À Marseille, les Identitaires droits dans leurs mocassins ?

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le 30 Juil 2012
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Petits mocassins et raie sur le côté, les membres du Bloc identitaire marseillais se sont associés à la marche blanche organisée hier à Marseille en hommage à Alicia Champlon et Audrey Berthaut, les deux gendarmes abattues lors d'une intervention à Collobrières (83). En contact direct avec les organisateurs, les militants de l'organisation d'extrême-droite ont respecté la volonté de l'organisatrice Valérie Guittienne Faivre de ne pas faire apparaître de couleurs politiques pendant la marche. Dans une interview donnée vendredi, Georges Gourdin, actuellement responsable du Bloc identitaire Provence explique que l'assassin, Abdellah Boumezaar, est victime d'une société d'individualisme et d'exclusion. Où sont passés les crânes rasés et les battes de baseball ? Une mouche sociale-démocrate aurait-elle piqué nos bons vieux FAF ? 

"Pas au courant" 

Quand on l'interrogeait mardi sur la participation d'un groupe d'extrême-droite à l'événement qu'elle organise, Valérie Guittienne Faivre, amie intime d'Alicia Champlon, affirmait ne pas être au courant : "Je suis au fait de la participation du Bloc identitaire à la manifestation, par contre vous venez de m'apprendre qu'ils sont d'extrême-droite." Et d'ajouter : "De toute façon j'ai été claire, l'événement est ouvert à tous, mais je ne veux pas d'organisations politiques."

​Le problème est qu'à cette date, seul le site du Bloc identitaire Marseille et quelques forums de gendarmes relaient l'information. Pourquoi ont-ils été mis au courant avant les journalistes ? Tout d'abord parce que, comme nous en informe Georges Gourdin, "le Bloc identitaire a des militants parmi les gendarmes et les policiers". Ensuite et surtout parce qu'Abdellah Boumezaar est, aux côtés de Mohammed Merah, la coqueluche de la campagne "Chance pour la France ?" du Bloc. Une campagne qui étonnamment ne concerne que des personnalités d'origine maghrébine…

Rangers, mocassins, même combat 

Également membre du bureau directeur de l'organisation, Georges Gourdin a un discours bien rodé : "Le double meurtre de Collobrières est la preuve que notre société est de plus en plus violente et cette violence est le résultat d'une perte de repères dans une société individualiste où on ne partage plus de projets, ni d'histoire commune." ​Ce qui ne l'empêche pas de s'emmêler les pinceaux : ​"L'assassin ​est victime du déracinement forcé et de l'exclusion, mais il s'est lui même exclu." Voire de déraper carrément :

Le Maghrébin est bienvenu en France, du moment qu'il boit du vin et qu'il mange du cochon. Mais il ne peut pas forcer les portes, venir alors qu'on ne le lui a pas demandé et dire je ne veux pas devenir Français, je ne veux pas devenir chrétien !

Le militant insiste et réinsiste : "notre combat est avant tout la lutte contre la violence". Et d'ajouter : "Nous n'avons jamais fait de ratonnades nous sommes profondément calmes, pacifiques, légalistes et démocrates". Étonnant quand on sait que Fabrice Robert, le président de l'organisation, est un ancien d'Unité radicale, organisation dissoute en 2002 pour cause d'idéologie raciste et discriminatoire, antisémitisme, encouragement de la discrimination, de la haine et de la violence, en réaction à l'attentat raté contre Jacques Chirac par Maxime Brunerie, un proche du groupe.

Également étonnant d'apprendre que Matthieu Clique, un de leur militant toulousain, déjà condamné pour incitation à la haine raciale, a été placé en détention provisoire au mois de juin dernier. La police le soupçonne d'avoir participé à une descente de hooligans dans un quartier à forte population immigrée et d'être l'auteur des coups portés à un étudiant chilien, devenu hémiplégique. Quand on lui fait remarquer Georges Gourdin répond : "Je ne connais pas bien ce dossier, mais pour moi ça tient plutôt du fait divers. Matthieu a eu une journée difficile et il a agi contre la volonté de son chef." Pourtant, d'après la presse, à Toulouse, le chef était justement Matthieu Clique. Georges Gourdin ajoute : "On est solidaire de Matthieu en tant que personne, parce qu'il était un peu fatigué, mais pas des actes." On laissera le soin au reste de son organisation de lui remonter les bretelles.

Heureusement, lors de la marche blanche de dimanche, des élus républicains étaient là pour réhausser le niveau : Jean-Louis Ichartel, le maire de Barbentane et Alain Bonhomme, adjoint UMP au maire du 6e secteur de Marseille. Ce dernier déclare : "Je suis là, d'abord parce qu'on me l'a demandé, et puis parce que j'aime beaucoup tout ce qui est militaire et la gendarmerie c'est l'armée." Quand on l'interroge sur la présence de l'extrême-droite il déclare : "Je ne suis absolument pas au courant, par contre je peux vous dire qu'il n'y a pas d'élus d'extrême-droite." Sans qu'on le relance, il ajoute : "cela dit, les élus d'extrême-droite ne sont pas si extrémistes." Nous voilà rassurés.

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