Label et pop

Idées de sortie
le 20 Jan 2023
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Si vous ne les connaissez pas encore, retenez leur nom : le très jeune trio marseillais Social Dance semble être lancé dans un vaisseau direction la popularité sur une voie sans embûche aucune. D’un repérage ultra-rapide à des scènes de festivals trop gros pour le croire, retour sur une première année de carrière sous les meilleurs hospices.

Thomas commence la batterie à six ans. Au collège, il rencontre Ange qui, lui, fait de la guitare depuis ses dix ans. Les deux gamins commencent à jouer ensemble à treize ans : « Tous les samedis aprèm, on allait chez moi et on faisait énormément de bruit dans ma chambre, ça énervait un peu les voisins ! », plaisante Thomas. Avec l’arrivée de Faustine, « c’est devenu sérieux », selon Ange.

Faustine, c’est la « petite nouvelle ». Baignant dans la musique depuis toujours, elle rejoint le binôme à Lyon à la vie comme à la scène, ou plutôt à la coloc’ comme au local de répète (qui ne font qu’un). Les Marseillais se sont en effet installés dans la « capitale des Gaules » pour leurs études. « On avait un studio à la maison, raconte Faustine. C’est très original : on a commencé pendant le confinement ! (rires) J’ai commencé à passer du temps dans le studio et à m’y intéresser. C’est eux deux qui m’ont appris, en fait. Moi, je fais surtout le synthé et le chant. Ça s’est fait assez naturellement, étant sous le même toit… » « On a vraiment appris la musique ensemble, et c’est ça qui fait notre synergie actuelle ! », ajoute Thomas. Sans véritable leader, tous trois sont chanteurs dans le groupe.

Social Dance, c’est d’abord le nom d’une des « vieilles » compos d’Ange et Thomas. C’était donc d’abord affectif, puis quelques recherches leur ont permis de découvrir les multiples significations de ce terme. « Les danses sociales, c’est un phénomène qui réunissait des gens qui dansaient ensemble sans contexte particulier, concours ou autre… On a aimé l’idée d’incarner le “venez comme vous êtes, on va vous faire danser” ! Du coup on a gardé ce nom pour le groupe », explique Ange.

Cette « synergie », doux mélange des influences de chacun — un brin de psyché, une touche d’électro, un soupçon de rock — est apposée à une pop « énergique », comme ils aiment à l’appeler. « On n’est pas des puristes ! On est un peu des éponges, on est très curieux et on essaye de rationnaliser les apports de chacun et d’en faire quelque chose de pop, un truc qui bouge, c’est un peu notre objectif de faire danser les gens en concert ! »

La formule coloc’ ayant fait ses preuves, le trio l’a répétée une fois son retour à Marseille, post covid. « Pour la compo, on est plutôt dans l’intuition, dans un truc insouciant qu’on ne veut pas trop perdre ! C’est pour ça qu’on retrouve un côté live dans notre musique studio. » La proximité aidant à la création de tous les instants, les projets et les idées nouvelles fusent et naissent librement. « On n’aime pas trop parler des textes de nos morceaux car au chant, on essaye toujours d’avoir une double lecture possible, pour que chacun puisse s’en faire sa propre interprétation », dit Thomas.

Rapidement après le début du projet, les trois musiciens ont dans le viseur un label canadien, Lisbon Lux Records, dont ils affectionnent particulièrement les artistes. Ils lui envoient leurs maquettes, et ça matche ! Au-delà d’appels fréquents, de conseils et de projets sans date — confinement et distance obligent — pas de concret à l’horizon. Il faudra attendre le retour à Marseille pour que le projet musical se concrétise sous l’impulsion de la coopérative Grand Bonheur. Le co-label Lisbon Lux/Grand Bonheur accélère la machine et l’enregistrement de l’EP. « Quand t’as une vidéo et des morceaux quasi finis, ça aide… », selon Thomas. Ce tremplin projette également le groupe sur sa première scène, et pas des moindres : la première partie du groupe l’Impératrice, à Vitrolles, pour le festival Avec le Temps 2022 (hier, donc !). « C’était notre premier concert depuis le début du projet, on a commencé par une grande scène, c’était stressant ! », avoue Faustine.

Les premières scènes

Un saut direct dans le grand bain, qui fait réaliser au trio la nécessité de travailler dur pour se produire en live, hors du cocon du home studio. Autre scène marquante, celle de la Fiesta des Suds, à l’automne dernier : « Il y a un côté historique, on allait à la Fiesta avec nos parents », dit Thomas. Le groupe s’est également illustré lors d’un live au festival Château Sonic, près de la Suisse, dont il se souvient comme d’un « tournant. C’est la première fois que quelqu’un se faisait porter dans la foule sur notre musique, c’était trop bien », dit Faustine.

À Bourgoin-Jallieu, au festival Les Belles Journées, le groupe joue en septembre dernier devant trois mille personnes, en première partie de Juliette Armanet de La Femme… La consécration est peut-être ce concert au Trans Musicales de Rennes, cet hiver, avec en prime un enregistrement live pour KEXP, le même jour… Pour les Trans, le programmateur demande au trio une formation musicale complète, en « full band ». Ils s’y produisent alors à cinq, formation à laquelle ils aspiraient déjà. Avec un batteur et un bassiste recrutés dans l’urgence, cette formule sera désormais proposée dès que cela sera possible (réalité de l’économie des salles oblige). Une première année de tournée qui, sans nul doute, peut faire des envieux !

Regonflés d’une énergie portée par un succès qu’on pourrait qualifier de fulgurant, le trio/quintet réfléchit pour 2023 à la composition d’un nouvel EP ou d’un premier album, potentiellement en se faisant accompagner, tout en souhaitant de continuer à se produire le plus possible. Niveau promo, de « belles télés » sont prévues. « Plein de bonnes choses », donc, comme ils le voient et comme on leur souhaite. Également sélectionné sur les très prochains concerts des Inouïs du Printemps de Bourges, le groupe sera à voir, à soutenir et à danser le 11 février prochain au Moulin, parmi d’autres talents locaux.

Une chose est sûre, Social Dance est synonyme d’émulation sociale. Affaire à suivre, de près…

 

Lucie Ponthieux Bertram 

 

Social Dance : le 11/02 au Moulin, pour les sélections live des Inouïs du Printemps de Bourges (47 boulevard Perrin, 13e).

Réservations : https://lemoulin.org/marseille / https://limitrophe-production.fr/artistes/social-dance/

Commentaires

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  1. Alain Dex Alain Dex

    *auspices

    Ils sont trop jeunes pour l’hospice.

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