À la Belle de Mai, les habitants veulent reconquérir le couvent Levat
Cet été, Marsactu raconte en série les jardins de Marseille et leurs usages. À la Belle de Mai, alors que la gestion du couvent Levat et de son fragile verger centenaire doit être renouvelée fin 2026, deux candidatures s'opposent : celle de collectifs du quartier et celle de Juxtapoz, l’association artistique déjà aux manettes... à moins qu'un mastodonte des tiers-lieux vienne jouer les trouble-fête.
Le couvent Levat à la Belle de Mai, dans le 3ᵉ arrondissement de Marseille. (Photo : NS)
Fin juin, 22 heures, c’est la canicule au couvent Levat. À la sortie d’un festival de bande dessinée assorti d’une exposition de peinture et d’une vente aux enchères fantaisiste, on enjambe une cordelette pour s’échapper sur les restanques du jardin du couvent. Et subitement, le cocon de fraîcheur de ce verger centenaire relègue à des années-lumière le bitume de la Belle de Mai (3ᵉ) et sa chaleur écrasante. Mais le répit est de courte durée, car un gardien rappelle à l'ordre les resquilleurs : le jardin est fermé en soirée pour le préserver des flux de fêtards.
Depuis le rachat du site en 2016 par la Ville de Marseille aux Sœurs Victimes du Sacré-Cœur de Jésus, ces quasi deux hectares de terres cultivées et préservées pendant 150 ans par les religieuses se sont prudemment ouverts au public. D’abord quelques jours par mois sous l’égide de l’association artistique Juxtapoz, qui gérait à la fois le bâtiment du couvent et le jardin jusqu’en 2022, puis plus largement depuis que les jardiniers paysagistes de l’Hydre ont récupéré la gestion de la partie jardin.
Abricotiers, pruniers, figuiers, cognassiers, oliviers, plaqueminiers (qui portent les kakis)… tout sauf les pommiers, interdits de séjour par les religieuses depuis les méfaits bibliques d’Adam et Eve. Le jardin Levat regorge d’une diversité rare d’essences, mais terriblement fragile face à l’afflux massif des soirées organisées par Juxtapoz, courues par tout Marseille. "Je ne viens pas aux soirées car c’est trop dur de voir le jardin ravagé", se résigne Déborah Aubert, "paysagiste conceptrice" à l’Hydre, qui nous fait visiter le jardin quelques jours plus tard. Elle explique aussi comment leur collectif a dû penser un parc adapté aux conditions méditerranéennes : on déambule ainsi avec elle sur des sentiers qui serpentent entre des massifs et des prairies interdits d’accès, précieux pour conserver l’humidité, et on croise des alcôves aménagées un peu partout pour octroyer un peu de fra . . .
Bonjoue, je travaille chez Yes We Camp et vous partage qu’il n’y a aucune intention de notre part à proposer quelque chose pour le Couvent Levat et ses jardins.
Personne ne nous a sollicités pour ça, et nous-mêmes n’avons pas l’intention de venir sur un site où il y a déjà des dynamiques structurées en cours.
Nous, on a plutôt travaillé à mettre ce qu’on peut avoir de force de conviction pour ouvrir au quartier les espaces de la Caserne du Muy, pour l’instant sans succès.
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