De quoi accouchera l'ancienne maternité de la Belle de Mai ?

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le 9 Sep 2013
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Pour l'instant, il y a bien quelques palmiers mais ils ne sont guère suffisants pour s'y sentir dépaysé ni même d'avoir envie d'y flâner. Les herbes hautes et les arbres à l'abandon cachent la jolie façade de la vieille bâtisse de la maternité de la Belle de Mai qui a vu naître bien des Marseillais entre 1920 et 1996.

Pendant des années, le destin du lieu est resté en suspens. Les bâtiments servaient de logements tiroirs à des services municipaux (comme la direction de la sûreté), des entreprises et associations sans que cette installation ne se pérennise. En 2008, la ville propriétaire envisage d'y installer un pôle universitaire consacré aux arts plastiques notamment en rapatriant l'école des beaux-arts esseulée à Luminy. Mais les 1300 étudiants prévus n'y ont jamais mis les pieds.

L'histoire prend alors un tour très classique : la Ville souhaite vendre le terrain arboré à des promoteurs pour 300 logements, les riverains s'y opposent pour préserver un poumon vert et leurs recours ralentissent l'opération. "Dès que nous avons appris la vente du terrain, nous nous sommes opposés à toute forme de construction", explique Serge Pizzo, président du Comité d'intérêt de quartier. Lisette Narducci, maire de secteur, confirme son soutien : "Ma grande fierté est d'avoir convaincu un des deux opérateurs d'abandonner le projet d'une barre de 9 étages".

 

Des engins font déjà du terrassement sur la parcelle qui accueillera 133 logements, dont 66 logements sociaux, répartis entre quatre bâtiments. Le projet immobilier Horizon Massilia, porté par Pitch Promotion, devrait être livré fin 2014. Les plaquettes de promotion présentent des terrasses en escalier avec une vue grandiose. "La localisation est un atout, argumente Nicolas Gex, directeur de l'agence Pitch Promotion à Aix, c'est à proximité de la Friche et le lieu est à la fois calme et à proximité du centre-ville. Le seul bémol, admet-il, est la desserte en transport en commun". Mais ce n'est pas cette histoire assez classique à Marseille qui donne son sel à cette histoire.

Tourisme urbain

En effet, dans les anciennes locaux de la maternité au charme désuet de l'architecture hospitalière du début du siècle dernier, la Ville a réussi à attirer un gros poisson peu habitué à ces eaux-là. Les villages club du soleil envisagent d'y créer leur "premier village-vacances urbain". Financés avec l'aide de la caisse des dépôts, la réhabilitation des bâtiments ainsi que les aménagements nécessaires ont été chiffrés à environ 10 millions d'euros. A Villages Club du Soleil, on ne cache pas l'enthousiasme que suscite ce projet comme l'explique Catherine Gerard, directrice marketing :

Ce quartier, on le connaît depuis longtemps et nous pensons qu'il est plein d'atouts notamment du fait de la proximité avec la Friche Belle de Mai. On pourrait y accueillir des gens à la fois attirés par l'aspect urbain et culturel.

Ce projet viendrait à point nommé concrétiser la volonté du maire de Marseille d'asseoir l'attrait touristique de la ville sur son offre culturelle. Mais, pour l'heure, rien n'a vraiment été signé. "L'étude de faisabilité n'a pas encore commencé, précise Caroline Gerard, mais nous avons lancé de notre côté une étude de marché pour évaluer le potentiel commercial d'un tel projet". Pour elle, "seul l'aspect financier pourrait être un frein, notamment sur le coût de la rénovation et de l'aménagement". Le montant et le type de bail longue durée font encore l'objet de discussion. Les seuls chiffres avancés sont les 137 chambres possibles et l'échéance possible en 2016.

Certains semblent même avoir hâte qu'il se concrétise. La maire de secteur est enthousiaste. Le président du CIQ Serge Pizzo lui emboîte le pas : "Nous y sommes favorables à plusieurs titres : le site sera préservé et cela va créer une dynamique économique", reprenant le chiffre annoncé par les Villages Clubs du Soleil de 50 à 60 emplois créés.un potentiel en termes d'emplois de l'ordre de 50 à 60 temps plein.un potentiel en termes d'emplois de l'ordre de 50 à 60 temps plein.un potentiel en termes d'emplois de l'ordre de 50 à 60 temps plein. Mais pour lui, l'aspect symbolique l'emporte. Il s'agit "d'attirer des publics nouveaux qui vont découvrir que la Belle de Mai n'est pas le quartier que l'on croit", conclut-il.

Jusque-là, les aménagements urbains autour des anciens sites industriels (la friche, le pôle médias, les archives ou les réserves du Mucem) n'avaient pas encore réussi à infuser dans le reste du quartier. Les aménagements de la maternité comme ceux prévues sur l'ancienne caserne du Muy montrent bien l'attrait que constitue cette opportunité foncière à deux pas de la gare Saint-Charles. Une opportunité démultipliée par la transformation de la gare avec l'arrivée de la Ligne nouvelle Paca. En revanche, cet avenir radieux est largement modérée par l'enclavement du quartier. On imagine déjà les touristes, guide vert en main, contemplant le boulevard Plombières d'un air dubitatif.

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Commentaires

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  1. Habitant du quartier Habitant du quartier

    En effet, je trouve que cette dynamique apportera au quartier son image d’antan. Un quartier, certes populaire, mais rempli de diversité. Il faut changer l’image de ce quartier et pour cela ramener du monde. Et, en effet, le boulevard plombières n’est pas touristique, mais au lieu d’aller a droite en bas de la rue François Simon, ils irons a gauche, pour visiter la friche, le palais Longchamp, le centre ville (canebière et vieux port)

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  2. Céhère Céhère

    Bétonnage à tous les étages.
    Les immeubles vont faire 9 étages malgré ce que dit Narducci… il suffit de compter sur les photos.
    Quant aux 133 logements… “Je vais en faire 300 !” Protestations, recours. “Bon allez, j’en fais 133, mais c’est bien parce que c’est vous”. Et hop, ni vu ni connu je t’embrouille, avec les félicitations su jury en prime. Trop forts ces promoteurs.

    Et votre titre et le début de l’article sont un peu trompeurs. Si le projet immobili€r est en cours, on comprend qu’en fait rien n’est fait pour le village vacances, où ils en sont à peine à l’étude de marché.

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  3. Patoulachi Patoulachi

    oui il est temps que le béton laisse place à la verdure dans notre hypercentre hyperdense !!!! Et honnetement meme le toit tout neuf de la Friche, il est urgent de le végétaliser pour en faire le premier jardin du quartier !!! quant au village vacances, l’idée me semble totalement nulle dans ce site, il faut ENFIN un espace vert et un équipement ambitieux ouvert à tous pour dynamiser le secteur.

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  4. Anonyme Anonyme

    CONTRE LE BETONNAGE ET POUR LES ESPACES VERTS
    MON VOTE EN 2014 SERA DETERMINE PAR CES DEUX IMPERATIFS QUI FONT TRONC COMMUN

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  5. Anonyme Anonyme

    il reste un petit bout de jardin public en haut à gauche sur la photo de l’article google maps… je ne comprends pas que la mairie n’ait pas décidé de le remplacer par un immeuble, elle qui déteste tant le vert

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  6. Anonyme Anonyme

    Connaissant très très bien le 3ème arrondissement (j’y travaille tous les jours puisque c’est mon secteur d’intervention), je suis très étonnée de l’aménagement d’un village vacances en ces lieux … pas de transports en commun dignes de ce nom … très loin de tout (plages – monuments …) trop près des infrastructures de la SNCF Réseau ferré de France mais trop loin de la gare à pied … dans un quartier plus que paupérisé (mais cela peut dynamiser …) avec un habitat assez dégradé par endroit … bref … qui voudra venir ?

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  7. BRIGADES 3° BRIGADES 3°

    LA mairie d”arrendissement et le conseil munucipal ont voté sans cocertation la privatisation de ce patrimoine de coeur des habitants
    cette PRIVATISATION SANS CONCERTATION EST HORS LA LOI ET ANTIDEMOCRATIQUE

    IL EST FAUX QUE LE CIQ DANS UNE QUELCONQUE REUNION EST PORTE CETTE INFORMATION
    LA BELLE DE MAI MANQUE D’ESPACE VERT DE LOCAUX SCOLAIRE DE BIBLIOTHEQUE D’EMPLOIS
    LES JEUNES DU QUARTIER POURRAIENT ETRE FORMES ET EMPLOYES POUR ANIMER DES LIEUX PERISCOLAIRES LES ARTISTES POURRAIENT ETRE SOUTENUS POUR DES CREATIONS PARTAGEES STOP AUX DECISIONS A BAS BRUIT QUI PRIVENT LES HABITANTS DE LA MAITRISE D’USAGE DE L’ESPACE PUBLIC OUI A UNE VERITABLE DEMOCRATIE LOCALE

    `

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  8. Serge Serge

    Notre quartier à besoin d’une atractivité économique intégrée ! L’horreur urbanistique qui s’annonce c’est moins l’installation d’une activité économique sur l’ancienne Maternité (comme l’a été en son temps l’aménagement du pôle Friche) que la construction de 270 logements sur le site de l’ancienne caserne de gendarmerie (caserne Cardot) sur le bd de Plombières. Qui va venir habiter là ?

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