La fédération des chasseurs des Bouches-du-Rhône à nouveau sans président

Actualité
le 15 Fév 2018
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Élu président en août dernier, Christophe Sassarone a claqué la porte de la fédération de chasse. Alors que la plupart du personnel est en arrêt maladie, la question du remplacement du directeur en partance aurait exacerbé les tensions. L'association s'enfonce un peu plus dans la crise, marquée par la présence persistante de deux anciens dirigeants condamnés.

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Crédit m01229 / Flickr

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Les deux précédents présidents de la fédération des chasseurs des Bouches-du-Rhône (FDC 13), Jo Condé et Jean-Marie Rimez, avaient été éjectés par la justice. D’abord vu comme leur homme-lige, leur successeur Alexis Allione a été révoqué par ses pairs du conseil d’administration en août 2017. Arrivé à la tête de cette puissante association, avec les mêmes soupçons sur son indépendance, Christophe Sassarone a quant à lui choisi de remettre sa démission, lundi soir, comme le rapporte La Provence.

“Quand je me suis retrouvé président, l’idée était d’essayer de redorer le blason de cette fédération qui compte 20 000 chasseurs et qui est un peu la honte de la chasse en France, explique Christophe Sassarone à Marsactu. On était dans une phase où il y avait des transitions à opérer, j’ai essayé de le faire, mais j’étais le seul à le penser en conseil d’administration.”

Seul, pas tout à fait, car Alexis Allione avait avant lui tenu le même discours. “J’ai réussi à tenir Jo Condé à l’écart des décisions, il a senti que j’avais resserré les choses autour de lui, il a agi avant que je ne sois trop installé. J’ai renoué le contact avec les sociétés de chasse, avec le ministère de tutelle, avec la préfecture“, assurait-il à La Provence. Comme d’autres administrateurs avant lui. Trois autres sièges sont vacants : le vice-président Patrick Mallia a également claqué la porte.

Depuis 2013, la fédération vit une énième crise déclenchée par l’affaire du héron cendré, qui aurait dû écarter Jo Condé et Jean-Marie Rimez de la fédération après les condamnations définitives prononcées en 2016 et 2017. Mais, alors qu’une bonne partie du personnel, minée par les tensions, est en arrêt maladie, les deux anciens dirigeants ont été successivement nommés présidents d’honneur puis recrutés en tant que remplaçants.

Le directeur aussi sur le départ

Un recrutement opéré “par le conseil d’administration”, précise Christophe Sassarone, qui ne s’est cependant pas opposé à celui de Jo Condé, malgré la condamnation encore non définitive qui pesait sur lui. “C’était osé, reconnaît-il. Mais c’est quelqu’un que beaucoup de chasseurs apprécient, qui connaît bien la chasse.” En revanche, le conflit aurait commencé à se nouer autour l’embauche de Jean-Marie Rimez. Et s’est envenimé ces derniers temps lorsque le directeur Matthieu Asselin, en poste depuis de longues années, a annoncé son départ pour une autre fédération.

“Le directeur, c’est le pilier, c’est un poste important. Je voulais un directeur recruté au sein de la fédération nationale de chasse,” avance Christophe Sassarone. Selon lui, le conseil d’administration n’aurait pas suivi. Certains lui prêtant même la volonté de faire monter Jean-Marie Rimez à ce poste.

L’Etat veut rencontrer les administrateurs

Joint par Marsactu, le trésorier Gérard Davo confirme le départ prochain de Matthieu Asselin mais refuse d’en dire plus, dans l’attente d’une réunion interne pour envisager la suite. Un nouveau président devrait être élu lors d’un conseil d’administration le 22 février. “Le dossier est suivi avec attention par les service de la DDTM [direction des territoires et de la mer] sous l’autorité du Préfet”, nous indique la préfecture par écrit. La fédération assure en effet pour le compte de l’Etat “deux missions de service public que sont l’indemnisation des dégâts de gibier et l’organisation préparatoire à l’examen du permis de chasser”. En 2015, estimant que la fédération était défaillante, le préfet avait tenté de mettre la fédération sous tutelle mais la procédure avait été annulée par la chambre régionale des comptes, qui a le dernier mot en la matière.

“Si la situation de démission [du président] et de départ des salariés est confirmée, la situation est effectivement préoccupante. La fédération départementale de chasse des Bouches du Rhône doit très vite justifier de sa capacité à retrouver une gouvernance capable de continuer à réaliser ses missions de service public”, avance aujourd’hui la préfecture. La DDTM va donc organiser, “si possible la semaine prochaine, une réunion avec l’ensemble des administrateurs”. Avant un rendez-vous déjà posé : le 7 avril, l’assemblée générale se réunira à Fos. L’hôte de l’événement : Christophe Sassarone, président de la société locale de chasse…

Article actualisé le 15 février avec la réponse de la préfecture et la date du prochain conseil d’administration.

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Commentaires

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  1. corsaire vert corsaire vert

    Pour justifier une ” puissante association de chasse”reste t- il encore des animaux protégés à tuer dans les bouches du Rhône ?

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