Guérini – Montebourg : la guerre continue

Bref
le 13 Sep 2012
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Avocats, à la cour, voilà une signature hautement respectable pour une tribune dans un grand journal national. C'est avec ce titre que Régis de Castelnau et Florence Rault se sont signalés dans Libération ce matin. Au programme, un sujet hautement discuté ces derniers jours : les soupçons de conflits d'intérêt autour du trio Montebourg-Pigasse-Pulvar. Fait par des avocats, voilà qui promet une analyse juridique des plus poussées. Le texte s'intitule : "Montebourg – Pulvar : le soupçon juridique". Mais c'est plutôt un autre doute qui nous est venu à la lecture, comme d'ailleurs au patron d'Arrêt sur images Daniel Schneidermann.

Outre qu'ils portent une même robe, les associés Rault et Castelnau ont surtout en commun d'être tous deux apparus largement dans l'affaire Guérini. La première était tout simplement l'avocate d'Alexandre Guérini dans le dossier Guernica mais ne l'est plus depuis deux ans. Le second est connu pour être un proche du même Alexandre et Castelnau, après que le parquet a requis sa mise en examen, a été un temps placé sous le statut de témoin assisté par le juge Duchaîne.

Ce sont donc ces deux avocats que l'on retrouve, toutes colonnes ouvertes, ce matin dans Libé. Ils s'attaquent à un des ennemis déclarés des Guérini, le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, qui a entre autres déclarations, dénoncé dans un rapport remis à la première secrétaire du PS Martine Aubry le fonctionnement de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône avant d'en demander la mise sous tutelle. Cette sortie médiatique intervient alors qu'un des procès en diffamation intenté par Jean-Noël Guérini contre Montebourg doit être jugé à Paris à la fin du mois. Un procès pour lequel les conseils de JNG devraient toutefois demander un sursis à statuer.

Lequel des deux devrait se sacrifier et renoncer à son emploi ? Les féministes pourraient considérer qu'il n'y a aucune raison pour que ce soit Pulvar.

Voilà la conclusion des deux conseils dans cette histoire. Et cette considération politique bien plus que juridique doit évidemment faire le bonheur du résident du bateau bleu qui a savamment ignoré Montebourg – la réciproque est aussi vraie – aux obsèques de Patrick Ricard. C'est l'arroseur arrosé, le retour à l'envoyeur et tutti quanti. Certains auraient même éprouvé "ici et là, souligne le texte, un peu de joie mauvaise devant l’embarras courroucé du chevalier blanc autoproclamé". Interrogée, Florence Rault abonde en ce sens :

Quand on dit qu'on ne veut pas de ce genre de situation et qu'on ne veut pas être emmerdé, il n'y a qu'une seule solution, c'est de sortir de cette situation.

On ne saurait mieux dire et on n'est tenté de retourner l'argument. Est-il logique que l'ancienne avocate des Guérini s'attaque à Montebourg ?

Le passif qui existe entre eux, ce n'est pas mon problème. J'écris quand ça me chante, c'est un article commandité par personne ! […] Il s'agit d'une analyse juridique, je ne vois pas en quoi je n'aurais pas le droit d'en faire part sauf à ce qu'on m'enlève le droit de donner mon avis.

L'avocate poursuit en défendant son CV : formation sur ce domaine dans les ministères, de Castelnau enseignant en droit à Paris-II, etc. En posant cette question, "il s'agirait de salir et ma personne et ma profession", reprend Florence Rault qui a aussi adressé un long droit de réponse à Schneidermann.

 

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