Après avoir rallié Muselier, Governatori prend la tête d’un ovni environnemental

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le 28 Oct 2021
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Ce jeudi, le conseil régional doit instituer un office environnemental de proposition et d'action dont la présidence sera confiée à Jean-Marc Governatori. L'ancien candidat écolo aux régionales avait appelé à voter pour Renaud Muselier (LR) au second tour. Il est censé suivre la réalisation de sept propositions plus ou moins concrètes en lien avec la politique régionale.

Jean-Marc Governatori et Renaud Muselier lors du débat de premier tour aux régionales 2021. Photo C.B.

Jean-Marc Governatori et Renaud Muselier lors du débat de premier tour aux régionales 2021. Photo C.B.

Jean-Marc Governatori ne sera pas président de la République. Mais le candidat malheureux à la primaire écolo et aux régionales aura tout de même une présidence. Ce jeudi le conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur doit créer un “office environnemental de proposition et d’action”, un ovni dont la présidence bénévole sera confiée à l’homme politique niçois.

En juillet dernier, lors de son discours d’ouverture de l’assemblée plénière, Renaud Muselier, président Les Républicains de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, annonce clairement la couleur en posant au point quatre un “accord programmatique avec Jean-Marc Governatori” :

Dans l’entre-deux tours, j’avais annoncé que nous reprendrions des propositions de la liste L’Écologie au centre. Pour accomplir l’ensemble de ces axes du programme, il sera créé un office environnemental de propositions et d’actions, chargé de leur mise en oeuvre, en accord avec monsieur Governatori.

Après avoir un temps fait partie du rassemblement à gauche autour du pôle écologiste emmené par Jean-Laurent Felizia, l’élu municipal niçois a claqué la porte pour partir sous ses propres couleurs. En juin, à la suite du premier tour où il a recueilli 5,28%, en quatrième position derrière la liste d’union entre écologistes et forces de gauche, Jean-Marc Governatori avait appelé clairement à voter pour Renaud Muselier. En réponse, ce dernier a annoncé vouloir intégrer certaines propositions du candidat de l’Écologie au centre.

“Renaud Muselier a voulu remercier ceux qui avaient fait le choix de se désister ou qui avaient fait appel à voter pour nous”, explique Christophe Madrolle, ancien candidat de la gauche en 2015, rallié à son adversaire six ans plus tard. Contrairement, à ce qui se passait dans le passé, il le dit et le fait parce qu’il faut avancer ensemble sur ces questions urgentes. Nous sommes partis des propositions de Jean-Marc Governatori et nous avons même ajouté le covoiturage et la rénovation énergétique. Il pourra également faire des propositions au président. Après c’est à lui d’en faire ce qu’il veut”.

De seize à sept axes pour l’office

“J’avais proposé seize axes forts, Renaud Muselier n’en a retenu que sept mais ce sont les plus importants”, complète le Niçois qui sera là présent dans l’hémicycle, ce jeudi. Ces propositions que le futur président veut “concrètes et durables” constituent une liste un peu disparate où la protection animale croise le covoiturage et les menus végétariens dans les cantines. On y trouve également des mesures de fond comme l’évaluation indépendante de l’empreinte carbone, le développement des énergies renouvelables ou de la rénovation thermique des bâtiments. Aucune de ces mesures n’est chiffrée.

“L’idée est de les développer tout au long du mandat, défend le futur président bénévole. Il est clair qu’on ne peut pas proposer des menus végétariens dans tous les lycées dès la première année. Même chose pour le développement des refuges animaliers. Mais je veillerai avec l’ensemble des services à la mise en œuvre de ces mesures”. Jean-Marc Governatori imagine donc être présent “chaque semaine à la région” où il aura un bureau sans pour autant être directement intégré ni aux services, ni à la majorité. “Mais comme un organisme indépendant qui intervient en tant que conseil sur ces questions”, détaille l’intéressé.

Il ne veut en aucun cas être comparé au comité représentatif du rassemblement écologique et social, véhicule institué lors de la même séance et qui permettra à la liste de Jean-Laurent Félizia d’être représentée et de proposer délibérations et motions, sans avoir d’élus. “Il s’agit d’un outil politique, pour ma part, c’est purement concret, au service des gens”, insiste Jean-Marc Governatori.

“Entre le machin et le comité Théodule”

Sans personnalité morale propre ni budget, l’office se veut une forme souple par laquelle Governatori pourra aiguillonner la majorité Muselier. C’est la Vauclusienne Jacqueline Bouyac, vice-présidente au renouveau démocratique qui est présentée comme l’interlocutrice des deux nouveaux appendices du conseil régional.

C’est entre le machin et le comité Théodule, tacle Franck Allisio, élu RN. Il faut bien remercier les ralliés et le président Muselier a décidé de multiplier les CESER, vous savez ce comité économique, social et environnemental qui déjà ne sert à rien. Eh bien maintenant, nous en aurons deux pour le prix d’un. Tout cela avec des non-élus et avec l’argent de nos concitoyens. C’est l’enjambement de la démocratie”.

En 2015 déjà, Marsactu révélait que le même candidat écologiste indépendant avait obtenu la création d’un institut du même genre du candidat LR, Christian Estrosi. Il avait décroché à l’époque la promesse d’un budget de cinq millions par an, atteignant 30 millions en fin de mandat. La promesse d’entre deux-tours était restée lettre morte. “Là, au moins, vous pouvez dire que Renaud Muselier est un homme politique qui tient sa parole”, balaie Jean-Marc Governatori. Voilà un compliment qui ira droit au cœur de Christian Estrosi.

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Commentaires

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  1. barbapapa barbapapa

    Bizarre, comme une petite envie de vomir matinale

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  2. Pascal L Pascal L

    C’est payé ou c’est du bénévolat ?

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    • Benoît Gilles Benoît Gilles

      Bonjour, il s’agit de bénévolat, comme précisé au premier paragraphe de l’article.

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  3. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Le fric promis à Karine Le Marchand étant redevenu disponible, on peut servir un autre copain.

    Par ailleurs, même si le Conseil régional n’est composé que de deux tendances politiques, la droite et l’extrême-droite, je forme le voeux que Marsactu ne relaie pas trop la parole d’élus du RN, surtout quand ils disent des bêtises. Il faut n’avoir rien compris à rien pour affirmer que le CESER “ne sert à rien”. L’air du temps offre déjà suffisamment de visibilité aux idées nauséabondes de ce bord politique pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en rajouter.

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  4. Brallaisse Brallaisse

    Governatori, à la soupe !
    Pour le repassage du petit linge de Renaud , c’est le mardi.
    Pour le ménage , le mercredi matin.
    Messieurs vous pataugez dans le fumier.

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  5. Patafanari Patafanari

    Govertonari , veste verte toque blanche, faiblement protégé par une paroi en plexiglas jette un regard inquiet vers son nouveau patron qui, dégageant sa fesse droite lui promet que son nouvel emploi ne sera pas que du vent.

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    • jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

      Que la photo est bonne…!

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  6. jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

    Il démissionnera plus tard comme Hulot ???

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  7. petitvelo petitvelo

    M Governatori semble entamer une carrière politique centriste classique avec changement de parti et/ou d’alliance tous les deux ans et peu de concret au bilan. Un peu comme M Bennahmias ou M Lambert

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