Bruno Gilles accuse Martine Vassal de faire campagne sur fonds publics

Actualité
le 14 Jan 2020
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Candidat dissident de la droite marseillaise aux prochaines municipales, Bruno Gilles attaque sa concurrente Martine Vassal sur son utilisation des fonds publics. Il pointe notamment la cérémonie des vœux des 6e et 8e arrondissements où Jean-Claude Gaudin s'est livré à un plaidoyer en faveur de sa candidate favorite.

Bruno Gilles en 2020. (Photo : BG)
Bruno Gilles en 2020. (Photo : BG)

Bruno Gilles en 2020. (Photo : BG)

Le dérapage était contrôlé. Vendredi 10 janvier, Jean-Claude Gaudin a rompu avec le protocole lors des vœux du maire des 6e et 8e arrondissements Yves Moraine. Dans un discours écrit au préalable et distribué à la presse, il s’est lancé sur les municipales à venir : “La formation à laquelle j’appartiens a choisi largement Martine Vassal. J’espère, chers amis, qu’ici-même, dans ce secteur et sur l’ensemble de la ville, un choix identique se fera sur son nom”.

“Elle ne peut pas s’exprimer ce soir. Moi je le peux”, a assuré en présence de la candidate Les Républicains à la mairie de Marseille l’actuel locataire du fauteuil qui ne se présentera pas. Après avoir renoncé à y aller, l’autre candidat de droite, le sénateur Bruno Gilles ne décolère pas : “c’est du détournement de fonds publics !”. Il ajoute : “Depuis que je suis maire [de secteur, ndlr], j’ai participé à  une vingtaine de cérémonie de vœux en année électorale. Jamais, jamais, que ce soit le maire ou Renaud Muselier, jamais je n’ai souvenir de quelqu’un qui appelle aussi ouvertement à voter comme ça aussi fort. Je trouve ça dur du point de vue du respect de la démocratie et de l’argent des Marseillais qui paient ces vœux”, assure-t-il.

Des règles strictes

La question n’est en effet pas mince. La loi électorale précise que “les personnes morales, à l’exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d’un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soi”. Tout élu qui en a l’habitude peut bien tenir une cérémonie de vœux mais il faut alors que “les propos tenus à l’occasion de ces évènements ne s’apparentent pas à des déclarations électorales, ne [fassent] aucune référence aux projets à venir, tout en étant exempts de toute dimension politique”, précise l’association des maires de France dans une note à l’attention des élus.

De manière générale, celui qui chasse sur les mêmes terres électorales que Martine Vassal pointe un mélange des genres : “Est-ce que vous avez des exemples forts d’une vraie campagne de Martine Vassal ? Elle est régulièrement en campagne sur les collectivités, je la vois aller partout. Le 24 décembre, elle a passé la journée dans les hôpitaux, elle y va en tant que présidente du département. Or, il y a le devoir de réserve pour elle comme pour l’administration et là, c’est un peu limite.”

Vassal “ne contrôle pas la parole du maire”

La critique n’atteint par Martine Vassal qui, à l’occasion de la présentation de sa tête de liste dans les 15e et 16e arrondissements, est laconiquement revenue sur les attaques de son concurrent. “Je ne contrôle pas la parole du maire. Et vous remarquerez que je n’ai pas pris la parole moi-même”, a-t-elle rétorqué sans s’appesantir sur le sujet. Relancée sur l’utilisation de ses présidences à des fins électorales, elle choisit l’esquive : “Cela ne m’intéresse pas. Ce que j’aimerais savoir c’est quelle est leur vision pour Marseille car c’est ce qui m’importe”. Cette ligne tiendra-t-elle durant la campagne ? De son aveu même, Bruno Gilles est “un peu seul sur ce créneau alors que les autres candidats devraient s’y intéresser”.

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Commentaires

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  1. Alceste. Alceste.

    L’Hopital qui se fiche de la Charité.
    Vassal tape dans les budgets publics depuis toujours et particulièrement à partir du Département. Mais ce pauvre Gilles que fait ‘il depuis des années dans le 4/5, en campagne permanente auprès des papys et mamies mou bien des joueurs de boulles.
    Allez, allez du balai.

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  2. mrmiolito mrmiolito

    Gobelet plastique (interdits depuis le 01.01.2020 sauf erreur) et bouteille plastique, une certaine idée de la modernité. Et non, désolé, mais ce n’est pas anecdotique vu le nombre de réunions publiques que doit tenir ce monsieur !

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  3. jemamo13 jemamo13

    Elle doit s’inspirer de Bernardini à Istres qui présentent ses vœux municipaux sous sa bannière électorale

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  4. Electeur du 8e © Electeur du 8e ©

    Bruno Gilles découvre l’eau chaude. Mme Vassal fait campagne sur fonds publics depuis 2016. De nombreux boulangers, pizzaiolos et restaurateurs peuvent en témoigner. Pour elle, la fin justifie les moyens.

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  5. vékiya vékiya

    c’est dur la politique en paca, pauvre bruno.

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  6. ALAIN B ALAIN B

    C’est un afffichage démentiel, une brochure racontant l’enfance de Martine distribuée dans les boites aux lettres, pourquoi pas ensuite Martine à la plage, mais certainement pas Martine et le logement
    C’est ce genre de vote qui permet de douter que les élections c’est la “démocratie”, alors que l’argent qui permet cette publicité influence les électeurs et ces quelques pourcents de plus permettent l’élection sans compter le clientélisme
    Surtout pas un mot sur son programme qui peut dire en plus n’importe quoi, vu qu’il ne sera pas respecté, de peur qu’on lui rappelle son bilan en tant qu’élue à la Mairie
    Sachant que VASSAL est la candidate choisie par GAUDIN, si les informations de son mandat en tant qu’élue de la Mairie passaient dans les médias elle ne devrait pas dépasser 10 % c’est d’ailleurs fort probable que c’est pour cette raison qu’elle a financé le journal La Provence

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  7. barbapapa barbapapa

    Depuis qu’elle est au département, elle ne fait que ça : le culte de la personnalité financé à 100% sur fonds publics. C’est interdit par la loi, c’est immoral, mais l’engeance de pas mal de politiques (B Gilles dans le sac) n’a ni foi ni loi

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  8. Pitxitxi Pitxitxi

    Rigolo que Bruno Gilles s’en plaigne aujourd’hui, maintenant qu’il est en campagne. N’importe quel habitant du département sait qu’elle est en campagne depuis son élection. Et, avec son arrivée à la tête de la métropole, c’est l’effet “double-lame”.

    On va rappeler les faits, au cas où :
    – grandes campagnes de communication à coup de sachet pour baguettes de pain, de cartons pizzas ou que sais-je encore
    – affichage et tractage massifs sur chaque micro-événement financé par le département, où son nom est écrire dans une typo bien plus grosse que celle de l’institution qu’elle est censée incarner
    – culte de la personnalité aussi grossier que ridicule dans le bulletin départemental et dans chaque communication du département ou de la métropole (façon “petite mère des peuples provençaux” sur le plus pur modèle stalinien, où on la voit faire du vélo avec les sportifs du coin, serrer une fille dans ses bras au milieu d’un champ, etc.)
    – le tout, soutenu par une armée de faux comptes peu discrets et facilement repérables sur les réseaux sociaux, qui la congratulent sans cesse, qui bondissent à la moindre critique, etc.

    Pour moi, il ne fait aucun doute que tout ceci a été grassement payé par l’argent du département et de la métropole.

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    • vékiya vékiya

      vous oubliez les calendriers dans les boîtes à lettres, dans le 8ème au moins une fois par semaine.

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    • gabeloupasfou gabeloupasfou

      Et les affiches actuelles où elle paraît en pull col roulé blanc, sur fond blanc avec filtre éthéré qui la font passer comme une envoyée du ciel!

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  9. Electeur du 8e © Electeur du 8e ©

    Les faux comptes sur Twitter sont en effet visibles comme un éléphant dans un couloir tant ils font dans la subtilité. Ils comptent entre 0 et 10 abonnés et ne s’intéressent qu’à la vie et à l’oeuvre de la reine de “Provence”.

    A l’époque où je n’étais pas encore bloqué par celle-ci, comme tant d’autres, je les voyais arriver en rang dès que je risquais la moindre ironie dirigée contre leur cheftaine (et employeuse).

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  10. jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

    Ça y est y commence le grand barnum des élections municipales,
    les coup bas,
    l’argent qui coule à flots,
    les fausses nouvelles,
    les pseudo-promesses,
    les arguments en carton,
    la débauche de tracts-en couleur de préférence,
    les imprimeurs qui se frottent les mains et pourquoi pas !
    Les ralliements à la première minute, à la dernière,
    les déclarations tonitruantes,
    les journalistes qui n’en peuvent mais, mais les rédac-chef qui savent où le vent va tourner,
    les électeurs qui vont se prononcer dans l’isoloir.
    Bon. Cette démocratie ”représentative” me semble bien malade…

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  11. Lecteur Electeur Lecteur Electeur

    Ces élections municipales sont une mascarade. La majorité des électeurs inscrits en est bien consciente de cette mascarade et réagit par l’abstention car aucune liste n’est capable de représenter réellement et efficacement l’intérêt général de la majorité des habitants sauf à faire de la figuration. Ces électeurs inscrits qui ne vont pas voter font la grève du vote dans un système qui n’a de démocratique que le nom.

    Dans son livre Le Bon Gouvernement Pierre Rosanvallon écrivait en 2015 « Nos régimes sont dits démocratiques parce qu’ils sont consacrés par les urnes. Mais nous ne sommes pas gouvernés démocratiquement, car l’action des gouvernements n’obéit pas à des règles de transparence, d’exercice de la responsabilité, de réactivité ou d’écoute des citoyens clairement établies. D’où la spécificité du désarroi et de la colère de nos contemporains. ».

    Le système électif s’il est une condition indispensable de la démocratie n’est en effet pas une condition suffisante ! Le contrôle des élus par les électeurs tout au long du mandat est en effet indispensable et devrait avoir des effets immédiats en cas de manquement grâce à un référendum révocatoire.

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  12. didier L didier L

    Le vote n’est que le 1er acte de la démocratie – quand elle existe – l’exercice et les outils de contrôles du pouvoir doivent/devraient figurer dans le deuxième acte, puis dans le troisième etc… La Vem république n’a pas vraiment prévu ça. Tiens plus personne ne parle de VIem république plus démocratique.
    Je ne sais plus qui a dit qu’hélas les ” qualités” pour accéder au pouvoir ( capacités de séduction, de double langage, éloquence, voire démagogie, soutien des puissants etc etc …) ne sont pas les mêmes que celle qu’il faudrait avoir pour exercer ce même pouvoir au profit réel de l’intérêt général. Et cette fois encore ce n’est pas gagné !

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  13. Marble madness Marble madness

    De toutes façons, ils vont s’allier entre les deux tours !

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