De la petite asso au gros business, les dessous du Delta festival
Lancé comme un projet étudiant, avec le soutien constant des collectivités locales, l'événement estival marseillais affiche désormais plus de 150 000 festivaliers et un budget d'une dizaine de millions d'euros. En coulisses, cette grosse machine a amorcé une mutation profonde, que Marsactu a décortiquée.
Le jeudi 28 août après-midi, le Delta Festival entame sa deuxième journée sous un ciel gris à Marseille. Qu’importe si seule une poignée de festivaliers s’aventurent dans l’eau, au bout des plages du Prado, qui accueillent les cinq scènes et de multiples animations. Dans quelques heures, au beau milieu du concert du rappeur parisien SDM, l’une des têtes d’affiche du festival, les nuages laisseront place à un majestueux coucher de soleil. Et au terme du week-end, à une édition plus que réussie.
Le mix est connu : musique, fun à la sauce bureau des étudiants (BDE) et un lieu mythique, les plages du Prado. Le Delta festival a attiré une dizaine de milliers de participants à la première édition, en 2014, puis rapidement des dizaines de milliers les années suivantes, avant d’exploser à plus de 150 000 personnes à la sortie de la crise sanitaire.
Mais avant d’accueillir SDM sur la "live stage", il est l’heure pour une autre scène de se remplir : celle du forum du Monde des Possibles, qui mêle associations, start-ups, politiques et questions de société. "Le Monde des Possibles et le Delta Festival sont indissociables, proclame l’événement sur son site web dans la rubrique dédiée. L’un offre un espace d’échange et de réflexion, l’autre apporte une énergie festive qui attire des milliers de jeunes prêts à s’engager."
De Glucksmann à Kavinsky
Pouvoir caser un échange avec le député européen Raphaël Glucksmann (Place publique) ou le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot (Modem) en prélude à une performance du musicien électronique Kavinsky, proposer un coaching sur l’entrepreneuriat avant un tour de manège ébouriffant : la formule séduit les institutions, en recherche de ponts avec la jeunesse. Ville de Marseille, métropole Aix-Marseille Provence, département des Bouches-du-Rhône, région Provence-Alpes-Côte d’Azur, État et même Europe : rares sont les festivals à aligner année après année les logos et les fonds d’autant de financeurs.
Grande cabane en bois, bancs déployés sur un sol tapissé de paille, ce "village" s’étend au milieu de l’immense zone accordée par la municipalité pour le Delta. Sur la scène prennent place les invités de ce premier débat, centré autour de la jeunesse, et qui met à l’honneur toutes les collectivités subventionnant l’évènement : la maire adjointe Samia Ghali (divers gauche) pour la Ville, épaulée par Juliette Masson (Printemps marseillais) pour la mairie des 6e et 8e arrondissements, le conseiller régional Christophe Madrolle (Union des centristes et des écologistes), mais aussi la conseillère départementale Alison Devaux (Modem), la préfète déléguée à l’égalité des chances Isabelle Epaillard... et même, tête d’affiche de ce volet, le délégué interministériel à la Jeunesse Thibaut de Saint Pol.
Après avoir chaleureusement remercié les bénévoles du festival, David Galtier (divers droite), vice-président à la métropole, se lance dans une tirade enthousiaste : "Je le dis aux organisateurs du Delta, bravo pour cette audace ! Avec le forum du Monde des Possibles, vous êtes le premier festival à allier la réflexion et la fête ! Cela m’a inspiré un slogan que je vous soumets : « On pense le jour, on danse la nuit ! »"
"Je crois qu’on a fait cette démonstration qu’on pouvait parler d’engagement et . . .
Boum Boum Rendez Boum Boum Le Boum Boum Pognon Boum Boum
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Scandales en cours au Delta, Hors la loi tabac désinvolte, le monde des possibles privatise la plus grande plage publique de Marseille, les familles et les minots n’ont qu’à pleurer pendant que les dandys font la fête
https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=pfbid026pywqPQXPtZeqqMQkYTRSD2VfCdG6Cbh1ydePXAtes6syQhz97869kGWEXmNFx9Wl&id=100064850194213
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« vous êtes le premier festival à allier la réflexion et la fête ! » …. la droite marseillaise ne connaît pas la fête de l’humanité… qui est d’un tout autre niveau .
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La séparation entre ce qui ne gagne pas ou pas assez d’argent, financé tout ou en partie par des fonds publics et ce qui gagne de l’argent entièrement privatisé, c’est me semble-t-il une grosse ficelle du néo-liberalisme, non ?
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Le paradoxe du Delta, c’est qu’il est devenu un incontournable festival pour la jeunesse en France, tout en utilisant l’espace public en coeur de ville…
Le montage financier d’un tel événement qui relève du Showbusiness ne peut se faire sans argent privé. Qui si je comprends bien est desormais majoritaire. Son succès est une epine dans le pied des collectivités…
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@Marsactu, le journal qui décortique (et ça pique !).
J’adore comment vous les poussez tous dans leurs retranchements – et toujours dans l’intérêt général (je précise au cas où :p ) Merci @Julien.
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