L’exploitation ordinaire des femmes de chambre à l’ombre de l’Euro de football

Actualité
le 29 Juin 2016
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Les femmes de chambre de l'hôtel B & B de la Joliette débrayent pour protester contre "la répression" envers deux d'entre elles. Il y a une semaine, elles ont mené une grève de dix jours pour dénoncer le paiement à la tâche : 1,50 euro par chambre nettoyée.

Photo: Benoît Gilles
Photo: Benoît Gilles

Photo: Benoît Gilles

C’est un mouvement social minuscule, à la croisée de deux actualités nationales écrasantes, l’Euro de football et la mobilisation contre la loi travail. À l’heure où les syndicats défilent pour la onzième fois à Marseille, une poignée de femmes de chambre de l’hôtel B & B de la Joliette ont décidé de débrayer. Elles entendent protester […]
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Commentaires

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  1. Electeur du 8e © Electeur du 8e ©

    C’est vraiment révoltant, cette exploitation des travailleurs au Qatar autour du foot ! Euh, on me souffle dans l’oreillette que c’est en France que ça se passe. En France où, paraît-il, le Code du travail est scandaleusement protecteur pour les salariés…

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  2. barbapapa barbapapa

    Ceux qui usent de telles pratiques envers des personnels en situation de faiblesse devraient être personnellement poursuivis au pénal

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  3. LaPlaine _ LaPlaine _

    Et toute la duplicité des donneurs d’ordre (la chaîne hôtelière) qui se défausse sur le prestataire après avoir négocié des conditions tarifaires intenables.

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  4. -la louvine 40 - -la louvine 40 -

    de l’esclavage moderne, ni plus ni moins. Un avant-goût de ce que l’on connaîtra après le passage de la Loi Travail. Merci Hollande et El Komery

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  5. LN LN

    C’est tellement rare que ce personnel se mette en grève… Généralement exploité(e)s car souvent pas ou peu qualifié(e)s, ne maîtrisant pas toujours la langue française, encore moins leurs droits, elles n’ont qu’une peur, c’est de perdre leur emploi et repoussent au maximum l’inacceptable. Là, elles touchent visiblement le fond.
    Il existe aussi des associations d’aide à domicile (où il n’y a que du ménage), qui leur fixent des objectifs liés à une prime au regard de la satisfaction du client. On se rapproche des conditions de travail de cet hôtel. Quant à la prime…
    A quand le bénévolat ?

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  6. JL41 JL41

    C’est le genre d’emplois de l’hôtellerie et de la restauration, dont on se plaint qu’ils ne sont pas pourvus (https://marsactu.fr/apres-tribune-lembarras-salon-jeunes-davenir-comptabiliser-embauches/#comment-79806). En réalité ils le sont, mais les salariés prennent la fuite à la première occasion. Ce sont des emplois pas faciles à fort turn-over. Ma fille avait un jour accepté un tel emploi durant la période noël – nouvel-an, parce que payé le double, dans un grand hôtel bien connu d’Arles. Elle m’a dit que les femmes de ménage couraient d’une chambre à l’autre, tellement le temps était contraint.

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  7. Pierre Pierre

    Prochaine étape : leur employeur va leur demander de se créer comme auto-entrepreneur, et leur facturera la prestation en fonction de la vitesse à laquelle elles font une chambre, comme pour les coursiers à vélo.
    Plus de protection sociale ou presque, pas de chômage quand on ne fera plus appelle à celles qui rouspètent, plus d’indemnités d’accident du travail pour celle qui seront “cassées” par les cadences intenables : c’est la macronisation, c’est pour maintenant !
    Ça va mieux …qu’il disait.

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    • leravidemilo leravidemilo

      Ben oui! Faut arrêter là avec le hollande bashing. Il dit pas que des co… Mais il manque souvent de précision, il pratique l’art de l’ellipse. L’a pas dit pour qui ça allait mieux…Pour son “ennemie”, la finance, pour B & B notamment, ça va mieux qu’avant, et un peu moins que bientôt, dans la franche économie collaborative (les “nouveaux” métiers, l’abolition du salariat et du code trop compliqué) l’étape suivante que vous évoquez. Collabo… z’auraient pu se fendre d’un autre nom (pour notre pays, au moins).

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  8. JL41 JL41

    Parmi les emplois difficiles à pourvoir, il y a encore celui d’ouvrier agricole, qui n’est pas recherché par les Français, bien que notre législation sur le temps de travail et le SMIC soient rigoureusement appliqués. Ce sont les ouvriers marocains qui supportent le mieux les hautes températures, l’humidité des serres et les pesticides. Ils servent de standard pour les cadences de cueillette. Là, point n’est besoin de courir d’un pied de tomate ou de courgettes hors sol à un autre. C’est un chariot qui se déplace à vitesse fixe pour la cueillette, qui doit être judicieuse et complète en un seul passage. Les contremaîtres sont marocains aussi et ils savent qui faire venir du pays pour faire ce travail. Le SMIC en France est 8 fois supérieur à son équivalent agricole au Maroc, où le maraîchage obéit aux mêmes modes opératoires. Le Maroc est content de l’embargo français sur les produits agricoles destinés à la Russie. C’est un marché définitivement perdu. Sauf pour nos armements et notre logistique qui ont fait de Hambourg une nouvelle plaque tournante pour ces expéditions.

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