Amine Kessaci : “Chacun sa façon de faire son deuil, moi, ça passe par l’engagement”
Militant écologiste et figure de la lutte contre le narcotrafic à Marseille, Amine Kessaci, 22 ans, s’engage avec le Printemps marseillais. Une candidature pour chercher à apporter des réponses dans le combat contre l’emprise qu’exercent les réseaux de trafic de stupéfiants dans la ville.
Amine Kessaci, le 10 février 2026, à Marseille. (Photo Emilio Guzman)
Mi-novembre 2025, mi-février 2026 : trois mois. Si peu, sur le papier d’un calendrier ; une révolution dans la vie d’Amine Kessaci. À 22 ans, le jeune Marseillais, militant écolo local et figure de la lutte contre le narcotrafic, a perdu, après son frère aîné Brahim en 2020, son jeune frère, Mehdi, dans un assassinat qui le visait, lui, le 13 novembre dernier. Cet homicide et son contexte ont provoqué une onde de choc sans précédent dans la ville. Quelque 4 000 personnes ont entouré le militant et sa famille lors d’une marche blanche organisée sur les lieux de la mort de Mehdi. Dont de nombreux représentants politiques, locaux comme nationaux, à commencer par le maire divers gauche de Marseille, Benoît Payan.
Engagé de longue date dans l’action associative et deux fois candidat à des élections — européennes en 2024 et législatives la même année —, Amine Kessaci, dragué par la gauche comme la droite, entre, cette fois, dans l’arène du combat municipal. En ralliant les listes du Printemps marseillais — "J’ai toujours milité à gauche", dit-il —, le jeune homme pose son combat à une intersection entre la lutte contre l’emprise qu’exercent les réseaux de trafiquants sur les habitants des quartiers, notamment populaires, de Marseille et le rejet du Rassemblement national qui peut emporter la ville.
Le rendez-vous est donné au quartier général de la campagne du Printemps marseillais. Dans son pull bleu marine, volubile et posé, le colistier de Benoît Payan fait montre d’une maturité étonnante. Il laisse place parfois au silence et déchire en tout petits morceaux le papier d’emballage d’un Carambar, le temps de réfléchir à une réponse.
Il a contribué à développer, pour le Printemps marseillais, une série de mesures pour traiter le sujet à 360 degrés. Une feuille de route à travers laquelle il déroule ses idées. Des vœux pas toujours atteignables, mais aussi des ambitions très concrètes, qu’il veut mettre en place d’abord dans sa ville de naissance. Le tout construit un discours qui, sous les phrases bien troussées, est avant tout très politique.
Comment vous sentez-vous ? Sachant qu'une campagne, c'est difficile, vous l'avez vu, vous l'avez senti. Cette entrée en lice n'est-elle pas une fuite en avant, une manière de vous occuper la tête ?
(Il réfléchit et sourit) J'aime beaucoup la façon dont vous posez les questions. Comment je vais ? ll y a plusieurs réponses qui se battent les unes avec les autres. Amine, comment il va ? Peut-être que cela peut vous intéresser, mais je ne pense pas que ce soit sur ça que l’on m'attend.
Christiane Taubira l’a très bien dit lorsqu'elle envisageait de se présenter à la présidentielle. Elle parlait du décès de sa maman et une jeune fille lui a posé la question : est-ce que tu es triste ? Elle disait qu'elle était très triste, mais qu’il fallait aussi parfois accepter d'être malheureux. Et ça, c'est un truc qui fait partie de mon état d'esprit en ce moment : j'accepte d'être malheureux. J'accepte de vivre avec cette peine.
Est-ce que cette campagne, ce n’est pas aussi un moyen de s'occuper... Il y a beaucoup de vérité, mais ce n'est pas la raison pour laquelle je m'engage. En tout cas, c'est vrai que la nuit, chez moi, seul, quand je ne suis plus ici… les choses sont beaucoup plus compliquées. Je me retrouve face à moi-même. C’est compliqué, mais c'est une émotion interne.
Vous sentez-vous prêt à affronter un nouveau combat électoral ?
Oui, je me sens prêt. Parce que ça fait un moment que je suis en politique, j'ai déjà mené plusieurs campagnes. Notamment une où j'étais tête d'affiche aux législatives [en 2024]. On avait déjà tenté de m'attaquer, avec des choses pas très sympas et pas très saines. À chaque fois, j'ai essayé de toujours me tenir très loin de ça.
Vous avez quand même répondu aux déclarations de Renaud Muselier laissant entendre que vous souffrez du syndrome de Stockholm à l’égard de Benoît Payan…
Oui. Cette sortie, faite très violemment, nécessitait une réponse. La personne qui m'a attaqué prône quelque chose de compliqué à suivre : il a . . .
Très belle interview : de bonnes questions, des réponses posées et réfléchies, un excellent compte rendu. Merci !
Nous avons besoin de lire et entendre des gens engagés et posés comme Amine Kessaci. Il relève le niveau !
Ne pas en faire pour autant une figure providentielle, il est unique, il est important, essentiel même, mais il y a d’autres personnes engagées et posées qui pensent et agissent. Si on pouvait les voir et les entendre plus souvent ! Ils donnent comme Amine de l’espoir, et redonnent son sens à la politique.
Merci mille fois.
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Et aussi, des politiques qui arrivent à articuler une discussion intelligente et sensée, sans langue de bois… et qui ont, aussi, les moyens nécessaires pour se faire entendre.
Donc je rejoins tout le monde pour remercier Marsactu pour cette super interview ! 😉
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Idem
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Exactement
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Merci 🙂
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Merci Amine pour ton humilité et ta sincérité. On a besoin de gens qui parlent vrai. J’espère qu’un jour tu arriveras à tes fins, même si je sais que le travail qui t’attend est immense.
Merci aussi au journaliste de Marsactu pour cette excellent interview
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Merci à Coralie Bonnefoy et Clara Martot-Bacry pour la qualité de leur écoute, la délicatesse et la pertinence de leurs questions ….
Et merci et bravo Amine K pour la maturité de votre engagement
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Merci Amine pour ton courage et ta détermination.
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Marsactu quand vous l’interrogez sur la division de la gauche à ce 1er tour de l’élection, et qu’il indique espérer que LFI n’empêche pas la victoire du RN a
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Marsactu quand vous l’interrogez sur la division de la gauche à ce 1er tour de l’élection, et qu’il indique espérer que LFI n’empêche pas la victoire du RN au 2nd tour, il aurait été intègre et honnête de rétorquer que pour l’instant seul LFI appelle à l’union au 2nd tour, derrière la liste arrivée 1ère, alors que Payan refuse encore… A qui la faute donc ?
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@ kukulkan
La question précise aurait donc été : « comment répondre à un candidat qui prône l’union au 2e tour tout en proclamant que Benoît Payan ne sera pas maire de Marseille »? Gageons que M. Kessaci aurait été bien embarrassé, comme beaucoup d’entre nous qui avons des amis des deux côtés…
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