Après les municipales, Gaudin lance la "reconquête" du Sénat

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le 24 Juil 2014
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Après les municipales, Gaudin lance la "reconquête" du Sénat
Après les municipales, Gaudin lance la "reconquête" du Sénat

Après les municipales, Gaudin lance la "reconquête" du Sénat

"Nous partîmes à trois, nous devrions logiquement arriver à cinq." Secrétaire départemental de l'UMP et sénateur sortant, Bruno Gilles ne boude pas son plaisir à l'approche de l'élection du 28 septembre. En plus de lui-même, Jean-Claude Gaudin et Sophie Joissains, son parti allié avec l'UDI enverrait ainsi Anne-Marie Bertrand et Patrick Boré au palais du Luxembourg.

Au-delà du contexte local, le patron du groupe UMP au Sénat Jean-Claude Gaudin pense surtout à la "reconquête" de la présidence de la chambre haute perdue en 2011. "Le PS et le gouvernement ont tout fait pour empêcher la droite et le centre de la regagner", a-t-il pesté ce jeudi, listant les différents changements de mode de scrutin. L'un d'eux consistait notamment à accorder un poids plus fort aux villes de plus de 30 000 habitants. Une disposition qui s'est localement "retournée contre la gauche" : la droite a gagné deux d'entre elles (Aubagne et Salon) tout en conservant Marseille, Aix, Marignane et La Ciotat.

Justement, l'hôte de la conférence de presse de présentation des listes est le nouveau maire UMP d'Aubagne Gérard Gazay. Son alliée Sylvia Barthélémy, présidente UDI de la communauté d'agglomération, figure elle sur la liste – en dernière position. Elle y est précédée par Roland Mouren, victorieux à Châteauneuf-les-Martigues, "ville détenue depuis 50 ans par la gauche", souligne Jean-Claude Gaudin.

Drôle de campagne

Malgré ce contexte favorable, l'UMP compte bien mener campagne à partir du 25 août, après une période de repos estival. Un exercice particulier, sans affiches ni meetings, qui passe principalement par la rencontre des maires mais aussi de leurs conseillers municipaux. Les visites ont déjà commencé pour Bruno Gilles, le maire de Marseille passera en deuxième lame à la rentrée, souvent secondé par un local de l'étape. "Nous avons essayé d'avoir des candidats qui reflètent la géographie du département", glisse à ce propos Jean-Claude Gaudin. Ces derniers sont pour la majorité eux-mêmes des maires et qu'importe si, en 2017, le cumul des mandats les obligera à choisir entre leur mandat local et leur siège à la chambre haute.

Dans les bureaux communaux, ces émissaires de poids seront en concurrence avec Samia Ghali, tête de liste du PS, mais aussi Jean-Noël Guérini, qui mènera sa propre liste. En 2008, il avait "fait campagne avec le chéquier du conseil général", a souvent dénoncé Jean-Claude Gaudin. "Il n'a jamais lâché ce chéquier", commente-t-il ce jeudi. "Récemment j'étais en visite dans une commune. Jean-Noël Guérini arrive et je vois le maire se précipiter pour lui ouvrir la porte. Je lui ai dit « laisse faire ça au sous-préfet ! »."

Un peu inquiet des déperditions de voix que pourrait entraîner la générosité du département, Bruno Gilles lance un appel : "Les convictions doivent être supérieures aux subventions". Principal territoire visé même s'ils se gardent bien de donner des noms : le nord-ouest du département. Celui-ci compte beaucoup de communes rurales aux moyens limités, dont certaines font partie des grands bénéficiaires de l'aide aux communes du conseil général, comme l'avait fait ressortir une évaluation interne menée par une commission d'élus. On y trouve aussi deux conseillers généraux – ceux de Tarascon et d'Orgon – en bons termes avec Jean-Noël Guérini malgré une étiquette politique plutôt classée à droite. Mais Jean-Claude Gaudin ne s'inquiète pas outre mesure : son influence jouera d'abord en défaveur de "ses anciens amis".

La droite fait cependant face à une autre source de déperdition, plus difficile à quantifier pour Jean-Claude Gaudin :

Il y a des élus qui pourraient voter FN, exaspérés par l'échec de la politique gouvernementale et il faut bien le dire peut-être aussi par les atermoiements de la droite républicaine à se mettre en ordre de bataille.

Une tendance qui n'est pas nouvelle : "En 1998, Ronald Perdomo avait 200 délégués, il a fait 300 voix. Il y a six ans, Bernard Marandat partait de pas grand chose, il a triplé son score", rappelle-t-il. Or, le FN compte cette fois-ci 220 délégués à Marseille, auxquels s'ajoutent "120 voix identifiées" dans les autres communes du département et au conseil régional. Soit un total de 340, non loin de la barre offrant automatiquement un siège, situé autour de 440. Dès lors, l'analyse de la droite conclut à l'élection probable de Stéphane Ravier, la tête de liste frontiste. Sans oublier d'en blâmer une énième fois "le candidat socialiste" Patrick Mennucci, qui a refusé de retirer la liste de gauche arrivée troisième au premier tour de l'élection municipale dans les 13e et 14e arrondissements.

"Non au gouvernement"

Pour contrer Guérini et le FN, la droite resserre les rangs autour d'un message simple : "Non au gouvernement". Parmi les messages distillés ce jeudi, on ne sera pas surpris de découvrir la baisse des dotations de l'État aux collectivités et la réforme des rythmes scolaires, source de "frais pour les municipalités".

Malgré son vote favorable au Sénat sur la métropole – contrairement à Bruno Gilles et Sophie Joissains – Jean-Claude Gaudin tente aussi de recoller avec les opposants sur l'air de "j'ai toujours dit que le gouvernement allait trop vite, trop loin, trop fort". Dès l'automne, la réforme territoriale arrivera au Sénat, avec la possibilité ouverte par la ministre Lebranchu d'amender la loi sur les métropoles votée en 2013. Le maire de Marseille en profite pour pousser un point cher à ses homologues du département : "Le plan local d'urbanisme doit être laissé à l'initiative des maires, c'est le principal amendement que nous porterons". Jean-Noël Guérini comme Samia Ghali pourraient rétorquer qu'ils le voteront avec plaisir.

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Commentaires

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  1. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Reprocher au gouvernement d'”accorder un poids plus fort aux villes de plus de 30 000 habitants”, nettement sous-représentées au Sénat aujourd’hui, et présenter des candidats qui “sont pour la majorité eux-mêmes des maires”, alors que la loi sur le cumul des mandats va s’appliquer dans deux ans, ça fait vraiment honneur à cette assemblée qui préfère le conservatisme à la démocratie…

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  2. Anonyme Anonyme

    Gaudin et Guerini ont le même but non avéré celui de dégager Ghali du sénat.
    Le partage de voix est fait,il sont sûrement plus complices qu adversaire.
    Il faut tuer les PS ,l écraser,ne pas laisser pousser une repousse,en vieux capitaines ils le savent bien.
    D ailleurs ou en est Renouveau 13 PS qui devait développer un parti fort sans les Guerinistes et qu on ne voit pas?

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  3. pierre pierre

    Adios Samia…

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  4. mic du 5eme mic du 5eme

    Voilà vraiment où passe l’énergie de la droite marseillaise !
    Faire élire des personnes qui seront atteints par le cumul en 2017
    S’allier pour dégommer Ghali
    Vraiment de nobles objectifs qui attestent de la belle mission du sénat…
    Bien triste tout cela, mais les marseillais qui ont voté pour la droite, devront subir ses parasites encore longtemps

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  5. Trésorier Trésorier

    Le problème est ce système électoral totalement clanique, incestueux et clientéliste. Comme au Conseil général.

    On pourrait avoir une assemblée nationale élue au scrutin proportionnel à circonscription nationale et un sénat au scrutin majoritaire à circonscription locale (comme les députés actuellement).

    Ils vont finir par tuer la métropole marseillaise avec leurs conneries….

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  6. Anonyme Anonyme

    renvoyons tous ces sénateurs ps, pc eelv élus sur des malentendus à leur totale anonymat qu’ils n’auraient jamais du quitter!!! adios….

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  7. Citoyen de L'Estaque Citoyen de L'Estaque

    Le Sénat, un machin qui ne sert à rien,sinon qu’il coûte très cher aux citoyens….En fait, une chambre, souvent garnie, d’enregistrement où s’endorment ses représentants…

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  8. Anonyme Anonyme

    Bien sur Gaudin va utiliser la réforme des rythmes scolaires pour faire campagne, cela fait un an qu’il le fait en essayant de tenir tête au gouvernement. Au final ce sont les enfants et les familles qui seront les victimes de ce bras de fer car la municipalité n’a rien préparé et a lancé un appel à projet la semaine dernière pour organiser la rentrée de septembre…
    Mais Gaudin s’en fiche il ne se représentera plus devant le suffrage universel il n’a qu’à séduire ses camarades grands électeurs.

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  9. Anonyme Anonyme

    Mais quand arrêtera ce Gaudin qui ne vit que pour ces élections après il s’en fout un peu. Comme pour le vélodrome, il a du rêver au Sénat que l’OM suivrait et bien non

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  10. jdeharme jdeharme

    Les seuls intérêts de gaudin son porte monnaie et celui de ses amis

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  11. Anonyme Anonyme

    c’est vrai que la gamelle est bonne

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  12. Anonymuse Anonymuse

    A peine élus, ces cumulards pensent déjà aux prochaines élections. Quand l’UMPS se fout du peuple.

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  13. Anonyme Anonyme

    La fin de Guérini est bien triste. j’ai à la fois de la peine pour lui et de la honte. il suffit de voir encore l’article de La Provence hier sur le stade Vélodrome: il vient encore faire le “petit” Gaudin pour défendre le maire en tapant sur l’OM et défendre la ville. Quelle tristesse de voir ce spectacle. la réalité sur ce dossier comme pour d’autres, c’est que la ville a fait n’importe quoi et se retrouve à 3 semaines du début du championnat sans avoir réglé le problème. il n’y a aucun pilote dans l’avion et Guérini devient le complice de tout ce bordel. Dire qu’en 2008 Guérini et Gaudin se détestaient et se faisaient les pires coups bas. En 2014, Guérini a trahit les siens en faisant alliance avec Gaudin et sort maintenant à chaque fois de sa boite pour défendre la mairie. Ha, la trahison…

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  14. Anonyme Anonyme

    Trahison un jour, trahison toujours! Ceux qui connaissent l histoire du pauvre François s en souviennent

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  15. Anonyme Anonyme

    les arrangements Gaudin-Guérini, ce n’est pas d’aujourd’hui. Demandez au maire de Fos pour l’incinérateur s’il n’a pas été roulé ans la farine!

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  16. hirondelle70 hirondelle70

    monsieur Gaudin maire de a 2 ieme ville de france se croyait au dessus des lois au sujet de la réforme scolaire ?
    bien sur c est plus ” payant ” de se preoccuper de sa reelection au senat
    je croyais qu il avait dit qu il voulait s occuper de sa ville
    il a encore du boulot vu le “bordel ” un peu partout
    c est sa derniere fonction de maire il serait + intelligent de laisser un bon souvenir ……de sa politique de la ville

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  17. méditerrannée méditerrannée

    qui peut me dire à quoi sert le sénat ?

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  18. Forza massilia Forza massilia

    Que dingo se rassure, le PS ne fera pas un pli. A la limite un siège mais pas sur. Samia gali se fait dayeurs beaucoup de souci car son numéro 2 s’apprêterait â la trahir elle et son parti de toujours. Povinelli le maire d’allauch serait décidé a être candidat seul, et faire sa propre liste en dehors du PS. Pour avantager guerini?!
    Bref la droite et guerini pourront remercier tous ces traîtres.

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  19. jdeharme jdeharme

    C’est l’été de la facture à l’UMP. Confronté à une dette estimée à 74,5 millions d’euros, le triumvirat installé à la tête du parti fait la chasse aux élus qui ne sont pas à jour de cotisations. Chaque parlementaire a reçu mi-juillet une lettre personnalisée du nouveau trésorier, Jacques Laisné, dans laquelle est inscrite la somme due au parti. « Ils sont très nombreux à ne pas payer », indique-t-on au siège de l’UMP.

    Un pointage révélé en juin indiquait que seuls 66 des 350 députés, sénateurs et eurodéputés estampillés UMP étaient à jour de cotisations. La direction du parti refuse aujourd’hui de communiquer de nouveaux chiffres pour ne pas braquer les récalcitrants. « Nous partons de très bas », se contente-t-on de préciser dans l’entourage de Luc Chatel, secrétaire général du parti.
    66 sur 350 et dire qu’à marseille certains ne comprennent pas que la vie est dure pour les chômeurs, rsa, etc….et que même avec un mandat largement au dessus des bas salaires ils ne paient pas leur cotisation, espérons que notre Maire à tous montre l’exemple et se trouve dans les 66
    http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/08/19/l-ump-fait-la-chasse-

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  20. Anonyme Anonyme

    L’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin a qualifié aujourd’hui d'”assez probable” sa candidature à la présidence du Sénat, après les élections du 28 septembre pour renouveler la moitié de la Haute assemblée.

    Sur RTL, le sénateur de la Vienne – dont le siège est renouvelable – est allé un peu plus loin que d’habitude vers cette éventualité. “Beaucoup de gens me le demandent”, “je consulte, je prendrai ma décision dans quelques semaines, mais je ne veux pas vous décevoir : c’est assez probable”, a dit celui qui copréside provisoirement l’UMP.

    “Je répondrai sans doute à la pression de mes amis selon la formule que vous connaissez…”, a-t-il glissé. En 2008, M. Raffarin avait déjà brigué le “plateau”, mais avait été battu par son collègue UMP Gérard Larcher.

    Dommage pour les ambitions de mr gaudin mais ça semble encore compromis pour cette fois ci jean clode

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  21. Anonyme Anonyme

    Les rythmes scolaires m’en fouti l’OM c’est plus un souci
    bon concentrons nous sur l’essentiel ma réélection au sénat

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