Une tribune de Philippe Langevin

« Marseille n’existe plus »

Tribune
le 29 Mar 2019
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Spécialiste des questions de pauvreté, l'économiste Philippe Langevin interroge les inégalités de la ville. Pour lui, les écarts sont tels qu'ils interrogent l'existence même de la ville comme entité, souvent présentée comme une et indivisible.

On peut établir des tableaux et des moyennes, faire de belles cartes et des photos magnifiques, présenter Marseille comme une ville cosmopolite où se croisent toutes les cultures du monde, la réalité est moins favorable. En fait le niveau des inégalités de toute nature qui caractérisent une cité plus célèbre par ses règlements de compte que connue par son potentiel scientifique interroge sur sa réalité même.

En termes de revenus médian, les 16 arrondissements opposent les parties riches (7e, 9e, 12e) ou même très riches (8e) aux espaces les plus pauvres ( 1e, 2e, 14e, 15e) ou même très pauvres (3°). Les habitants des 1e, 2e, 3e, 14e et 15e du premier décile (les 10% les plus pauvres) ont un revenu déclaré égal à 0. Ils ne vivent que des transferts sociaux. Mais 4 000 ménages sont imposés sur la fortune.

Tombé du camion

Celle des quatre premiers Marseillais les plus riches est équivalente au budget de la ville. Le taux de pauvreté varie de 11,5% dans le 8e à 51,2% dans le 3e. Au-delà des questions de revenus, les déséquilibres entre différentes parties de la cité s’expriment sur d’autres réalités. Les logements sociaux sont concentrés dans les quartiers nord. L’habitat dégradé et insalubre est celui du centre-ville. Les commerces de détail disparaissent au cœur des quartiers que l’on dit sensibles. Les services publics s’éloignent doucement des habitants qui en ont le plus besoin.

On ne compte plus les fermetures des bureaux de poste ou de cabinets médicaux. L’école maternelle et primaire reste le dernier rempart de la République dans le centre et le nord de la ville. D’un côté, la rareté de l’emploi génère une économie de bazar entre petits boulots, « tombé du camion », travail au noir et trafic de drogue. De l’autre, des ingénieurs qualifiés et des entrepreneurs de talent, qui ne fréquentent pas le marché aux puces, construisent le Marseille de la compétitivité. L’accès au logement social est très difficile. Non seulement l’offre est très insuffisante (le délai moyen d’attente est de 8 ans !), mais elle est très inégalement répartie sur le territoire Marseillais. Le taux de logements sociaux est de 3,4% dans le 6° arrondissement et de 38,1% dans le 15e. Se développe dès lors, notamment au centre ville un logement social de fait, souvent insalubre et toujours onéreux, dont les évènements récents ont montré la dangerosité.

Des écarts de conditions de vie de 1 à 50

Ces déséquilibres deviennent invraisemblables au niveau des 111 quartiers qui composent Marseille. L’information statistique fait défaut. Mais quelques travaux universitaires démontrent que les écarts de conditions de vie sont de 1 à 50 !

Pour leurs habitants, les Hauts de Périer ou le Roucas-Blanc ne semblent pas appartenir à la même ville que la Belle de Mai ou Saint- Joseph. Les villas de la Corniche n’ont rien à envier à celles de la Côte d’Azur, les grands ensembles de la Castellane ou de la Savine rappellent les conditions de vie d’un autre âge. Ces territoires ne communiquent pas. Les classes favorisées font sécession. Elles se renferment dans des résidences de luxe de Saint-Giniez ou de Sainte-Anne, fréquentent les mêmes lieux, partagent les mêmes valeurs, ignorent le reste de la ville. Un grand nombre de cadres qui travaillent à Marseille habitent dans les villages tranquilles du pays d’Aix ou de la Côte Bleue. Ils ne vont jamais à la rencontre du Marseille paupérisé dont ils ne soupçonnent même pas la grande détresse.

D’un autre côté, les classes populaires s’organisent comme elles le peuvent sans même imaginer comment on vit dans les quartiers chics qu’elles ne fréquentent pas. Le mythe de la rencontre de tous au stade vélodrome ne résiste pas à l’analyse. Chaque tribune a sa propre clientèle. La référence à une ville d’accueil de population en danger, bienveillante et solidaire, est un mensonge effronté. Demandez aux Roms ou aux migrants ce qu’ils en pensent.

Marseille va mieux que les Marseillais

Pour autant, si Marseille va mieux que les Marseillais, c’est par les grandes opérations d’urbanisme qui ont profondément bouleversé certaines parties de la ville, toujours les mêmes d’ailleurs. Les équipements du front de mer, Euroméditerranée, le MUCEM, les tours CMA-CGM et la Marseillaise sont évidemment de qualité. Mais les emplois créés ou hébergés ne sont pas accessibles aux demandeurs de ces quartiers qui n’ont ni la qualification ni la mobilité pour pouvoir y prétendre. Les programmes de logements neufs ne leur sont pas destinés. Se côtoient alors le talent et la richesse avec le chômage et la précarité à quelques mètres des uns des autres. Il n’y a plus d’effets d’entrainement des quartiers favorisés sur les autres. Marseille est une ville archipel ou des îlots de réussites se déploient dans des milieux de précarité et des ilots de précarité dans des îlots de réussite.

En matière économique, l’innovation est souvent présentée comme la réponse aux défis de notre temps. Mais elle est généralement assimilée au redéploiement du numérique, au développement des starts-up et à l’intégration des entreprises dans des réseaux de performances par toute sorte de systèmes informatiques. Si on observe le succès des espaces de co-working, des makers et des fabs labs (il faut parler anglais pour se faire comprendre), notamment dans le centre-ville, leur impact sur le marché du travail est insignifiant. Le numérique ne construit pas une société intégrative.

La smart city n’aime pas les pauvres

Ces jeunes ingénieurs de talent ne sont pas des entrepreneurs. Non seulement la majorité des starts-up ne franchissent pas le cap de leur première année, mais peu d’entre elles grandissent. Les pôles de compétitivité écartent par définition les actifs qui ne le sont pas. Ce sont les plus nombreux. La smart city n’aime pas les pauvres. Et le sous-emploi perdure. Entre 2010 et 2015, l’emploi au lieu de travail n’a pas augmenté. Son taux de croissance annuel moyen est de 0%. Le taux de chômage au sens du recensement des 15-64 ans est de 18,5%, le taux d’activité de 66,9%, un des plus faibles des grandes villes françaises. Le taux de pauvreté est de 26,5% ; et bien plus élevé si on prend en compte les ménages légèrement au dessus de ce seuil. La pauvreté invisible est bien plus forte que la pauvreté visible. La question posée est celle du destin des non compétitifs. L’immense potentiel de recherche des grands établissements publics et de l’université, ne bénéficie en rien aux habitants de la ville. La recherche est hors sol.

C’est sans doute pourquoi la politique de la ville et davantage encore celle de la rénovation urbaine n’ont pas réussi, malgré des investissements considérables, à renverser durablement la situation sociale des habitants de quartiers qui restent enfermés dans la précarité. Certes, la politique de la ville a permis au secteur associatif de conduire des actions intéressantes en matière de culture, d’activités sportives, de sécurité ou d’accompagnement à l’emploi sur les périmètres invraisemblables définis par la loi Lamy au sein de taches urbaines qui n’ont pas beaucoup de sens. La rénovation urbaine a mobilisé plus d’un milliard d’euros, des aménageurs et des architectes « pour reconquérir les quartiers à la ville ». Ces actions, importantes et souvent conduites depuis longtemps, ne sont pas secondaires. Les 17 opérations de rénovation urbaine ont modelé des quartiers de misère par des démolitions et de construction de logements sociaux, l’amélioration de l’offre de services, la modernisation de la voirie, l’insertion d’une jeunesse désorientée sans pour autant pouvoir ressouder le Marseille d’en haut avec le Marseille d’en bas.

Ville coloniale sans colonie

Il faut alors se rendre à une évidence. Marseille n’existe plus. Ville ouvrière sans ouvriers, ville coloniale sans colonie, ville portuaire alors que l’essentiel du trafic lui échappe au bénéfice de Fos-sur-mer, sans projet collectif à même de la reconstruire, Marseille est devenue un ensemble de quartiers qui ne se connaissent pas, d’habitants qui ne se fréquentent pas, d’ingénieurs venus d’ailleurs et d’aménageurs du territoire et déménageurs de leurs populations.

Les tableaux de l’INSEE ne font qu’additionner des situations qui ne sont pas comparables sur des totaux arithmétiques sans réalité sociale. Quand les écarts-type des indicateurs de développement sont au niveau de ceux calculés ici, les moyennes n’ont plus aucune signification. Les livres de photos sur Marseille sont bien plus nombreux que les analyses économiques ou sociales. La réalité de la ville n’est pas celle de son image.

Tout n’est pas de la faute de Marseille dans une société d’individus dont l’aspiration au bonheur individuel ignore superbement le sens des engagements collectifs. Mais dans cette ville du verbe où on ne se parle pas, la valorisation des succès ne devrait pas occulter l’augmentation de la misère. Car la situation ne s’améliore pas. Le taux de pauvreté continue son irrésistible progression dans l’indifférence générale. Si finalement, la situation de la ville n’est pas celle de beaucoup de capitales africaines, ce n’est pas l’augmentation du nombre de croisiéristes ou de petites entreprises innovantes qui l’explique. C’est le résultat de l’implication d’une société civile qui ne se retrouve plus dans une classe politique usée jusqu’à la corde incapable de se renouveler. Le secteur associatif reste puissant, malgré le retrait général des aides publiques. Dans tous les champs de la vie sociale, et notamment dans le combat contre la pauvreté, les associations apportent leur accompagnement et leur regard. Les entreprises participent activement à la reconstruction de la ville. Les Eglises y ont aussi toute leur part.

On aurait aimé croire que la mise en place laborieuse de la métropole d’Aix-Marseille-Provence, en restituant la ville par rapport aux autres villes qui l’entourent autour d’un projet commun, participe activement à sa reconstruction. Pour l’instant, il n’en a rien été. Bien au contraire, la plupart des 91 maires concernés et notamment ceux d’Aix-en-Provence, Aubagne et Martigues ne cessent de s’opposer à toute forme de partage et relèguent encore davantage Marseille, déclarée responsable de tous les maux de la terre, à leur périphérie. C’est un comble.

En conclusion, Marseille n’existe plus comme entité visible et lisible pour affronter les défis de notre temps. De plus en plus segmentée, morcelée, précarisée, la ville navigue à vue sans parvenir à rebondir. Cet ensemble de quartiers ne fait pas une ville. Les marseillais seront le ciment de sa reconstruction s’ils arrivent à donner un contenu à la solidarité et un sens à la fraternité.

Philippe Langevin est le président de l’association régionale pour le développement local. Ancien universitaire, il est aussi l’auteur d’un rapport sur la pauvreté à Marseille pour le secrétariat social de Marseille, centre de réflexion chrétien.

Commentaires

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  1. David David

    Article terrible, on aimerait dire « mais non », trouver des arguments, mais rien ne résiste à cette analyse.

    Conclusion ? C’est le chômage, l’absence de perspectives, qui créent la pauvreté et la précarité. Il faut, de mon point de vue, se diriger vers une redéfinition du travail, autre que celle adoptée par la bourgeoisie et imposée à tout le monde depuis 250 ans. Lire et relire Bernard Friot, qui l’explique très bien : le problème n’est pas qu’il n’y a pas assez de travail, mais plutôt que sa définition même est à revoir. Ça n’est qu’à cette condition, que le ciment social pourra être reconstruit. L’auteur, qui vient du milieu associatif, parle de « solidarité » mais il faut re questionner ce mot, d’origine bourgeoise lui aussi : ça n’est pas de solidarité dont nous avons besoin, mais d’émancipation.

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  2. Opiniatre Opiniatre

    Inplacable mais indiscutable. Les anglophones ont bien des raisons d’écrire Marseilles avec un S. Confronté à un système municipal moribond et sans projet autre que de se succéder à lui-même, Marseille ne peut attendre son renouveau de la Métropole, mais se remettre en mouvement pour en mériter sa place centrale. Au-delà d’un programme hélas facile à imaginer – transports, écoles, logement -, il y a un nouveau récit collectif à imaginer, et une manière de faire ensemble, inclure les habitants dans la gestion de la ville en évitant de juste activer les corporatismes. Il y a du boulot, ce qui est assez excitant.

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  3. Palissade Palissade

    Article terrible effectivement. Un revenu universel semble indispensable, comme il y a une gratuité des soins (ou presque), des allocations familiales, des congés-payés ou des retraites (pour ce qu’il en reste ..) . Mais les riches (sic) ne veulent plus payer .. C’&est cuit.

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  4. Brallaisse Brallaisse

    Article bien construit et résumant le constat marseillais.
    Simplement Ph. LANGEVIN met les pieds dans le plat et renverse le mythe marseillais.
    Cette ville est éclatée en communautés qui cohabitent dans le meilleur des cas , avec des ghettos de riches et de pauvres, une classe politique dont il n’existe plus de termes pour la qualifier. Ville capitale de rien sinon de la pauvreté et des inégalités. Le « marseillais » du « triangle d’or  » qu’a t-il en commun avec le « marseillais » de la Castellane ?: Nada, Niente. Ils s’ignorent.
    Ville sous-équipée et en retard sur tout : transports, équipements, écoles, etc.
    Marseille terre d’accueil ( Cf: la « Halle Puget » ces derniers jours), du multicuturel , du vivre ensemble , foutaise que tout ceci. Tout sonne faux face à la réalité des faits.
    Marseille est belle , mais de loin quand vous arrivez par la mer ou par avion. Sur place la réalité est toute autre. Des pans entiers de la Cité abandonnés volontairement par le politique.
    A tel point que , comme le souligne Ph LANGEVIN, nos voisins ne veulent nous voir qu’en peinture et pas en nature. Ont-ils vraiment torts ?.
    Ont-ils vraiment tort face aux concours de tirs à la Kala, aux traffics de droque , à la saleté, au laisser aller et au je m' »en foutisme » général.
    Alors vous pouvez me rétorquer , que fichez vous encore ici ?
    Réponse , malheureusement l’on ne fait pas toujours ce que l’on veut dans la vie.
    C’est la vie et cela est dommage.

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  5. Electeur du 8e Electeur du 8e

    En 1995, Jacques Chirac dénonçait la « fracture sociale ». En 1995, Marseille élisait un maire qui, lors d’une de ses campagnes électorales, se vantait d’avoir « le courage de régler les vrais problèmes ».

    Un quart de siècle plus tard, ce n’est plus une fracture, mais une béance. Bravo à tous pour la lucidité des discours…

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  6. François Costé François Costé

    Marseille isolée dans ses frontières communales a réalisé le métro (que serait ce territoire sans métro ?). Marseille dans l’intercommunalité a subi le dictat des maires des autres communes. MPM (et la métropole après elle) est un communauté d’aubaine qui redistribue l’argent commun aux villes. En 2018, 40% des investissements de la métropole ont été réalisés à … Aix en Provence et les aixois ne le savent pas.

    L’histoire de Marseille bégaie depuis qu’elle était une colonie ?

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  7. skan skan

    Article intéressant mais les statistiques ne disent pas tout, sans connaître le terrain cela donne parfois des raccourcis gênants…Je vis à sainte Anne, certes un quartier favorisé mais qui ne se résume pas à des riches parqués dans des résidences! Il y reste encore des classes populaires, et même dans cette zone les cités (la soude, la cravache) sont proches et rappellent qu’effectivement, marseille est inégale. Et tant qu’on est dans les raccourcis, le discours qui culpabilise les « riches » déconnectés de leur ville est certes dans la veine populiste à la mode, mais manque cruellement de discernement. Non non, on peut bien gagner sa vie et connaître ce qu’est la précarité, voire tenter d’aider son prochain sans condescendance. À bon entendeur…

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  8. Brallaisse Brallaisse

    Cher SKAN , un petit commentaire avec le sourire. Vous avez une phrase remarquée dans votre propos concernant St Anne : »Il y reste encore des classes populaires ».
    Effectivement dans les quartiers favorisés, c’est une espèce en voie de disparition, vous avez tout à fait raison.

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    • skan skan

      Cher Antoine, content de constater que vous êtes d’accord avec vous même. En ce qui me concerne je ne peux parler d’espèce en voie de disparition je suis voyez vous un de ces ingénieurs nouvellement marseillais décrits dans l’article, je me contente de décrire ce que je vois depuis 3 ans. Le PLUi actuel prévoit effectivement des nouvelles constructions qui ne vont pas favoriser la mixité sociale, donc vous avez probablement raison sur l’évolution.

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  9. Zumbi Zumbi

    Un commentateur écrit : « Marseille terre d’accueil , du multicuturel , du vivre ensemble , foutaise que tout ceci. Tout sonne faux face à la réalité des faits. »
    C’est totalement faux : Marseille est aussi tout cela, mais c’est MALGRÉ et souvent CONTRE les gens qui la gouvernent et la pillent. La fédération d’énergies qui a suivi la catastrophe de la rue d’Aubagne le montre bien. La phrase finale de l’article de Philippe Langevin pointe très exactement cela ; un chemin clair mais où plus grand-monde n’ose s’aventurer à force de déceptions face aux trahisons multipliées de nos « élites », comment maintenant arriver à une construire une capacité de proposition quand l’énergie sociale est si absorbée par des luttes plus ou moins désespérées ?

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  10. ALIBI ALIBI

    Moi, j’aime cet article. Je m’y retrouve. Classe moyenne supérieure, ayant travaillé 20 ans dans l’intervention sociale, installée depuis 1996 dans les quartiers Nord (L’Estaque 96/97 puis La Calade 97/2016, puis La Cabucelle 2016) : j’observe et je participe à la vie dans ces quartiers relégués (transports en commun le soir : nada).
    Fermeture de la piscine Nord, centres sociaux moribonds, associations qui végètent, cité Campagne Lévêque pour ne citer que cette grande dame rose toute concentrée à la vente de produits stupéfiants 24h/24h (tout le monde mange, n’est-ce pas la police, n’est-ce pas les politiques, n’est-ce pas les associations), pauvreté de plus en plus évidente et cruelle, abandon des gitans des cités Ruisseau Mirabeau, marché aux Puces faisant fonction de plate-forme générale du travail non déclaré avec son lieu d’hébergement attitré qui s’appelle l’UHU la Madrague (personne n’ose dire à quel point les structures d’hébergement sont du pain béni pour les exploiteurs de tous poils – prostitution, chantiers BTP), des femmes enfermées dans des voiles gris-marron-violet qui me désespèrent et m’humilient à la fois (eh oui je suis une femme), des écoles privées qui viennent prendre des espaces abandonnés par l’Etat, … une politique de la ville que j’ai vu de près pour l’avoir pratiquée : qu’avons-nous produit qui reste ? Avons-nous vraiment voulu partager et comprendre, faire adhérer, mixer, métisser… J’en doute.
    Alors oui, quand je vais parfois marcher sur la Corniche pour admirer la rade, je me dis qu’il y a comme un léger décalage !
    Mais elle est belle cette ville, dommage que trop de prédateurs la rapacent, la pillent et la violentent. Des gens sans ambition, sans idée, sans conviction.

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