La Revue Dessinée : quand le 9ème art informe par le dessin [Chicane #8]

Billet de blog
le 19 Avr 2018
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Au même titre que la caricature, la bande-dessinée peut également retracer l’actualité tout en proposant une mise à distance de l’actu chaude. En voici une illustration avec La Revue Dessinée.

Créée en 2013, cette revue trimestrielle traite de l’actualité en BD. Franck Bourgeron, son rédacteur en chef, estime dans un entretien à la revue Diacritik qu’avec les médias « on manque de fond, de sujets qui nous expliquent les mécanismes. Et pour ça, le dessin est un outil formidable ». Si l’ADN de La Revue Dessinée repose aussi sur un œil critique et avisé sur le monde, au même titre que le dessin de presse satirique, la comparaison s’arrête là, selon lui.
Quand Etienne Davodeau, dessinateur au sein de la revue, se compare à des dessinateurs comme Soulcié, collaborateur à l’Equipe ou encore Fakir, il explique ne pas faire le même métier : « Eux doivent faire preuve d’un esprit de synthèse. Ce sont des sprinteurs, moi je suis plutôt un marathonien ». L’essence même de son travail n’est pas de réagir à vif, mais de prendre du recul sur l’actualité. Il réalise ainsi des travaux long-format sous forme de reportages.
Cette perspective de travail est « une question de rencontres ». Celle avec le journaliste Benoît Collombat l’a amené à transformer quelques pages de reportages de « Cher pays de notre enfance : Enquête sur les années de plomb de la Vème république » en un ouvrage de plus de 200 pages (éd. Futuropolis, 2015), fruit d’un travail d’enquête de plus de 2 ans. L’occasion pour lui d’informer de façon plus rigoureuse, grâce au travail collaboratif de journalistes, d’historiens, ou encore de scientifiques.
Le travail est d’autant plus plaisant, que les contraintes éditoriales ne sont que d’ordres techniques. « Les sujets, je les choisis au feeling. Ce sont des critères volatiles », dit-il. Il lui arrive ainsi de décliner poliment des propositions de sujets, envoyés par de nombreux lecteurs, au profit d’un choix instinctif, personnel.
Selon lui, les attentats contre Charlie Hebdo auront au moins permis de remettre le dessin au premier plan : « Avant, les gens pensaient que le dessin n’était que futile et léger. Mais le dessin n’est pas quelque chose d’anodin du tout : il y a une responsabilité à dessiner ».

 

Coline Salmon
 

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