 2013 Stéphane Sarpaux estime que ce délai témoigne d'une "intégration politique inexistante" dans le domaine culturel qui oblige les acteurs à se plier aux exigences de l'agenda des élus.

Pas de this is not music en 2015

Il y a un peu moins d'un an, le lancement du think tank Perle par la chambre de commerce et d'industrie (CCI) rassemblait différents acteurs économiques, culturels et intellectuels pour réfléchir aux conditions nécessaires pour bâtir un projet culturel métropolitain. Des différentes pistes étudiées, cette biennale est la seule à se concrétiser. Déjà, en 2013, le cirque avait été une des premières initiatives à se mettre en place notamment parce qu'elle s'appuyait sur des évènements déjà bien installés dans le territoire. Du festival Les Elancées à Istres à celui de la Seyne-sur-Mer, Cirque en capitale dépassait même le périmètre de la future métropole.

Pour l'heure, d’après Anne-Marie d’Estienne d’Orves, il n’y aurait pas d'autre projet concret en 2015 : "Nous en parlons mais c’est pour le moment difficile d’annoncer quelque chose tant que tout n’est pas finalisé." Déjà pensé sous la forme d'une biennale des musiques actuelles, This is (not) music ne reviendra pas cette année, contrairement à ce qui avait été pressenti l'an passé. Directeur du cabaret aléatoire, Pierre-Alain Etchegaray était à l'initiative de la manifestation avec la Friche en 2013. Aujourd'hui, il explique que "la "marque" This is (not) music ne sera utilisée que pour des manifestations aux répercussions nationales ou internationales". Il faudra attendre encore un peu pour voir débarquer une deuxième édition. Pourtant en 2014, le Cabaret avait proposé une "City party" sur le toit de la Friche dans une logique de teaser de la biennale pressentie. Or, cette logique d'avant-goût risque de durer.  "Notre objectif est de présenter le projet à la ville dans le cadre de Marseille capitale du sport 2017", reprend le responsable de salle qui compte s'appuyer sur les sports urbains déjà présents dans This is (not) music.

Membre du Perle, Stéphane Sarpaux a lui un regard plus pessimiste sur la situation : "Les pouvoirs publics n’ont pas les moyens alors que les acteurs culturels attendent un signe politique." En effet, MP 2013 avait tenté de rebattre les cartes du financement de la culture en proposant de mixer les fonds publics avec le mécénat privé. Mais face à des budgets publics revus à la baisse, le monde économique refuse de jouer le jeu de la substitution. "Ce n'est pas au monde économique de bâtir une politique culturelle au niveau de la métropole, mais aux acteurs culturels et aux collectivités locales", estime pour sa part Laurent Carenzo, conseiller spécial du président de la CCI qui suit de près les activités du Perle. De son côté, l’adjointe à la culture prend appui sur la biennale et se veut rassurante : "C’est important de commencer avec un tel événement. C’est une manifestation qui n’est pas qu’à Marseille mais aussi dans d’autres villes comme Arles, Istres et d’autres plus petites. Nous allons continuer de travailler tous ensemble sur de nouveaux projets."

Les arts du cirque comme pilier culturel

La directrice artistique du pôle cirque Méditerranée, Raquel Rache de Andrade se souvient de la genèse du projet. "Au début nous sommes allés rencontrer les différents lieux, comme le Merlan ou la Criée. Puis petit à petit ce sont les partenaires qui se sont invités d'eux-mêmes pour participer à la biennale." En revanche, étendre le projet à toute la région a demandé un travail de fourmi auprès des collectivités : "Il faut en parler avec chaque ville pour obtenir au moins un petit financement."

Ces soucis financiers ont limité l'ambition du projet. "Il y avait à l’origine un projet de chapiteaux qui se déplaçaient de ville en ville", se souvient la directrice artistique. "Mais ce n’était pas réalisable en si peu de temps. Peut-être que cela reviendra pour 2017 !" Avec la Capitale européenne du sport, Raquel Rache de Andrade n’exclut pas de travailler sur un mariage entre le cirque et le sport. Un rapprochement qui selon elle n'est pas si acrobatique qu'il n'y paraît puisque dans le cirque "les performances sont parfois extrêmement physiques". Si les programmateurs possèdent eux aussi une certaine science de la contorsion, la biennale a de grandes chances d'être au rendez-vous en 2017.

Pour le moment, les habitants de la région pourront découvrir cette première Biennale internationale des Arts du Cirque près de chez eux. À Marseille, le funambule Didier Pasquette traversera le Vieux-Port pour donner le coup d’envoi lors de la cérémonie d’ouverture, ce samedi 24 à 19 h 30. Si le mistral le permet.

Retrouvez sur notre carte interactive les lieux et spectacles de la biennale.

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Commentaires

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  1. Céhère Céhère

    Ils prévoient un mistral à décorner les ferry-boat. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

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  2. JL41 JL41

    « Il a fallu laisser passer les élections municipales, le débat toujours en cours sur la métropole … » Les arts du cirque auraient pourtant été au diapason du tumulte et des contorsions politiques de cette période.
    S’agit-il du cirque qui vient de s’installer devant le Mucem, avec une tente noire plantée sur le revêtement tout neuf avec des pieux métalliques ? Le design d’ensemble du campement et des grilles qui l’entourent n’est pas du meilleur effet entre le Mucem et le parking Vinci.

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  3. Stéphane Sarpaux Stéphane Sarpaux

    ça me chagrine d’être obligé de rectifier une citation, mais là, c’est juste incompréhensible.
    “Stéphane Sarpaux estime que ce délai témoigne d’une “intégration politique inexistante” dans le domaine culturel qui oblige les acteurs à se plier aux exigences de l’agenda des élus.”

    Ce que j’ai dit, c’est : “Contrairement à Lille qui avait intégré une partie de l’équipe de Lille 2004 dans l’équipe municipale et par ailleurs maintenu une association avec Lille 3000, contribuant ainsi à créer une continuité avec l’élan de la capitale de la culture, il ne s’est rien passé de tel à Marseille. MP2013 a été liquidé et Chougnet n’est pas devenu adjoint à la culture ! La situation à Marseille est donc inverse à celle de Lille. Ce n’est pas le politique qui donne le signal du rebond, c’est le secteur culturel qui doit le construire en se mobilisant entre plusieurs acteurs, exactement comme pour la biennale des arts du cirque”. C’était peut être trop long, mais au moins, tout le monde peut comprendre. Allez, bon we

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  4. Delair Delair

    En même temps cette municipalité n’est pas connue pour son appétit culturel démesuré, sortie du folklore habitueL

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  5. leravidemilo leravidemilo

    “Rappelant le succès de cirque en capitale”, Anne Marie D’Estienne D’Orves intègre-t-elle dans le bilan l’annulation de l’ensemble des spectacles du cirque Romanès (la seule présence roms du programme, tiens donc!), un cas absolument unique en france et sur plusieurs décennies? Où cette annulation passe-t-elle par pertes et profits, et dans le même sac que celle de la grande exposition A Camus, et autres joyeusetées? Il s’est dit que certains regrettaient que ne soit pas intégrée dans l’équipe municipale la fabuleuse équipe de MP 2013, afin d’assurer une certaine “continuité”; Ils ont tout de même omis de s’interroger sur le caractère souhaitable d’une telle continuité, mais également de comparer réellement la chose avec son exemple Lillois qu’ils tiennent, à temps perdu semble-t-il, pour un modèle; omis également de méditer l’ancestrale maxime:” N’ajoute pas le mal au mal qui vient”! Quant à l’intégration de la future biennale dans la pseudo tsoin tsoin capitale du sport, et en oubliant ne serait ce qu’un instant les organismes à but non lucratif du quatar, nous serions ailleurs qu’à Marseille, il ne pourrait s’agir que d’un gag de très mauvais goût!

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