VŒUX POUR MARSEILLE

Billet de blog
le 26 Jan 2020
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Les élections municipales ont lieu demain

VŒUX POUR MARSEILLE

Les manifestations qui ont mis en mouvement Marseille comme toute la France à propos du projet de réforme des retraites ont retardé le moment de formuler des vœux. Mais on peut encore le faire pendant tout le mois de janvier. Il est ainsi encore temps de formuler ce que l’on souhaite – en l’occurrence, plus précisément, ce que l’on souhaite pour Marseille, à l’issue des élections municipales de mars.

 

Des vœux pour la ville

Peut-être la saison des vœux est-elle, en même temps, l’occasion, en formulant des vœux pour la ville, de donner une pleine signification au fait de l’habiter. Écrire ce que l’on souhaite pour sa ville est une façon particulière de l’habiter, d’y vivre, d’en porter la citoyenneté. J’imagine quatre vœux majeurs pour Marseille. Le premier, le plus évident peut-être, car c’est celui qui répond au manque le plus criant, c’est que la ville redevienne un paysage, que l’on puisse avoir de nouveau envie de se promener dans l’espace de Marseille, que l’on puisse de nouveau, comme ce fut le cas à d’autres moments de l’histoire de la ville, être heureux de déambuler dans les rues de Marseille, que l’on puisse trouver de nouveau du plaisir à s’y perdre. Peut-être est-ce le sens de ce que l’on appelle l’écologie : le fait que la politique menée dans une ville fasse de son espace un véritable paysage. Le second souhait que je formulerai pour Marseille est que la municipalité désignée en mars élabore et mette en œuvre une politique économique réelle pour la ville et pour la métropole, et que cette politique économique ne soit pas engagée seulement pour le futur immédiat, mais qu’elle soit en mesure d’imaginer l’avenir économique de Marseille pour un véritable temps long. Un troisième souhait qui me semble important pour la ville est l’élaboration et l’engagement d’une véritable politique culturelle municipale et métropolitaine. On a le sentiment que la culture a été la grande absente de la politique de la municipalité sortante, et il est temps de proposer à la ville une politique culturelle qui convienne à une ville de 850 000 habitants et à une métropole de plus d’un million. Enfin, un souhait important à formuler pour Marseille est qu’elle retrouve une activité internationale et qu’elle manifeste de nouveau, comme elle l’a fait à d’autres époques de son histoire, une véritable identité méditerranéenne : le MuCEM ne saurait être la seule réponse à cette exigence, mais la municipalité issue des élections de mars doit lui donner une véritable politique.

 

Une utopie municipale

Mais les vœux que l’on formule n’expriment pas seulement notre engagement : ils forment une sorte d’utopie. En exprimant les vœux que l’on adresse à la ville, on donne aussi une consistance à ce que l’on pourrait appeler une ville idéale. Comme toutes les villes, Marseille ne doit pas seulement être un espace réel, mais elle soit être aussi un espace imaginaire. Cette utopie marseillaise, cet espace urbain imaginaire auquel on peut rêver dans le temps des vœux, se fonde avant tout sur l’articulation de la ville et de la mer. Cette articulation est double. D’abord, il s’agit, comme nous l’avons écrit plus haut, de faire retrouver à Marseille sa place dans l’espace de la Méditerranée. Peut-être est-ce un véritable réseau des villes de l’espace méditerranéen qui devrait s’instituer – et, pourquoi pas, à l’initiative de la municipalité élue en mars prochain. Par ailleurs, c’est dans l’aménagement de l’espace urbain que Marseille devrait retrouver la mer, en faisant en sorte que l’espace de la ville rende la Méditerranée lisible dans ses rues et dans ses constructions, dans ses aménagements et dans ses œuvres d’art urbain. L’utopie municipale qui se dit ici est celle de ce que l’on pourrait appeler une cité de la mer, en donnant à la Méditerranée toute sa signification culturelle, toute sa signification politique, mais aussi, sans doute, toute sa signification économique, en particulier en faisant retrouver au port une nouvelle activité, une nouvelle dimension, une nouvelle croissance.

 

Un nouvel horizon pour la municipalité

Mais les vœux de cette année ont une importance particulière, car c’est l’année où sera renouvelé le conseil municipal et où sera désigné un nouveau maire pour la ville. En ce sens, les vœux que l’on présente ici expriment ce qui pourrait être un horizon pour la municipalité issue des urnes en mars. Cet horizon nouveau pour la municipalité doit, d’abord, se fonder sur la démocratie. Marseille doit redevenir un espace urbain démocratique, à la fois parce qu’elle le fut à d’autres époques et qu’elle semble bien ne plus l’être, et parce que la démocratie est l’exigence d’une cité démocratique sans exclusions et sans discriminations. À cet égard, ce sont tous les acteurs du renouvellement qui doivent s’unir dans la construction de ce nouvel horizon : partis, associations, mouvements de citoyens. Mais, pour que Marseille puisse pleinement revivre la démocratie, elle doit retrouver l’exigence de l’égalité, sans laquelle il n’y a pas de citoyenneté véritable. Le retour de l’égalité occupe une place majeure parmi les exigences auxquelles doit répondre la prochaine municipalité. Il s’agit d’une place majeure, mais aussi d’une véritable urgence.

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