Marseille : une ville fracturée, quatre candidatures repliées, une responsabilité historique
Marseille : une ville fracturée, quatre candidatures repliées, une responsabilité historique
Marseille traverse un moment politique décisif. Et le constat est brutal : la ville est fracturée.
Fracturée territorialement, socialement, politiquement. Fracturée aussi par un débat public réduit à l’affrontement de blocs électoraux qui parlent davantage à leur base qu’à l’ensemble des Marseillais.
Aujourd’hui, quatre candidatures structurent l’espace politique municipal :
Martine Vassal,
Benoît Payan,
le Rassemblement National,
et La France Insoumise, avec Sébastien Delogu.
Mais aucune ne semble réellement chercher à rassembler au-delà de son propre socle.
Quatre stratégies, un même réflexe : le repli
À droite, Martine Vassal consolide son électorat traditionnel.
À gauche municipale, Benoît Payan parle prioritairement à sa majorité et à son noyau militant.
La France Insoumise, avec Sébastien Delogu, assume une ligne plus radicale, mobilisant un électorat très politisé et clivant.
Le Rassemblement National travaille méthodiquement la colère et le sentiment d’abandon.
Chacun s’adresse d’abord à son électorat.
Chacun sécurise son bloc.
Chacun parle à « ses » quartiers.
Pendant ce temps, Marseille attend une vision commune.
La pauvreté inquiétante des programmes
Au-delà des postures, un autre phénomène frappe : la faiblesse des projets proposés.
Les programmes tiennent en quelques pages, parfois en une seule.
Des listes de mesures.
Des annonces calibrées.
Des promesses formulées au gré de l’actualité médiatique.
Un fait divers ? On promet un plan sécurité.
Un sujet scolaire ? On annonce une enveloppe exceptionnelle.
Une polémique urbaine ? On improvise une réponse ciblée.
Il ne s’agit plus d’un projet structuré pour la ville.
Il s’agit d’addition de mesures opportunistes destinées à rassurer ou mobiliser un segment électoral précis.
Marseille mérite une vision à 10 ou 15 ans : urbanisme, écoles, gouvernance métropolitaine, attractivité économique, sécurité, transition écologique adaptée au territoire. Cette colonne vertébrale stratégique fait aujourd’hui défaut.
Le piège du clientélisme et de la polarisation
Le pluralisme démocratique est légitime.
Mais le repli stratégique sur des électorats segmentés fragilise la ville.
Quand la priorité devient la consolidation d’un socle électoral — parfois structuré par des logiques de fidélité locale ou d’appartenance idéologique — la ville cesse d’être pensée comme un tout.
On promet à chacun ce qu’il veut entendre.
On évite les compromis.
On durcit les lignes.
Marseille ne peut pas être gouvernée par l’addition de clientèles ou par la surenchère idéologique. Elle a besoin d’une méthode et d’une vision transversale.
Le risque : ouvrir un boulevard au RN
Dans ce contexte fragmenté, un scénario devient possible : l’accession du Rassemblement National à la tête de la ville.
Non par conviction majoritaire.
Mais par lassitude.
Par vote de rupture.
Par rejet des querelles permanentes.
Lorsque les forces républicaines s’annulent mutuellement et que le débat se vide de sa substance programmatique, les extrêmes progressent.
Si demain le RN l’emporte, ce ne sera pas un accident. Ce sera la conséquence politique des divisions actuelles.
Marseille Vision : une tentative de dépassement
Depuis plusieurs mois, le club Marseille Vision a tenté d’insuffler une dynamique différente.
Une approche politiquement centrée.
Une méthode basée sur la compétence.
Une élaboration sérieuse d’un projet structurant pour la ville.
Nous avons proposé un travail transversal, dépassant les appareils et les réflexes partisans.
Nous avons défendu l’idée d’un rassemblement des forces républicaines autour d’un projet long terme, cohérent et crédible.
Force est de constater que cette démarche n’a suscité aucun intérêt de la part des quatre candidatures en présence. Chacun préfère rester dans sa logique interne, ses équilibres, sa tambouille politique.
Nous ne serons donc pas présents dans cette configuration électorale.
Non par renoncement.
Mais parce que Marseille mérite mieux qu’un affrontement de blocs.
L’heure de la responsabilité
Marseille ne peut plus être gouvernée par le calcul électoral.
Elle doit être portée par une vision.
La ville est à la croisée des chemins.
Continuer dans la fragmentation.
Ou reconstruire un projet commun.
L’histoire jugera la légèreté avec laquelle ces 4 candidats auront préféré la tactique au courage du rassemblement.
Et la responsabilité, aujourd’hui, est immense.
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