La périphérie de Marseille croît, son centre se dépeuple

Centrifuge
Bref
le 22 Avr 2016
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La carte de l'Insee (à retrouver légendée dans l'étude).

La carte de l'Insee (à retrouver légendée dans l'étude).

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a passé au crible les 111 quartiers de Marseille, de 1982 à 2012. L’enquête révèle qu’en 30 ans, la commune a perdu 0,1% de sa population moyenne chaque année, ce qui correspond à une perte globale de 20 000 personnes. Dans certains quartiers, la chute de la démographie apparaît évidente : ainsi le quartier de Riaux (16e), limitrophe de la commune du Rove a perdu la moitié de sa population en trente ans. L’Estaque a perdu 1180 habitants. Le centre-ville a lui aussi souffert du déclin démographique. Belsunce, par exemple, a connu une baisse de -1,4 % par an, passant de 13 800 habitants en 1982 à 9100 en 2012.

Quelques quartiers ont a contrario enregistré un développement démographique. C’est le cas de ceux situés en périphérie, dans le Nord et l’Est, notamment dans les 9e, 11e, 12e et 13e arrondissements. « Tous ont connu une nette croissance de leur parc de logements en résidences principales », précise l’étude. Certains quartiers ayant bénéficié d’une croissance comprise en moyenne entre 2 et 4% par an. C’est le cas de Château-Gombert, Les Mourets, La Valentine, Les Accates, La Treille et Les Camoins.

Commentaires

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  1. Electeur du 8e Electeur du 8e

    En trente ans, un recul de la population de 0,1 % par an en moyenne ? Bon sang, moi qui croyais sur parole la propagande gaudinesque selon laquelle la politique municipale menée depuis vingt et un ans avait formidablement accru l’attractivité et la population de Marseille ! Le gouvernement socialo-communiste publierait-il ces chiffres juste pour embêter notre bon Jean-Clôde ?

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    • Gilda Gilda

      autant dire tout de suite que l’Insee truque les chiffres ????

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  2. jml13 jml13

    Cher Electeur du 8e
    Si vous n’étiez pas éternellement aveuglé par vos a priori, et si vous aviez pris la peine de chercher un peu, vous auriez pu trouver facilement 5 chiffres de population qui infirment totalement votre jugement :
    – 1982 : 874.000 h
    – 1990 : 800.000 h
    – 1999 : 798.000 h
    – 2009 : 852.000 h
    – 2012 : 855.000 h
    Comme vous pouvez le constater, la totalité de la baisse est imputable à la période Defferre. Depuis 1990, la population est remontée de plus de 50.000 h.

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Dont acte, merci de m’avoir prêté vos lunettes.

      Ceci étant, quand la plupart des quartiers du centre-ville perdent de nombreux habitants y compris sous l’ère Gaudin, que doit-on en conclure ? Qu’ils sont de moins en moins attractifs, ou que Marseille reproduit les erreurs de la région parisienne où les habitants et les emplois sont spatialement séparés, ce qui génère des problèmes inextricables de déplacement ? Eclairez-moi, je sens que mes a priori me conduisent à de graves approximations.

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    • JL41 JL41

      Si la population marseillaise à stagné, l’emploi des entreprises (source Acoss) s’est au contraire développé : 2 537 emplois supplémentaires ces 5 dernières années.
      On ne sait pas si ces emplois ont profité à des Marseillais ou s’ils ont été pris par des actifs venus d’ailleurs dont la formation était en rapport.
      Pour faire baisser le chômage à Marseille, il ne suffit pas de créer des emplois, mais il faut aussi consentir un effort éducatif particulier auprès des enfants démunis et rattraper les décrocheurs avec des moyens de formation adaptés et des formateurs aux qualités pédagogiques reconnues.

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    • leravidemilo leravidemilo

      Electeurdu 8e, vous devriez effectivement mieux maitriser vos « à priori « qui, sans vous aveugler tout à fait, tendent à fausser votre vision. Il vous faut en effet ne pas omettre, dans vos calculs, un certain nombre de facteurs qui modulent les résultats Marseillais, par ailleurs forts probants :
      — Les chiffres 2012 de l’insee, ne prennent pas en compte les croisiéristes, ce qui n’est guère objectif.
      — Ces chiffres 2012 font l’économie du formidable appel d’air entrainé par l’incroyable réussite de la Kapitale culturelle 2013, et des bénéfiques retombées qui ne manqueront pas de jouer sur les chiffres 2014, 2015… qu’il suffit donc d’attendre.
      — La population Marseillaise a augmentée de 55 000 habitants de 1990 à 2012, soit une progression de 6.87% en 32 ans, alors que, dans la même période , la population de la France métropolitaine, si en croyons l’insee, n’a évolué que de 56 709 000 à 65 241 000 habitants, soit 8 532 000 habitants de plus et une progression de plus de 15%.; Comme, durant cette période, cela est bien connu, nous avons mis à profit cette évolution pour repeupler assidument nos campagnes et ruralités, autant dire que les autres métropoles et grandes villes peuvent bien s’accrocher, en terme d’attractivité, ah mais !!! Donc, on se calme, on se maitrise.

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      😃

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    • jml13 jml13

      Electeur du 8e,
      J’ai juste réagi à une erreur factuelle tellement grossière de votre part que vous ne pouvez même pas la nier. Par ailleurs, je me doutais bien que mon « accroche » entraînerait une réponse comme quoi, certes, vous aviez tort, mais en fait non. Manque de chance, vous parlez des quartiers centraux qui perdent des habitants, et que Marseille reproduirait les erreurs de la région parisienne en séparant emplois et habitants. Encore pas de chance, le plus gros gisement d’emplois de la commune, et même de la métropole, et même du département et de la région, c’est le centre ville de Marseille (chiffres INSEE). Patatras ! Votre démonstration s’effondre à nouveau. D’autant que la ville ne peut pas grand chose pour les créations d’emplois, à part favoriser un environnement propice. Non, le principal problème de la population marseillaise, c’est la quasi ségrégation par quartier (on connait essentiellement celle entre Nord et Sud, mais c’est plus fin que cela), et celle-ci date des années 60 et 70 pour beaucoup. Après, on peut aussi trouver des réactions schizophrènes chez certains qui regrettent à la fois cette ségrégation, et que l’on construise des immeubles neufs (supposés attirer une population plus aisée) dans ces quartiers (Euromed, Belle de Mai, Sainte-Marthe entre autres). Bref, notre ville mérite une connaissance bien plus fine et des réactions plus pondérées et moins « aveugles », c’était le sens de mon intervention. Je ne dis pas (et n’ai jamais dit) que la politique de la ville est la bonne en tous points, mais le dénigrement systématique ne fera pas avancer les idées, à peine vous conforter dans les votres.

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    • jml13 jml13

      leravidemilo, vous tentez d’utiliser l’humour pour dévaloriser mes propos. Malheureusement, ceux-ci sont factuels. Je me permets aussi de reprendre juste une partie de votre argumentaire, qui utilise des chiffres : « La population Marseillaise a augmentée de 55 000 habitants de 1990 à 2012, soit une progression de 6.87% en 32 ans [bon cela ne fait que 22 ans mais c’est pas grave…], alors que, dans la même période , la population de la France métropolitaine, si en croyons l’insee, n’a évolué que de 56 709 000 à 65 241 000 habitants [63,7 M en fait] soit 8 532 000 habitants [7 000 000 en fait] de plus et une progression de plus de 15% [12 %]; Comme, durant cette période, cela est bien connu, nous avons mis à profit cette évolution pour repeupler assidument nos campagnes et ruralités, autant dire que les autres métropoles et grandes villes [hélas, nous ne parlions pas des métropoles, mais bien de la commune-centre. Par exemple, la commune de Paris n’a progressé que de 3,5 %] peuvent bien s’accrocher, en terme d’attractivité, ah mais !!! Donc, on se calme, on se maitrise. »

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      @jml13. Patatras en effet, mais pas là où vous le croyez. Je précise d’abord que jamais je n’ai insinué que « certes, j’avais tort, mais en fait non ». J’ai même reconnu mon erreur factuelle. Les moyennes statistiques ont un défaut, elles cachent plus qu’elles ne montrent.

      Pour le reste, quand vous écrivez que « le plus gros gisement d’emplois de la commune (…), c’est le centre ville de Marseille », vous confortez mon point de vue : quand les emplois progressent là où la population décroît, et que cette dernière se déplace en périphérie (et dans les communes avoisinantes), c’est quoi sinon une séparation spatiale des emplois et des habitants ?

      Bien sûr, la décroissance de la population en centre-ville tient aussi à des facteurs démographiques (la diminution de la taille des familles…). Mais le remplacement de logements par des bureaux y est aussi pour quelque chose. Ce ne serait pas si grave si la ville était correctement dotée en transports collectifs. Mais à de très rares exceptions près, la périphérie n’est reliée au centre que par des bus impraticables. Et sur ce point, il serait hasardeux de s’en prendre à l’héritage Defferre : on ne peut pas dire que ces 20 dernières années aient vu l’explosion du kilométrage du métro ou du tramway en dehors du centre-ville comme dans la plupart des grandes villes de Province…

      Enfin, s’agissant de l’attractivité du centre-ville pour ses habitants, l’exemple de la rue de la République est assez probant : quand on a le choix, on préfère habiter ailleurs. Ce serait bien que nos élus, plutôt que de chercher ailleurs des responsables de leurs échecs, se promènent dans la ville pour comprendre ce qui s’y passe. J’ai certainement des a priori ; je ne suis pas le seul : le discours irréel de la plupart des membres de l’équipe municipale montre qu’ils vivent sur une autre planète.

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  3. JL41 JL41

    Entre les 20 000 habitants de Ste-Marguerite et les 146 des Îles, ces « quartiers » le sont-ils toujours ? Leur taille peut en faire des agglomérations (où l’on pourrait délimiter des quartiers à une échelle infra) ou des villages. Certains le sont sans doute restés, je ne veux pas froisser les amoureux de cet aspect de la ville de Marseille. On voit aussi que certains quartiers contigus ont pu avoir une évolution démographique semblable. Alors les quartiers de Marseille constituent-ils vraiment un « grain » pertinent dans l’analyse de l’évolution démographique de la ville ?

    On comprend ou on devine dans certains cas les évolutions qui ont affecté ces quartiers, comme à Château-Gombert ou à La Valentine, où le développement de l’urbanisation et de l’emploi a entraîné l’installation de populations nouvelles. Le plus souvent, l’analyse se réduit à dire que la population a augmenté ou a baissé, mais on ne sait pas ce qu’il s’est réellement passé.
    En gros on apprend dans le commentaire de l’INSEE que l’Est et le Nord ont connu des progressions de population. Peut-être parce que ce sont les deux grands axes d’échange avec les emplois qui se sont développés à La Penne, Aubagne, Gémenos et La Ciotat à l’Est, ainsi qu’à Aix et à l’Est de l’Etang-de-Berre, au Nord et à l’Ouest ? Ce sont aussi les axes de fuite des entreprises marseillaises qui sont allées se localiser en périphérie. La conservation d’un emploi à Marseille au sein des couples a pu jouer pour le maintien de la résidence sur ces axes.
    On apprend aussi que le centre de la ville a perdu des logements en se transformant, tandis que des quartiers plus populaires et densément peuplés, comme l’Estaque, St-André ou St-Henri, ont vu leur population muter vers des ménages de taille plus réduite. Une certaine gentrification ? La décohabitation explique peut-être aussi cette stagnation de la population, alors que la ville de Marseille répond toujours de façon indignée qu’il se construit beaucoup de logements.

    L’analyse de ces évolutions serait sans doute plus fournie si l’on avait à l’amont, mais cela existe peut-être du côté de l’INSEE ou de l’AGAM, une localisation précise des soldes naturels (sont-ce les familles nombreuses au sein de la population immigrée qui alimentent le solde naturel positif de Marseille ?) et une connaissance précise des flux migratoires : quelles sont les caractéristiques de la population qui quitte Marseille et où va-t-elle résider, et quelles sont les caractéristiques de la population qui vient s’installer à Marseille et où ?

    Enfin la commune de Marseille est-elle la bonne échelle pour faire une analyse de l’évolution de la population ? Certainement pas. Il faudrait aller au zonage en aires urbaines de l’INSEE, c’est-à-dire prendre tout l’habitat relativement contigu concerné par les grands pôles d’emplois de l’Est de l’Etang-de-Berre, du Sud-Aixois et d’Aubagne-Gémenos, englobant Marseille, lui aussi un grand pôle d’emplois. C’est au sein de cet ensemble que l’on peut mettre à jour des fonctionnements, situer le gros des migrations domicile-travail et discerner les zones d’habitat investies par les changements de résidence. Une fois tout ceci posé et analysé, on peut poursuivre l’analyse de la situation marseillaise, Marseille commune et quartiers.

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