En région Sud, l’attractivité de l’enseignement supérieur contrastée

Billet de blog
Le Sonar
24 Oct 2018 0

Forte de ses quatre universités, la région Sud accueille 157 000 étudiants répartis sur une quarantaine de sites d’enseignements supérieurs. Pourtant, le rayonnement académique du territoire reste incertain. La qualité de vie de ses étudiants y est inégalement répartie, et l’insertion professionnelle reste compliquée malgré la hausse des intentions de recrutement des employeurs de la région.

L’offre de formation en région Sud est diverse et variée : les trois facultés phares du territoire, que sont Aix-Marseille université, Sophia Antipolis à Nice ou l’Université d’Avignon, proposent un catalogue de formation complet : 19 composantes, allant des arts à la science en passant par le droit et les sciences humaines et sociales. 

Sophie a 23 ans, elle est étudiante à Aix-en-Provence. Cette année, elle prépare les concours de l’inspection du travail, mais elle a fait toute sa scolarité à la faculté de droit. “J’ai choisi l’AMU pour son enseignement de qualité. J’ai dû partir à Lyon il y a deux ans pour faire mon master 1 : je n’avais qu’une hâte, c’était de revenir !” 

Ces universités, notamment l’AMU, sont très bien perçues au niveau national comme à l’international. Aix Marseille Université maintient en 2017 sa position dans le Classement International de Shanghai. Selon ce classement, c’est la troisième meilleure université française, et la première de province. 

L’AMU bénéficie aussi depuis le début des années 2010 du programme IDEX (initiative d’excellence). Ce programme fait bénéficier à ces universités de dotations pouvant aller jusqu’au milliard d’euros, pour en faire des pôles de recherche au rayonnement national et international, ce qui rend l’université encore plus attractive pour les étudiants, notamment les futurs doctorants.   

« À Avignon, 50% des étudiants sont boursiers »

En dehors de l’enseignement, comment vit un étudiant de la région Sud ? En 2017, Avignon se hissait au 30e rang d’un classement qui concerne une quarantaine de villes. Malgré sa petite taille, l'université d'Avignon a quand même des atouts non négligeables, comme le souligne Clément Haag, vice-président Étudiant de l'université : « Le cadre est très apprécié, dans le centre-ville les étudiants ont cours dans un bâtiment historique, sur le deuxième campus à Agroparc les locaux ont été entièrement rénovés… J'imagine que la météo joue aussi. ». `

La réalité sociale est cependant plus sombre : « Le nombre de boursiers est plus élevé qu'ailleurs, explique Clément Haag, la moyenne nationale doit tourner autour des 30% alors qu'en Avignon on est à 50% d'étudiants boursiers ». S'ajoute à cette situation le cas des étudiants qui travaillent à côté des cours, soit 1 étudiant sur 4 en France.  Marowan Mohan est le président du syndicat étudiant UNEF Avignon. Il confirme : “Nous faisons partie des régions les plus pauvres de France”, explique-t-il. « Nous avons du mal à les aider, étant nous-mêmes touchés par la précarité. En ce qui concerne la vie étudiante, la ville d’Avignon est moins animée qu’Aix-en-Provence ou Marseille : c’est un peu compliqué parfois pour les étudiants, mais ce n’est pas la désolation non plus ! ». 

Une insertion professionnelle encore difficile dans la région Sud

60 % des jeunes de la région sont en situation d’emploi trois ans après leur sortie du système éducatif alors qu’ils sont 67 % sur l’ensemble de la France. C’est ce que révèle une récente étude menée par l’Observatoire Régional des Métiers en Provence-Alpes-Côte d’Azur. 

Leurs conditions d’emplois sont souvent plus difficiles qu’à l’échelle nationale et les salaires les plus conséquents se situent en Ile-de-France. Les jeunes diplômés de la région en sont d’ailleurs bien conscients. “Il y a des entreprises susceptibles de recruter ici, c’est sûr : mais la majorité d’entre elles sont en région parisienne, les fonctions auxquelles nous a préparé le master sont des « fonctions support », et s’exercent généralement aux sièges des entreprises.” explique Sophie.

Pourtant, dans la région Sud en 2018, les intentions de recrutement des employeurs enregistrent une hausse de 15%, soit au total plus de 248 300 projets de recrutement. Les métiers les plus recherchés se concentrent principalement dans les services, le commerce, l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire. Pour encourager ce dynamisme, plusieurs structures comme le Service Universitaire d’Insertion et d’Orientation (SUIO) se mobilisent pour l’insertion professionnelle des jeunes. Et dans la région Sud, les initiatives comme celles du SUIO ne manquent pas. 

En mars dernier, la Région a lancé un nouveau dispositif en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes en partenariat avec Pôle Emploi, nommé « Un parrain, un emploi ». Chefs d’entreprise et cadres supérieurs en activité sont invités à parrainer bénévolement des jeunes prioritairement de moins de 26 ans, titulaires d’un Bac +3 en recherche d’emploi. Leur rôle est ainsi d’accompagner les postulants dans leur parcours d’accès à l’embauche, en partageant leurs expériences et leur réseau. 

Mais il n’en reste pas moins difficile pour la région de rivaliser avec sa grande sœur Francilienne : selon une étude du le Centre d’études et de recherche sur la qualification (Céreq) publiée en 2016, la région Sud perd 19% de ses effectifs de diplômés du supérieur « long » (master ou doctorat) trois ans après la fin de leurs études, alors que la région parisienne, elle, les voit augmenter de 33% sur cette même période. 

Cassandre Amouroux, Marion Chaix et Alexia Cappuccio 

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