Le parti socialiste peut il se relever ?

Billet de blog
SALLES Sébastien
11 Juil 2017 0

La chute est sévère mais attendue. L’absence de chef, d’idées, l’usure du pouvoir ont achevé un parti qui n’était déjà plus qu’un fantôme aux membres désarticulés. La fédération PS des Bouches du Rhône en est un exemple glaçant. Tout n’y est plus que froid silence étouffé par la torpeur de l’été.

La chute du parti socialiste est une manifestation concrète de la fin des idéologies.

Le parti socialiste était devenu un parti d’élus. Cela signifie que les idées n’avaient plus la priorité. Non, la priorité était de faire réélire les élus. Les militants étaient simplement utilisés comme rabatteurs de troupes, colleurs d’affiches et  piliers de bureau de vote.

Il était convenu que ce rôle ingrat était nécessaire pour la victoire de la gauche, du socialisme ;  mots usés, en perte de sens, qui restent puissants dans l’imaginaire, mais ils sentent la naphtaline. La gauche de Jaurès, de Blum… Magnifique, mais si loin. Peu importe tant que les élus sont élus.

Le parti socialiste ne peut plus être un parti d’élus. Ça tombe bien, il en reste si peu. Il doit être ouvert sur la société. Il doit permettre un débat entre militants et personnalités de la société civile. Il ne peut se contenter de congrès, grande messe où tout semble joué d’avance.  Le prochain risque de raisonner comme une oraison funèbre, si rien ne change.

Les militants ne sont plus inféodés à une doctrine, à une idéologie. Ils réfléchissent et ont besoin d’être convaincus par des hommes ; surtout par des idées.

Comment  faire revivre le parti socialiste.

La politique est l’art de comprendre les rapports de force pour faire avancer ses idées. Le problème au parti socialiste c’est qu’il n’y a plus de force et peu d’idées.

Comment comprendre ces élus ou candidats investis par le parti socialiste et qui ont regretté ne pas recevoir l’investiture du parti « En Marche ». Les exemples sont nombreux dans les Bouches du Rhône, à commencer par son premier secrétaire. Croyez vous qu’ils démissionneraient ? Pas du tout.

Et nos amis Hamonistes, piégés par leur leader qu’ils n’osent pas vraiment suivre. Ils veulent remplacer le PS de l’intérieur ou à l’extérieur, qui sait. Ils attendent un écroulement du parti socialiste, mais restent… on ne sait jamais. Et puis si tout s’écroule, ils sauront où aller.

Dans cette brume épaisse, on désigne une direction collégiale. C’est un peu comme si on changeait de conducteur parce que le moteur d’une voiture était cassé. Chauffeur si t’es champion…

Le moteur d’un parti se nourrit des idées. Ce sont ses militants qui les portent.

Des idées ; en voici quelques unes :

Le parti socialiste doit changer de nom. Le parti socialiste doit accepter de s’affirmer comme parti social démocrate et européen. Il doit porter une vision moderne, écologique et ouverte sur le monde.  Il doit sortir de la lutte des classes : la France et le monde ne se définissent plus ainsi. Les rapports de force ont évolué.

La France est un pays riche, dont le modèle social doit être préservé. La redistribution des richesses doit être améliorée. L’entreprise, les banques sont le moteur de l’économie. Mais la liberté d’entreprendre nécessaire au fonctionnement de toute économie de marché doit être encadrée par un Etat fort, pour que les intérêts particuliers servent toujours l’intérêt général.

La France ne peut être forte que dans une Europe forte. Le parti socialiste ne peut que s’opposer à toute doctrine qui envisagerait  la sortie de l’Union Européenne ou de sa monnaie l’euro.

Le parti socialiste doit apprendre à accompagner d’autres partis républicains lorsque les projets sont compatibles avec ses idées et bénéfiques à l’intérêt commun. L’opposition frontale et systématique n’est plus possible aujourd’hui. Le bipartisme a été piétiné par des milliers de marcheurs.

Alors, oui, le parti socialiste peut survivre, s’il accepte de changer et de s’affirmer. La route sera longue et difficile, mais c’est une exigence démocratique. Une alternative crédible doit être portée en face du social libéralisme d’Emmanuel Macron ; à défaut, les extrémismes prendront le pouvoir quand les marcheurs marqueront le pas.

SALLES Sébastien

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