"Allez-y ! Surtout quand on vous dit que le secteur est condamné"

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le 14 Fév 2014
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Jean-Clément Texier est aujourd'hui président en France du groupe Ringier, un des principaux groupes de médias suisse (1 milliard d'euros de chiffre d'affaires). Il a longtemps été banquier à la BNP-Paribas. Par exemple, il a conseillé Philippe Hersant dans son rachat de La Provence et de Nice Matin au groupe Lagardère en 2007. Il reste toujours aujourd'hui très écouté dans ce secteur. Il n'y a pas un dossier de vente ou de rachat de journaux locaux qui ne passe pas par son bureau. L'EJCAM lui a confié la présidence de son conseil d'administration. Il vient parfois porter la bonne parole aux étudiants.

 L'Ejcam est une des 14 écoles en France reconnues, et s'il y a toujours 500 à 600 étudiants qui la fréquentent, c'est que mes prédécesseurs ont su l'adapter dans un univers en crise.

Par exemple en développant de plus en plus des formations à la communication : "Nous formons seulement 10% de journalistes stricto-sensu". Un peu paradoxal. Mais ce spécialiste de la PQR, il élude les risques de confusion des genres avec des "journalistes" de plus en plus souvent débauchés par des entreprises ou des collectivités locales. En plus de ces entorses à la déontologie qu'ils vont devoir éviter, ces futurs journalistes vont devoir également affronter un marché en pleine crise. Et Jean-Clément Texier croit que cette crise sera bénéfique à la presse locale. Il pense au passage que Tapie a eu raison de se concentrer sur La Provence, plutôt que de s'être lancé dans son projet "d'arc méditerranéen" avec Nice Matin et le Midi Libre comme on lui en prêtait l'intention.

Pour lui, la presse peut encore être un secteur rentable. "Ce sont les petits quotidiens comme la Dépêche ou le Télégramme qui ont le mieux résisté ces dix dernières années". Et il conclut par un conseil d'ex-banquier d'affaires : "On a toujours fait fortune à contre-courant, alors allez-y surtout quand on vous dit que le secteur est condamné".  

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Commentaires

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  1. JL41 JL41

    Quelles sont donc ces limitations mises à la circulation de la parole ? Cette liberté d’expression qui se joue maintenant en grande partie sur l’internet. Il y règne une certaine égalité : pas besoin d’être un auteur reconnu ou d’avoir publié, ce qui suffit à poser un chercheur, même s’il n’est pas lu. Tout le monde a sa chance.
    Deux exemples locaux de peur des internautes :
    1) La Provence où la censure est actuellement telle qu’on se demande si l’on n’est pas en territoire occupé où une guerre se joue ! S’agit-il du territoire des annonceurs, grandes entreprises, institutions publiques et élus des collectivités, dont les intérêts convergents sont que rien ne bouge dans leurs affaires ? A vérifier aussi : peut-être que des journalistes pourraient souffrir de certains commentaires de leurs lecteurs ? La Société des Journalistes de la Provence ne s’est en tout cas pas manifestée pour défendre ses lecteurs internautes.
    2) Ce propos d’éminents intellectuels et élus de Marseille qui, engagés dans la bataille électorale des municipales, appellent à contribuer sur leur blog, mais avec cette mise en garde : « Nous nous réservons un droit de ne pas publier de tribunes offensantes pour nos valeurs humanistes, ou écrites par des adversaires politiques explicites ». Les valeurs humanistes sont certainement adaptables, quant aux « adversaires politiques explicites », l’expression mériterait une citation dans le Canard enchaîné. Il s’agit là « des idées neuves pour Marseille » : http://www.gam2014.fr/gam/
    Habituellement l’information est assez pyramidale. Ceux qui occupent les sommets, « penseurs » ou journalistes, dans un certain travail d’élaboration et de condensation du savoir et de l’information quotidienne, délivrent des messages qui redescendent vers la foule qui les simplifie et se les répète. Par rapport à ce schéma, un certain pluralisme a du bon (heureusement qu’il y a Marsactu et la Provence), mais il est rare que la pyramide soit remise en cause.
    Iconoclaste, Charlie Hebdo s’était montré briseur de consensus. Mediapart, grâce à la place donnée aux lecteurs, auteurs d’articles et commentateurs, a pu générer un travail d’élaboration vers des idées neuves. Un peu comme Libé, précurseur aux premiers temps de l’internet, avec sa version gratuite en ligne. Mais Mediapart ne s’est-il pas refermé un peu sur l’idéologie mélanchonienne et la production intellectuelle de la gauche du PS, qui aura finalement peu servi ? Il manque maintenant du débat et de la production de concepts, plutôt en référence au récent virage de Hollande, qui après 18 mois de pouvoir a vu le principe de réalité lui revenir à la figure. Il faut que le libéralisme économique permette de créer des emplois et qu’il s’oriente également vers une réduction des inégalités de revenus qui, actuellement, laissent le quart de la population en rade.
    Dans ce contexte, les débats de la presse en ligne constituent un vecteur critique et subversif. Les refuser nous prive d’une remise en mouvement de la société. Qui ne va pas sans chahuter le sommet des pyramides du savoir, parfois caution de celles du pouvoir.

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  2. nans nans

    Comme vous le dites vous mêmes, JL41, la SDJ c’est la société des… des… Journalistes ! pas des internautes, pas de maurice le facho planqué derrière son pseudo, pas des sous-fifres envoyés par les élus locaux troller les débats… la liberté d’expression, ce n’est pas tout dire, tout le temps et partout. elle est de fait encadrée par des textes, des lois, et pour tout dire (en ce qui concerne la presse) une morale. je suis heureux que les internautes n’aient pas pris le contrôle des médias. ils ont pour cela FB et twitter… les journaux vous en conviendrez, ce n’est pas un « réseau social ».

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  3. nans nans

    Comme vous le dites vous mêmes, JL41, la SDJ c’est la société des… des… Journalistes ! pas des internautes, pas de maurice le facho planqué derrière son pseudo, pas des sous-fifres envoyés par les élus locaux troller les débats… la liberté d’expression, ce n’est pas tout dire, tout le temps et partout. elle est de fait encadrée par des textes, des lois, et pour tout dire (en ce qui concerne la presse) une morale. je suis heureux que les internautes n’aient pas pris le contrôle des médias. ils ont pour cela FB et twitter… les journaux vous en conviendrez, ce n’est pas un « réseau social ».

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