Colères, SMS douteux, violence : le comportement toxique du patron du FID ne passe plus

Enquête
Lisa Castelly
27 Fév 2019 8

Au FidMarseille, festival de cinéma à la renommée internationale, la figure tutélaire du délégué général Jean-Pierre Rehm vacille. Les témoignages de salariés, stagiaires ou bénévoles, recueillis par Marsactu dessinent "un climat de terreur".

Jean-Pierre Rehm est délégué général du FIDMarseille depuis 2001. (Image FIDMarseille)

Jean-Pierre Rehm est délégué général du FIDMarseille depuis 2001. (Image FIDMarseille)

Le Fid, fleuron des festivals cinématographiques français d’avant-garde et rare événement d’ampleur dans le domaine à Marseille, n’a plus à prouver sa réputation. Chaque été depuis 29 ans, ce sont des milliers de cinéphiles gourmands des dernières pépites internationales qui s’y pressent, mais aussi une équipe qui s’active sans relâche. Comme souvent dans le monde de la culture, la semaine que dure le festival voit des dizaines de personnes se donner, sans compter les heures de travail, et encore moins les heures de sommeil. 

Si chacun est toujours prêt à exprimer la fierté de participer à un festival d’une telle qualité, pour ce qui est d’évoquer l’ambiance de travail, les mines se referment. C’est ainsi qu’au cours des derniers mois, Marsactu a recueilli plus d’une dizaine de témoignages racontant tous la même atmosphère. Oui, l’aventure humaine est belle mais… il y a aussi les angoisses, les crises de larmes dans les toilettes. Et au retour chez soi, on confie des cauchemars. Le mot “traumatisme” est quelques fois lâché. L’expression “climat de terreur” revient inlassablement. Des confidences qui émanent pour la plupart des employés les plus précaires, stagiaires, services civiques et CDD, très nombreux au FID, venus prendre part au festival pour l’expérience bien plus que pour la rémunération. Et qui sont corroborés par d’autres salariés plus expérimentés, souvent spectateurs d’un climat difficile.

“Il est en roue libre depuis plusieurs années”

Le constat est unanime et la dizaine de témoignages de personnes avec qui nous nous sommes entretenues pointent tous vers une personnalité, Jean-Pierre Rehm, délégué général et directeur artistique. Décrit comme “brillant” par certains de ses collaborateurs, celui qui est à la tête du festival depuis 2001, cristallise les accusations. “Il met une pression très forte, se déplace partout dans les bureaux. En pleine conversation il peut dire “taisez vous !” à son interlocuteur, détaille un collaborateur régulier du festival pour planter le décor. À la première rencontre, les gens ont peur. Il parle bien, c’est un intellectuel, mais il est en roue libre depuis plusieurs années.”

“Je n’ai jamais vu quelqu’un autant hurler sur une personne”

“Il y a une ambiance étrange au bureau quand Jean-Pierre Rehm est là. Une ambiance de terreur”, complète une jeune femme passée par plusieurs postes précaires au sein de l’organisation du festival. “Je n’ai jamais vu quelqu’un autant hurler sur une personne”, résume Marie* une ancienne stagiaire. “Il utilise un ton de voix très fort, il a des changements d’humeur soudains et si on lui dit que c’est un peu violent, il dit “vous n’avez pas d’humour”, analyse Nadia*, qui a été salariée. Je suis très solide mais je me suis retrouvée plusieurs fois à aller pleurer aux toilettes.”

“Un homme qui joue de son pouvoir”

Marie développe aussi sa propre expérience : “Il est venu le premier jour et m’a dit “vous n’avez pas intérêt à merder”. Même chose lors d’une autre édition, il me regarde droit dans les yeux et semble vouloir à tout prix me déstabiliser : “Je vous sens stressée, inquiète, en colère, agressive, je ne pense pas pouvoir vous faire confiance””Et Marie de conclure : Voir des employés craquer, fondre en larmes, douter d’eux-mêmes, se dire qu’ils ne sont que des grosses merdes, tout ça à cause de la pression d’un seul homme qui joue de son pouvoir, est-ce normal ?”. Faut-il à ce niveau parler de harcèlement moral ? Pour Elsa*, une ancienne service civique qui a travaillé plusieurs années au FID, la réponse est sans ambiguïté : Complètement, tout le temps, à tous les moments”. 

Et puis il y a les SMS. Les messages à toutes heures, que reçoivent certains, et surtout certaines, même précaires. Il peut s’agir, selon les situations, de demandes professionnelles, au milieu de la soirée ou du week-end, ou alors des questions d’ordre plus personnel. “Sans être indiscret, connaissez-vous votre programme du week-end ?”, a reçu Élodie*, une autre ancienne service civique, un vendredi après 20 heures. Marsactu a pu identifier au moins trois jeunes femmes, destinataires de messages semblables. “On sent qu’il y a quelque chose de malsain, qu’il ne devrait pas le faire. On répond pour ne pas qu’il ne le prenne mal”, témoigne-t-elle encore. “Des stagiaires sont venues vers moi pour me demander quelle réponse faire, après un texto reçu un vendredi en fin de journée”, se souvient Nadia, qui en a aussi reçus et trouve l’approche “pas directement sexuel(le), mais de l’ordre du contrôle”. Un cadre, masculin, s’exaspère aussi de la situation : Les textos aux stagiaires, j’en ai souvent entendu parler, et ce n’est pas rien. Moi-même, à mon poste, je n’ai même pas le numéro de Jean-Pierre !”

Une édition 2018 chaotique

Ces témoignages prennent appui sur des souvenirs remontant jusqu’en 2013. Mais de l’aveu général, y compris de la part de salariés plus bienveillants à l’égard de Jean-Pierre Rehm, l’édition 2018 du FID, qui avait pour invitée d’honneur l’actrice Isabelle Huppert, aura été celle de la démesure. Celle où l’usure des nerfs a pris le dessus. “Cette année là, il y a eu 30 % de films en plus par rapport aux autres années, mais rien n’a été mis en place pour faire face”, explique Nadia. Plus précisément, Jean-Pierre Rehm a rajouté de nombreux films à la programmation, souvent au dernier moment, multipliant l’ampleur du travail à fournir, tant des équipes en lien avec la programmation que des équipes techniques. Le plus dur a été la surcharge de travail non-maîtrisée que personne n’a su arrêter”, reconnaît une membre de la direction qui ne souhaite pas être citée. 2018 a aussi vu la coïncidence de plusieurs aléas au sein de la direction, grossesses, problèmes personnels, arrêts maladie, qui n’auraient, selon plusieurs membres de l’équipe permanente, pas permis au festival vieux de 29 ans de se passer dans la sérénité.

“Jean-Pierre Rehm veut le festival le plus gros possible et c’est ce qui va le tuer”

Sans connaître de réelles difficultés financières, le FID vit, comme beaucoup de festivals “sur la crête”, suspendu au renouvellement des subventions chaque année. Et si les moyens restent relativement stables, ils n’augmentent pas avec les années. “Les financements n’ont pas grandi en même temps que le festival. Jean-Pierre Rehm veut le festival le plus gros possible et c’est ce qui va le tuer”, soutient Elsa. À cela s’ajoute la quête difficile chaque année, de lieux disponibles pour projeter les films de la sélection, dans une ville où les salles de cinéma sont une poignée, et pour certaines en travaux. “Il y a une volonté de faire des économies avec toujours plus d’ambition”, pointe une personne qui a eu des responsabilités techniques au sein du FID pendant plusieurs années, dénonçant “des sous-effectifs délirants”

Agression physique en fin de soirée

Au cours de cette édition éprouvante, un incident a été le bout de pellicule qui a fait dérailler la machine. Les fêtes font partie des traditions du festival. Les festivaliers munis d’un pass y sont les bienvenus tous les soirs que dure le FID. Il semble toutefois que ces moments de détente soient régulièrement le lieu de l’explosion de tensions sous-jacentes. Trois jeunes femmes interrogées par Marsactu racontent notamment comment elles y ont été prises à partie par Jean-Pierre Rehm, que ce soit pour un problème dans le cadre de leur travail au festival, ou au sujet de propos qu’il les avait entendu tenir. “À deux heures du matin, alors qu’il y avait encore du public, il m’a dit très fort devant tout le monde : “Vous ne comprenez rien à ce métier”, se souvient Nadia qui parle d’une “humiliation en public”.

Mais ce soir de fête d’équipe, à la fin du festival 2018, l’humiliation va plus loin. Même si les témoins oculaires directs de la scène sont rares, vu l’heure avancée, aucune des personnes interrogées ne doute de la réalité des faits relatés par la victime. Sur la piste de danse, sans qu’un mot ne soit échangé, Jean-Pierre Rehm s’en prend physiquement à un stagiaire de 19 ans, le poussant à terre dans un premier temps, avant d’empoigner sa tête plusieurs secondes, tandis que le jeune homme se débat.

La parole libérée

Ce dernier s’en ouvre quelques jours plus tard dans un mail très détaillé que Marsactu a pu consulter, envoyé à tous les membres du festival. “Ça ne m’atteint que très peu, mais ça me permet de prendre la parole, déclare-t-il après avoir raconté les faits. Il décrit ensuite, en creux, un climat de quasi omerta.J’aimerais simplement montrer qu’on a le droit de prendre la parole, on a le droit de s’opposer et de dire non, nous sommes légitimes. C’est un abus de pouvoir, si personne ne dit rien et s’écrase”Sollicité, le stagiaire en question ne souhaite plus s’exprimer sur le sujet.

Au sein des équipes du FID, dont certains salariés se trouvent encore dans les bureaux du festival à ce moment-là, ces phrases sont le détonateur d’une prise de conscience. Quand on a tous reçu le mail dans le bureau, Jean-Pierre Rehm était dehors. Et on s’est tous rendus compte qu’on avait peur, peur qu’il explose”, se remémore Elsa. Dans les jours suivants, les réponses aux mails se multiplient. Parmi la dizaine de messages que nous avons pu consulter, la parole se libère, à différents degrés, pour reconnaître que, oui, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond au FID.

L’un reconnaît être “témoin d’une forme de pression et de déconsidération qui rend parfois le travail pénible et dangereux”, tandis qu’un autre remercie l’auteur du mail de “mettre en lumière le rapport problématique qu’entretient la direction du festival avec les salariés, les bénévoles et les stagiaires”“L’exigence n’a rien à voir avec la cruauté, la pression avec le harcèlement, l’énergie avec la violence (…) On ne peut pas dépasser les bornes systématiquement”, analyse un troisième collaborateur régulier du FID.

Je ne peux pas laisser dire que je malmène les équipes”

Sept mois plus tard, Jean-Pierre Rehm assure avoir découvert le malaise de ces collaborateurs à ce moment-là. Il raconte avoir vécu “chaque mail comme un coup de poignard”. Informé par ses équipes des échanges entre salariés, il en a lu certains. “Cela a été un profond désespoir d’imaginer que des gens souffrent à mes côtés alors même que j’étais fier et je m’enorgueillissais du fait que mes équipes étaient ravies de m’accompagner et de mener le projet“. S’il dit entendre les souffrances formulées, le délégué général refuse en revanche d’entendre que le climat du FID serait irrespirable. Il y a beaucoup d’injustices. J’entends ces cris mais ils ne sont pas, me semble-t-il, le reflet de ma conduite. C’est ma 16e édition, cela serait impossible si j’étais le tyran que certains décrivent. Je ne peux pas laisser dire que je malmène les équipes”, tient-il à formuler. Pour les éditions à venir, le délégué général promet plus de mesure : “On fait trop de choses, et le budget ne va pas augmenter. Il faut réduire la voilure.”

Confronté à des faits particuliers, Jean-Pierre Rehm ne se dédouane pas pour autant. A-t-il recours à des paroles particulièrement dures à l’égard de ses équipes, y compris les stagiaires ? “C’est très possible. À un moment ce qui doit être fait doit être fait. Mais ce n’est pas mon pain quotidien. Ce serait hypocrite de dire que je ne les dis pas, hypocrite de dire que je suis le seul sur la planète à dire ces choses”, argumente-t-il. Jean-Pierre Rehm invoque à la fois “un projet qui touche à de l’humanité” pour décrire son festival, mais aussi “un broyeur” source de tension permanente et de stress, qui débouche sur “une colère nourrie par la trouille”. “Ce n’est pas heureux”, ajoute-t-il. 

Des SMS tardifs à des stagiaires ? “C’est arrivé deux fois. C’est n’importe quoi, je comprends que ce soit mal vécu. Mais il n’y avait rien qui portait atteinte, rien qui était condamnable. Dans le cas de F. le lendemain, je me suis excusé. Moi je n’ai pas d’horaires, je ne cloisonne pas”, déroule-t-il. Sauf que d’après les témoignages recueillis, il s’agirait de bien plus que deux occurrences, entre questions professionnelles tardives et interrogations plus personnelles. 

Jean-Pierre Rehm dans son bureau. (Image VA)

Enfin, pour l’agression physique du stagiaire à la fin du festival, Jean-Pierre Rehm ne souhaite pas s’attarder en détails, mais n’infirme pas les faits décrits par la victime. “Le lendemain, j’ai présenté aussitôt mes excuses. Ce que j’ai fait, ce n’est pas possible”, déclare-t-il simplement. Jean-Pierre Rehm refuse de voir dans cet événement le symptôme d’un problème plus général. Parmi les mails échangés par les salariés durant l’été, deux membres de la direction ont répondu. Mais le délégué général n’a pas depuis communiqué officiellement envers ses équipes pour évoquer le sujet. “J’aurais sans doute dû”, convient-il. Alors que la préparation de l’édition 2019 a démarré, certains commencent à faire savoir qu’ils ne reviendront pas.

Un entourage protecteur

Pointée par les salariés plus précaires, l’équipe de direction est souvent accusée de couvrir les agissements du chef, ou tout au moins, de ne pas parvenir à le canaliser. “Tout ça est étouffé parce que les gens ont l’habitude de travailler avec lui, ou parce que c’est lui qui les a amenés et ils lui sont redevables, estime Elsa. Il est excusé de tout parce que c’est “son” festival. On temporise pour éviter qu’il ait des contrariétés, même inconsciemment, parce que personne ne veut passer une réunion avec Jean-Pierre Rehm qui hurle.” Une analyse que complète Nadia : “Des personnes prennent sur elles par nécessité et acceptent la violence verbale au quotidien.”

“le concept de réalité, ce n’est pas son job”

Interrogé, un cadre du festival tient à prendre sa part de responsabilité. “Il est brillantissime. Mais le concept de réalité, ce n’est pas son job. Il pique des colères, il est cassant. Quand il fait ça à un stagiaire, c’est à nous de les protéger, et tout le monde ne le fait pas”. Cet ancien reconnaît sans détour que lors de l’édition 2018, “Jean-Pierre a été odieux avec tout le monde.” Conséquence, ilne laisse pas Jean-Pierre parler directement à [ses] équipes”. Mais affirme pourtant que “ce n’est pas un tyran despotique, plutôt un être extrêmement tendu qui a besoin de tout maîtriser”

Pour les permanents, il semble évident que le génie du chef excuse ses sautes d’humeur, et que c’est à ses collègues, principalement des femmes, d’arrondir les angles. “Il est nécessaire qu’il y ait un filtre entre un directeur artistique et les équipes”, assure une autre membre de la hiérarchie. Il suffirait de savoir “tenir tête”, de “dire stop” quand le délégué général s’emballe. Une habitude qui n’est pas à la portée de toutes et tous.

“En tant que femme dans le milieu de la culture, il y a peu d’endroits où j’ai pu trouver une écoute comme au FID. Jean-Pierre fait face à un grand stress. C’est éprouvant comme travail, plaide une collaboratrice de longue date du FID. Il n’y a pas de discrimination au FID. Si après, on veut dire qu’il y a des colères, oui, mais ça ne remet pas en question le respect qu’il a pour le travail des gens”. Les stagiaires et beaucoup de salariés reviennent, c’est un bon signe, assure aussi Anaelle Bourguignon, qui était secrétaire générale du FID jusqu’en décembre dernier. Cette année ça a été un concours de circonstances, d’événements, qui a fait que le malaise a existé. C’est la première fois en 9 ans que je l’ai senti”

Une démission en question

Mais la crise que vit le FID pourrait finalement avoir des conséquences concrètes. Au centre de toutes les interrogations, la possibilité d’imaginer un FID sans Jean-Pierre Rehm. Chacun a son avis sur la question, mais demeure un fait : le festival a existé avant lui.  On peut donc imaginer qu’il puisse subsister sans lui. De jeunes talents ont été formés au fil des années qui pourraient prendre la main.

J’y ai pensé tout de suite en juillet, et j’y pense toujours très sérieusement, à démissionner. Je préfère protéger la structure”, déclare aujourd’hui Jean-Pierre Rehm auprès de Marsactu. Récemment renouvelé, le conseil d’administration du FID doit se réunir début mars. Le délégué général annonce qu’il mettra alors sa possible démission à l’ordre du jour. Mais demeure un “problème de calendrier”, le festival devant se tenir dans moins de six mois, ce qui rendrait très difficile le recrutement d’un délégué général par intérim au débotté. L’actuel délégué général pourrait trouver là un argument pour se maintenir quelques mois encore à la tête du FID.

*Les prénoms suivis d’une astérisque ont été modifiés à la demande des intéressés.

Article écrit avec l’aide de Violette Artaud

Article en accès libre

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