Face à la saturation scolaire, un nouveau lycée à l’étude au nord du pays d’Aix

Actualité
le 3 Sep 2019
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Les établissements d’Aix-en-Provence arrivent à saturation. Or, la périurbanisation du triangle Salon-Pertuis-Aix va galopant. L’académie et la région envisagent la création d’un nouveau lycée dans ce secteur dans les années qui viennent.

Les lycées d'Aix (ici le lycée Vauvenargues) sont arrivés à saturation. Photo Wikipedia/Odejea (CC BY-SA 4.0)

Les lycées d'Aix (ici le lycée Vauvenargues) sont arrivés à saturation. Photo Wikipedia/Odejea (CC BY-SA 4.0)

En ces jours de rentrée scolaire, Bernard Beignier, recteur de l’académie d’Aix-Marseille, fait ses comptes. S’appuyant notamment sur une étude de l’Insee publiée fin 2018 et intitulée « Projections du nombre de lycéens en Provence-Alpes-Côte d’Azur à l’horizon 2050 », l’académie sait qu’elle va faire face à un afflux d’élèves croissant dans les années à venir. « Entre les rentrées 2012 et 2016, le nombre de lycéens scolarisés a fortement augmenté, en moyenne de 1,6 % par an », note l’étude. Elle esquisse par ailleurs un « scénario tendanciel » selon lequel cette hausse du nombre d’élèves va se poursuivre avec un pic en 2031. De 164 000 inscrits dans l’enseignement secondaire en 2012, puis 169 000 en 2017, Provence-Alpes-Côte d’Azur passera alors à 176 000. Un accroissement notable, notamment dans le pays aixois.

« Il faudrait assez rapidement un lycée dans le secteur nord-ouest d’Aix-en-Provence. À Aix, les établissements sont tous pleins comme des œufs, privés comme publics », confirme Bernard Beignier. Les lycées généraux publics aixois – Vauvenargues, Cézanne et Zola – ont beau être de « gros » établissements (entre 2000 et 2500 élèves chacun), ils arrivent à saturation. Seul le lycée Zola peut envisager bénéficier d’une annexe en récupérant un local du rectorat à proximité. « Au sud d’Aix, le nombre de lycéens déborde sur les établissements de Luynes et Gardanne ; mais au nord, il n’y a rien, pose-t-on à l’académie. La carte des lycées laisse apparaître un grand vide entre Salon-de-Provence et Pertuis. Or, le triangle dessiné par ces deux villes et Aix connaît une périurbanisation qui monte en flèche ; et donc une hausse des besoins en scolarisation. »

« Surpopulation affolante » et « emplois du temps intenables »

Anne Birecki, du syndicat national des enseignements de second degré SNES-FSU au lycée Paul-Cézanne, décrit « une situation de saturation absolue : le lycée a été construit pour 1600 /1700 élèves, il en accueille entre 2200 et 2300. Les classes sont très lourdes, on arrive à les maintenir à « seulement » 35. Mais cela peut monter à 36 ou 37 élèves dans les lycées de Salon ou Cavaillon. Et, outre la surpopulation affolante, on fait face à des emplois du temps intenables ». Même écho chez Zélie Tessier, enseignante de lettres modernes à Victor-Hugo : « On ne sait plus où les mettre, les élèves. On explose ! »

Laurent Tramoni, le secrétaire académique du SNES-FSU, pointe lui le retard pris. « Le cinquième lycée aixois est un serpent de mer dont il est question depuis vingt ans ! Mais on a choisi de prioriser des créations d’établissements à Châteaurenard et Allauch. Là où la pression démographique n’était pas énorme, mais la pression politique, oui… ». Désormais, le secteur nord d’Aix constitue « le besoin le plus prégnant » identifié par le recteur. « L’idéal serait une décision prise par la nouvelle assemblée régionale au début de la mandature prochaine [fin 2021, ndlr] pour une ouverture dans les cinq ans », plaide Bernard Beignier. Sans quoi, il promet des classes (encore plus) surchargées ; ou des trajets très longs pour des enfants qui devront être scolarisés loin de leur domicile, à Pertuis ou Manosque.

« Un lycée, c’est 35 millions »

Renaud Muselier, le président (Les Républicains) de la région, se dit conscient de cette « poussée démographique ». Son calendrier semble toutefois plus élastique que celui du rectorat. Il se laisse cinq ans pour la prise de décision et dix pour voir l’édifice sortir de terre. « C’est quand même 35 millions, un lycée, lâche-t-il, l’air de dire que la décision n’est pas de celles qui se prennent à la légère. Nous avons engagé les études : concertation auprès des proviseurs du secteur, analyse de l’accessibilité routière et de la démographie. Ensuite, il faudra voir avec les maires concernés ceux qui disposent de terrains capables d’accueillir un établissement. Le foncier est aussi un problème. » Le secteur de Lambesc semble une bonne hypothèse aux yeux du recteur.

Les prochaines régionales sont prévues en 2021. Le SNES-FSU souhaite une ouverture « le plus tôt possible. » Mais l’inauguration d’un lycée venant soulager la pression démographique sur les établissements aixois ne devrait donc pas intervenir avant cinq à dix ans. Au mieux.

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