« Tu ne paies pas, tu sors » : au procès de Majid B., le plus gros multipropriétaire du Gyptis

Actualité
le 31 Jan 2025
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Le propriétaire de 29 taudis au sein de la copropriété dégradée du Gyptis comparaît depuis hier devant le tribunal correctionnel. À la barre, l'homme s'est embourbé dans ses explications.

Majid B. et son avocate devant la salle d'audience, à la Belle de Mai. (Photo : Myriam Léon)
Majid B. et son avocate devant la salle d'audience, à la Belle de Mai. (Photo : Myriam Léon)

Majid B. et son avocate devant la salle d'audience, à la Belle de Mai. (Photo : Myriam Léon)

À peine arrivé au tribunal de la caserne du Muy, Majid B., le propriétaire le plus important du Gyptis, plante l’ambiance en toute désinvolture. Souriant, il salue ses ex-locataires qui se sont constitués parties civiles et affirme : "J’espère qu’ils vont dire la vérité, moi, je n’ai fait que les aider." Il interpelle l’un d’eux : "Tu le sais très bien, tu n’avais pas de compte en banque et je t’ai dépanné."

Les quatre hommes face à lui semblent embarrassés par la situation. Ils sont là pour témoigner contre ce loueur qui ne procure ni bail, ni quittance, et profite de leur situation d’extrême précarité. Ils ont tous vécu dans ses taudis en payant leur loyer en liquide, jusqu’à l’évacuation de l’immeuble le 14 mars 2023. Désormais, les quatre Sénégalais habitent aux Rosiers, une autre copropriété dégradée. Ils n’échappent pas au logement indigne, mais voient quand même une amélioration : "Au moins, les réseaux restent hors de l’immeuble", soupire l'un d'eux.

Ce 30 janvier, le multipropriétaire doit répondre devant le tribunal correctionnel de trois infractions : "soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes", "perception de somme ou loyer pour l'occupation d'un local ayant fait l'objet d’un arrêté de mise en sécurité urgent" et "refus de procéder à l'hébergement ou au relogement de l'occupant, bien qu'étant en mesure de le faire". Ce dernier a été ajouté par la Ville, qui a pris . . .

Myriam Léon

Commentaires

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  1. habitant du 1er habitant du 1er

    La morale : méfiez vous toujours des impétrants du système ( assesseur + délégué syndical) qui prétendent et martèlent vouloir vous aider! Le pire? C’est que je pense que cette personne s’en ait lui même convaincu! C’est de bonne foi qu’il pense aider et ne pas se comporter comme un capitaliste égoïste parce que sa femme fait des ménages !
    On ne peut qu’espérer que la justice fasse bien son travail !

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    • Richard Mouren Richard Mouren

      Le terme impétrant ne semble pas convenir ici. Un délégué syndical est élu par les travailleurs et un assesseur pu pôle social est choisi par le tribunal dans des listes proposées par les syndicats. Il ne s’agit ni d’un titre ni d’une fonction mais peut s’apparenter au choix des jurés en cours d’assise.

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