La cour de ré craie

Billet de blog
le 14 Mai 2020
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Je ne me lasse pas d’observer mes voisins confinés côté rue. Ou côté jardin. À main gauche, l’immeuble mitoyen qui a vue sur l’espace vert en jachère où se disputent trois bancs esseulés. Au quatrième étage, une dame brune, élancée, qui s’époumone sur son petit balcon. Sur une table en teck à sa droite trônent de jolies primevères rouge sombre ainsi qu’un aérosol dégrippant. Le rameur sur lequel elle s’escrime ne couine plus. Les bras de son appareil vont et viennent. La sportive du dimanche scrute le jardin à ses pieds, le paysage ne défile pas. Dans son dos, sur l’étendoir blanc, trois masques chirurgicaux font une pause au soleil.

Les cloches de l’église des Chartreux sonnent 11 heures.

Un enchevêtrement d’immeubles aveuglés par le soleil. En arrière des Calanques, le Massif de Saint-Cyr qui borde Marseille, ouaté de pollution mêlée de remontées maritimes. Oiseau métallique de mauvais augure, un hélicoptère jaune se pose sur l’Hôpital de la Timone.

Les pies sautillent sur le gravier du toit de la bâtisse en face.

Sous les pins parasol, en bas, une fillette, poupée sous le bras, grimpe la murette qui sépare la promenade bétonnée des pelouses habituellement interdites. Ni elle ni sa maman ne savent qu’elle tutoie de ses pieds le carré d’herbe où la mouette dépeçait hier un pigeon malade. Telle une funambule, sa sœur aînée chemine à pas comptés le long du trait à la craie bleu que d’autres enfants ont tracé. Tout au bout du trait bleu, on a dessiné un citron, une orange, une pastèque, un cœur.

C’est un dimanche matin pas tout à fait comme les autres.Je ne me lasse pas d’observer mes voisins confinés côté rue. Ou côté jardin. À main gauche, l’immeuble mitoyen qui a vue sur l’espace vert en jachère où se disputent trois bancs esseulés. Au quatrième étage, une dame brune, élancée, qui s’époumone sur son petit balcon. Sur une table en teck à sa droite trônent de jolies primevères rouge sombre ainsi qu’un aérosol dégrippant. Le rameur sur lequel elle s’escrime ne couine plus. Les bras de son appareil vont et viennent. La sportive du dimanche scrute le jardin à ses pieds, le paysage ne défile pas. Dans son dos, sur l’étendoir blanc, trois masques chirurgicaux font une pause au soleil.

Les cloches de l’église des Chartreux sonnent 11 heures.

Un enchevêtrement d’immeubles aveuglés par le soleil. En arrière des Calanques, le Massif de Saint-Cyr qui borde Marseille, ouaté de pollution mêlée de remontées maritimes. Oiseau métallique de mauvais augure, un hélicoptère jaune se pose sur l’Hôpital de la Timone.

Les pies sautillent sur le gravier du toit de la bâtisse en face.

Sous les pins parasol, en bas, une fillette, poupée sous le bras, grimpe la murette qui sépare la promenade bétonnée des pelouses habituellement interdites. Ni elle ni sa maman ne savent qu’elle tutoie de ses pieds le carré d’herbe où la mouette dépeçait hier un pigeon malade. Telle une funambule, sa sœur aînée chemine à pas comptés le long du trait à la craie bleu que d’autres enfants ont tracé. Tout au bout du trait bleu, on a dessiné un citron, une orange, une pastèque, un cœur.

C’est un dimanche matin pas tout à fait comme les autres.

 

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Le journal de bord dans sa continuité → Journal tendre d’un confiné

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