[Comment ça va le marché aux poissons ?] “On met moins d’hameçons pour pas jeter”

Interview
le 9 Nov 2020
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Durant le premier confinement, Marsactu avait suivi les "premiers de corvée" qui continuaient à travailler. Pour cette saison 2, nous nous intéressons chaque jour à celles et ceux que la crise économique frappe avant la crise sanitaire. Aujourd'hui, Daniel Reggio qui vend sur le Vieux-port le poisson que pêche son fils.

Sur le stand de Daniel Reggio, d’énormes dorades royales côtoient des chapons rouge vif. Ce retraité de la poste vend au marché du Vieux-port le poisson que son fils Cédric pêche chaque jour à la palangre au large de la Côte bleue ou des Calanques. Le fils trentenaire et son bateau sont repartis en mer pendant que le père gère l’étal. Le Louis-Vincent a pour port d’attache les Goudes. Daniel Reggio déplore la baisse de 50 % des ventes et donc des prises.

Comment ça va ?

On fait avec. On n’est pas malade, alors on touche du bois. On travaille encore, merci bon dieu.

Est-ce que vous continuez à pêcher comme d’habitude ?

C’est un beau métier mais c’est un métier difficile. Mon fils continue de sortir en mer, pareil que d’habitude. Il part à quatre heures du matin, il me ramène le poisson en début de matinée et il repart pêcher jusqu’à 17 heures. Moi je suis à la retraite, je lui fais son intendance. Mais au lieu de 1000 hameçons, il n’en met que 500. Donc en fait, il pêche moitié moins. Il met moins d’hameçons pour ne pas jeter du poisson, nous les pêcheurs on est pas des viandards. D’habitude on vend aux restaurants, à La Table du Sud à côté, à deux restaurants des Goudes et plus rarement à Passédat. Ça doit être dur aussi pour eux.

Et ici au marché vous vendez comment ?

On va dire que c’est linéaire. On n’a pas de coup de bourre avec beaucoup de gens en même temps comme cela arrivait. Il y a des gens qui cherchent toujours à négocier les prix et malheureusement parfois qui cherchent à gratter. Oh, mais nous on ne peut pas discuter les prix, faut bien qu’on mange ! Ce n’est pas parce que c’est le confinement que les appâts et le gasoil sont moins chers. Espérons que ça se finisse vite. Qu’un vaccin soit trouvé. Que le bon dieu nous sauve, nous fasse travailler et sorte les gens du malheur. On a des clients habitués, beaucoup de mamies, qui sont inquiètes et tristes et ça, ça fait de la peine.

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Commentaires

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  1. jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

    Les petites gens qui travaillent dans l’adversité, la crise et qui nous nourrissent-un peu-tant que le poisson n’est pas trop cher sont à remarquer. Plutôt que les ”traders” et autres métiers inutiles qui nous ”bourrent le mou”.
    Merci de nous permettre d’avoir des nouvelles de ces gens de peu…!

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