Aux portes du conseil, manifestation de la variété des critiques

Reportage
le 21 Déc 2018
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Ce jeudi matin, quelques 300 personnes se sont rassemblées devant les portes de la mairie où se tenait un conseil municipal aux tonalités particulières. Tandis que celui-ci a principalement tourné autour du drame de la rue d'Aubagne et de l'habitat indigne, les manifestants ont multiplié les critiques envers la municipalité.

Photo : Violette Artaud.

Photo : Violette Artaud.

8 heures ce jeudi matin. Des dizaines de personnes se dirigent tranquillement mais à pas déterminés vers la mairie de Marseille. À plusieurs dizaines de mètres de l’imposant bâtiment frappé d’une lumière orangée, une foule d’environ 300 personnes écoutent sans faire de vague la musique lancinante d’une fanfare. Dans le bunker de l’espace Bargemon, débute un conseil municipal aux tonalités, elles aussi, particulières (relire ici le live de cette séance et l’article de compte-rendu).

L’essentiel des débats tournera en effet autour du drame de la rue d’Aubagne, des évacuations massives qui s’en sont suivies et de la lutte contre l’habitat indigne. Mais pour l’heure, l’esplanade qui devance les deux bâtiments municipaux est vide de toute présence humaine, si ce n’est celle de policiers. Entre eux et les manifestants des barrières ont été soigneusement disposées, comme cela est désormais coutume lorsque sont annoncées des manifestations qui ces dernières semaines, se sont finies sous les fenêtres de l’hôtel de Ville.

En déambulant parmi la foule, on croise des slogans et logos variés. « Noailles meurt, Marseille en deuil », « L’école publique n’est pas à vendre », « 20 millions pour détruire la plaine, pas une thune pour sauver Noailles » peut-on lire sur des banderoles et pancartes qui ont déjà servi. La France insoumise, le parti ouvrier indépendant et le parti communiste côté politique, FO, Solidaires, FSU, UNSA et CGT pour les syndicats, se signalent sur les pin’s et les drapeaux. Lors des prises de paroles successives, les critiques et revendications mises en avant sont également la preuve de l’hétérogénéité de ce rassemblement.

« Une charte des évacués »

« La mairie refuse de mettre en place les moyens nécessaires [pour les évacués]« , s’est dans un premier temps indigné Fathi Bouaroua. L’ancien directeur régional de la Fondation Abbé-Pierre demande, notamment au côté du collectif du 5 novembre, « une charte des évacués pour donner un cadre aux discussions » avec la mairie et la préfecture. Jean-Claude Gaudin les a reçus pour la première fois mardi. Un centre ville pour tous milite pour des réquisitions de logement pour les évacués dans le centre-ville, craignant une nouvelle « logique de ségrégation ». Et l’Assemblée de la Plaine déroule son « manifeste pour un Marseille vivant et populaire ».

Une représentante de Sud éducation tient à souligner « l’état de délabrement des écoles induit par des années d’inaction » et dénoncer le partenariat public-privé choisi pour rénover 34 écoles (qui ne sera pourtant pas voté lors de ce conseil municipal), « véritable cadeau aux privés tandis que de réelles solutions existent pour l’ensemble des écoles ». Le syndicat appellera de nouveau à la grève lors de la prochaine séance.

La CGT se lance dans un discours fleuve embrassant le drame de la rue d’Aubagne, l’habitat indigne mais aussi « le mur de la honte » construit à la Plaine, « la répression policière » ou encore les réformes du temps de travail des agents territoriaux « déjà à bout » (lire notre article). Le dernier mot revient aux familles des victimes et aux sinistrés. Réunis dans le collectif du 5 novembre « Marseille en colère » ils souhaitent que soient débloqués, via notamment une demande de reconnaissance de catastrophe naturelle qu’approuvera Jean-Claude Gaudin, des « fond exceptionnels ». « Notre colère est intacte ! », conclut une membre de la famille de l’une des victimes.

(Pour plus de confort, passer en mode plein écran)

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