"Je ne crois pas que la fusion deviendra une source industrielle d'électricité au cours de ce siècle", l'un des architectes d'ITER.

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le 23 Fév 2011
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"Je ne crois pas que la fusion deviendra une source industrielle d'électricité au cours de ce siècle", l'un des architectes d'ITER.
"Je ne crois pas que la fusion deviendra une source industrielle d'électricité au cours de ce siècle", l'un des architectes d'ITER.

"Je ne crois pas que la fusion deviendra une source industrielle d'électricité au cours de ce siècle", l'un des architectes d'ITER.

C’est « le programme scientifique le plus cher, le plus complexe, le plus ambitieux et le plus long jamais conçu dans l’histoire », résume Science et Vie. Où ça ? A Cadarache, Bouches-du-Rhône, l’un des bastions de la France nucléaire. Dans un dossier consacré au réacteur expérimental ITER, qui veut poser les jalons de la production d’électricité à partir de la fusion nucléaire, pour faire simple l’énergie des étoiles, le magazine fait le tour des « nombreux obstacles théoriques et techniques, plus vertigineux les uns que les autres » qui se dressent sur la route de ce « mastodonte », qui ne « représente encore [que] l’une des premières marches d’un escalier monumental ».

1 litre d’eau = 2 barils de brut

On l’aura compris, les superlatifs sont de sortie, et au-delà de l’aménagement du territoire et des retombées économiques qui ont surtout préoccupé les élus locaux, « c’est la crise de l’énergie qui est le véritable enjeu », rappelle S&V. « Propre, sûre, pacifique et sans limite », la fusion « offre la plus belle des promesses scientifiques jamais faites à l’humanité », surtout si la consommation d’énergie mondiale quintuple d’ici 2100.

Avec des comparaisons comme 1 litre d’eau permettant de produire l’équivalent de 300 litres de pétrole (du moins pour ce qui rentre dans le réacteur, qu’il faut d’abord construire…), Prométhée a de beaux jours devant lui. « Qu’il est dommage de manifester si peu d’intérêt pour le long terme ! », s’exclame la revue dans son édito.

En ce qui concerne le long terme, nous sommes servis, au point d’être sujet de boutades dans les labos, s’amuse-t-elle. Mais, plus sérieusement, cette phrase de Paul-Henri Rebut, l’un des premiers architectes d’ITER, a de quoi refroidir ceux qui se voyaient déjà chauffés à l’énergie du soleil autrement que sur les plages : « il n’est pas certain que la fusion devienne un jour une source industrielle d’électricité. Et si c’est le cas, je ne crois pas que cela se fera au cours de ce siècle. »

Pas qu’un choix scientifique

Problème : il n’est pas sûr que la crise de l’énergie veuille attendre jusque là (n’est-ce pas l’augmentation des prix du gaz de 20?% en un an…). Sans parler du climat, à qui cela ne ferait ni chaud ni froid que l’on trouve dans des décennies une solution aux émissions de CO2, vu l’inertie du système. « On peut faire bien mieux avec cet argent, notamment dans l’efficacité énergétique », répond régulièrement Europe Ecologie-Les Verts, un peu seul sur ce terrain de la sobriété.

Tout comme Georges Charpak, autre contempteur d’ITER qui lui préférait la 4e génération du nucléaire « classique » pressentie pour 2040, Paul-Henri Rebut resterait lui aussi dans la famille avec un hydride fusion-fission nucléaire. Mais ce genre de filières, « condamnées au gigantisme » comme le résume S&V, sont-elles celles que souhaitent les élus, et plus largement les citoyens, à l’heure où certains cherchent à « produire et distribuer localement l’énergie », par exemple à Lambesc ?

Un lien Le financement d’ITER toujours en suspens, sur Marsactu

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