Homophobie : laissez parler les petits papiers

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le 3 Oct 2014
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Comment savons-nous que nous sommes bisexuels ? Comment fait-on pour ne plus être homophobe ? Est-ce que les homosexuels ont le droit de vote ? Et dans les couples homosexuels, qui fait la vaisselle ? Des questions comme celles-ci, il y en a des tas. Amassées au fil des interventions de l'association SOS Homophobie dans les 526 collèges et lycées depuis quatre ans. Écrites sur des "petits papiers", présentés à partir du lundi 6 octobre au sein du bar associatif la Jetée, située au sein du cinéma les Variétés.

"C'était trop dommage de se résoudre à les jeter", raconte Romain Donda, chargé des relations presse de l'association et intervenant. Les militants ont donc entamé un long travail de tri de plusieurs milliers de petits papiers récoltés. Au final, il en reste 200, affichés sur de grands panneaux, directement collés sur les murs, ou encore encadrés et mis en scène avec du matériel scolaire comme des élastiques, une cartouche d'encre ou un compas. "On a essayé de garder le plus drôle, le plus émouvant ou même choquant parfois. C'est important de faire connaître la pensée des élèves et de montrer qu'il n'y a pas de pensée globale".

"Ils parlent d'eux"

Car, avant de devenir l'objet d'une exposition, ces petits papiers constituent avant tout un outil pédagogique pour les intervenants. "Ils permettent de libérer la parole, précise Christine Cachou, infirmière au lycée professionnel René-Caillé. "C'est une zone où les élèves peuvent s'exprimer. Ce n'est pas toujours simple. Ce sont généralement des remarques, des choses qui leur passent par la tête, parfois difficiles à entendre", écrites à la fin des interventions, sur des morceaux de papiers pour que les élèves puissent rester anonymes. "Ces interventions les marquent profondément. Ça les renvoie à ce qu'ils pensent, à des images. Peut-être que leur frère ou un ami est comme ça. Ça leur reste dans la tête". 

Certains papiers sont ensuite lus par les bénévoles de l'association qui tentent d'y répondre à chaud. "Ce sont surtout des messages d'encouragements, explique Romain Donda. Puis beaucoup d'interrogations sur les questions familiales. Il y a parfois des bêtises mais aussi des questions pertinentes", qui permettent quelques fois d'engager le débat sur ces sujets encore trop souvent tabous. "En fait, ils parlent d'eux. Mais ces questions ne sont jamais abordées dans certains établissements, reprend Romain Donda. Il y a parfois un gouffre de connaissances, ne serait-ce que sur les MST ou la contraception".

Par cette exposition, l'association veut avant tout faire connaître son travail. Elle espère ainsi pouvoir attirer de nouveaux militants pour poursuivre cette mission. Chaque année, l'association intervient dans près de 150 classes et les demandes des établissements scolaires ne font que progresser.

Exposition à découvrir au bar la Jetée, cinéma Les Variétés jusqu'au 19 octobre, entrée libre.

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Commentaires

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  1. Anonyme Anonyme

    Comment ils ont obtenus l’autorisation pour rentrer dans les établissements scolaires?
    Comment ça s’appelle ce genre de pratique…?

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  2. Anonyme Anonyme

    La présence de cette association dans les établissements scolaires est choquante. Les parents ont-ils été consultés? si ce n’est pas le cas ce type d’action est encore plus inadmissible. Je rappelle que le collège reçoit des enfants âgés de 11 à 14 ans donc encore très jeunes et je ne pense pas que ce soit à des bénévoles associatifs qui ne sont ni enseignants ni pédagogues ni membres du corps médical de faire passer de telles information avec une vision forcément partiale et orientée des choses. Comment l’Education Nationale a t-elle pu donner l’autorisation à cette association d’intervenir das les écoles? à moins qu’ils ne se soient passés d’autorisation…

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  3. Anonyme Anonyme

    Pour répondre aux deux commentaires précédents, oui SOS homophobie est agrée par l’Education Nationale, et également par l’académie. Ces interventions se font avec la présence d’un enseignent ou personnel de l’établissement (documentaliste, infirmier.e, etc). Le contenu de ces interventions a été validé par l’Education Nationales. et les intervenants sont formés par l’association.

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  4. cityzen cityzen

    Trés belle initiative cette expo !

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  5. Christophe Christophe

    Pour cette action, l’association est agréée par le Ministère de l’Education Nationale au titre des associations complémentaires de l’enseignement public et par le rectorat de l’académie d’Aix Marseille, suite à une demande d’agrément qui précise clairement les conditions de l’intervention.

    Les chefs d’établissement doivent inclure dans les cursus la lutte contre les discriminations, ça ne date pas de Hollande, et s’appuient pour cela sur des associations qui n’ont d’ailleurs pas obligation à être agréées.

    Par ailleurs, les interventions sont décidées au sein de chaque établissement par le comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté ( CESC ) qui inclut des représentants des parents (http://eduscol.education.fr/cid46871/le-cesc-sa-composition-ses-missions.html) et le Conseil d’Administration.

    Dans certains lycées en PACA, ce sont les représentantEs des parents d’élèves qui demandent l’intervention de SOS homophobie au conseil!

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  6. Girouette de Neuilly Girouette de Neuilly

    Rassurez moi , cette association n’intervient pas dans les écoles confessionnelles dite écoles privées … cela iraient contre leurs convictions religieuses … A lire certain commentaire Le « procès en sorcellerie » a commencer , vaut mieux leurs bourrer le crane d’ineptie religieuse … les Anonymes qui crient au scandale sont les mêmes qui font défiler des enfants lors de manifestations homophobe  » Manif pour tous  » mais là c’est normal !!!

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  7. julijo julijo

    Quelle ouverture d’esprit !
    Quel dommage que certains adultes ne puissent bénéficier des interventions de ces associations.En sont ils restés à « ça rend sourd » ????
    Tout ce qui peut aider nos enfants de 3 à 18 ans dans le milieu scolaire à devenir des citoyens « informés » et « libres » est bon à prendre.
    Heureusement que des chefs d’établissements, des enseignants et autres personnels référents ont de telles initiatives.
    J’ai eu la chance de croiser cette association SOS homophobie, j’ai rarement rencontré autant d’empathie, de sincérité, d’ouverture sur son prochain, de qualité d’écoute, de respect de l’autre. Bref, un très bon choix.

    Et puis si la « théorie du genre » (mâle ou femelle) n’existe pas, ce qui est certain….quelques « anonymes » intervenants donnent presque envie d’en inventer une…. »théorie des …. »

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  8. Anonyme Anonyme

    Je suis la seule à être stupéfiée par l’orthographe déplorable de ces adolescents? C’est un peu hors sujet mais tout de même il s’agit de collégiens pas de gamins du CP….

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  9. Epictète Epictète

    « Ce ne sont pas les choses qui nous troublent, c’est l’opinion que nous nous en faisons. »
    Je suis ravi(e).

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  10. Anonyme Anonyme

    Comment des parents peuvent être inquiet de ces interventions dans les collèges, alors que ces interventions peuvent permettre aux jeunes homosexuels de ne plus être victimes d’homophobie et de réduire le nombre de suicides chez les jeunes homosexuels qui sont peut-être vos enfants.

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  11. la jetee la jetee

    BONJOUR journaliste de MARSACTU , les murs du cinéma les variétés s’appel LA JETÉE bar associatif loué par l’association non subventionné LES JNOUN FACTORY depuis 2ans merci de venir nous voir
    https://www.facebook.com/LA.JETEE

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  12. Anonyme Anonyme

    Le cinéma Les Variétés accueillera ce 16 octobre, dans le cadre de Ze Festival, la première projection du documentaire « Le Baiser de Marseille », parti du geste de deux étudiantes face à une manifestation homophobe : http://lgbt.zefestival.fr/index.php/festival-2014/documentaires.

    Marsactu avait consacré un article à la préparation de ce film : http://www.marsactu.fr/culture-2013/baiser-de-marseille-champ-et-contrechamp-30636.html

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  13. Tioneb Tioneb

    Que les adultes consentants fassent ce qu’ils veulent, sauf extrémismes dangereux et foutons la paix à nos enfants dont la vie devient trop difficile. L’orthographe, ça sert à comprendre, comme les langues mortes, l’histoire, les maths…

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