Marilyn a tout pris…

Idées de sortie
le 6 Jan 2017
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Marilyn a pris toute la place, toutes les places, des calendriers aux fantasmes, des casernes aux écrans d’Hollywood, en passant par les produits dérivés… Or, c’est la Marilyn muse des photographes qui continue à hanter le monde avec les mille visages qu’ils ont su capter d’elle. Mais elle, quels liens a-t-elle tissé avec eux ? Réponse en images au Centre d’Art Caumont à travers une tendre exposition.

En prenant pour sujet Marilyn et les photographes, l’association Culturespaces, gestionnaire du Centre d’Art Caumont, a conjointement élargi son public et le propos autour de la plus grande icône photographique du XXe siècle.

Les commissaires de l’exposition, Sylvie Lecallier (spécialiste de la photo de mode) et Olivier Lorquin (qui a connu Bert Stern, le photographe de la dernière séance, faite un mois avant la disparition de la comédienne), mettent l’accent sur une Marilyn actrice de la création de son personnage mythique.

La scénographie assez exceptionnelle d’Hubert Le Gall fait cohabiter grands écrans de cinéma et multiples supports inédits de présentation des photos de la star, à l’instar de ce papier peint pin-up totalement craquant ou de cet objectif d’appareil photo géant, dévoilant, entre légèreté et approfondissement, comment Norma Jean Baker, jeune fille brune assez naïve mais à la force de caractère hors du commun, est devenue la machine à fantasmes hollywoodienne que l’on connaît.

Le légendaire I Wanna Be Loved By You du film Certains l’aiment chaud nous cueille à l’entrée de l’exposition et imprègne dans nos yeux le glamour Monroe. Des photos iconiques, documentaires ou familiales, beaucoup de chansons, mais aussi des vidéos inédites mettent en parallèle l’histoire privée et cinématographique de la star avec l’histoire culturelle et politique des Etats-Unis. Ce qui redonne à cette femme un rôle majeur, loin de l’image restrictive de blonde sulfureuse, capricieuse et dépressive dans laquelle on la cantonne encore depuis son décès.

Alors que l’on pense tout connaître de cette beauté fatale, l’esprit ludique et mutin de cette exposition nous fraye un passage au cœur du charme Monroe et du mystère Marilyn. Un environnement lumineux, des teintes éclatantes, rouges, orange, viennent ponctuer les dominantes de noir et blanc propres au medium photographique, tout comme à la personnalité même de Marilyn. Que la salle consacrée à cette dernière séance avec Stern est émouvante… Des tirages photos qui se font face, exposant la sex symbol totalement abandonnée au regard du photographe, démunie face à un destin qui lui échappe, une vie qui bientôt la quittera. Fin tragique que ces images semblent déjà augurer, comme en témoignent ces grandes croix orange barrant les photos refusées qu’elle a apposées de sa main, comme des spectres prémonitoires.

Artiste designer qui avait exposé au Château Borély en 2015, Hubert Le Gall a rencontré plus de difficultés à traiter ce sujet populaire que celui des Collections du Prince de Liechtenstein : « Ici, chacun peut avoir son avis, il ne faut pas vulgariser le sujet, pas être non plus trop en retrait, car un accrochage basique donnerait l’impression de voir toujours la même chose. Donc il faut scander, travailler le passage d’un sujet à un autre, et les rythmes. La dernière salle a été l’une des plus difficiles à imaginer. Nous avons opté pour trois façons mythiques d’aborder Marilyn et de l’emporter avec soi en sortant de l’expo. Il fallait trois images fortes, et je pense que mon miroir avec ses six écrans y trouve sa place, car il fait le contrepoint aux deux autres points de vue : le Warhol avec sa photo, et le film. Ainsi se répondent le côté mythique du film, celui dans l’art, c’est-à-dire l’appropriation que font les autres de son image, et celui de la mémoire individuelle où chacun perçoit Marilyn à sa façon. Marilyn était insolente de beauté, mais aussi de liberté, et elle a incarné son époque comme Brigitte Bardot l’a fait en son temps. C’est en cela qu’elle est éternelle. »

Marie Anezin

Marilyn, I wanna be loved by you : jusqu’au 1/05/2017 au Centre d’Art Caumont (3 rue Joseph Cabassol, Aix-en-Provence). Rens. : www.caumont-centredart.com

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