Atterrissage en vue à la Friche la Belle de Mai pour l’école CinéFabrique
La région a abandonné début octobre le projet de cité méditerranéenne du cinéma au Dock des Suds. Depuis, les collectivités et l'État cherchent un plan B pour le volet culture du plan Marseille en grand. Une solution semble avoir été trouvée. L'école CinéFabrique devrait prendre ses quartiers à la Friche la Belle de Mai, tandis que la Cinémathèque s'installera, elle, à la Plateforme.
La Friche la Belle de Mai. (Photo : BG - archives Marsactu)
Sur quel scénario va désormais s’écrire l’avenir de l’ambitieux volet cinéma du plan Marseille en grand ? Après l’abandon du projet de cité méditerranéenne du cinéma au Dock des Suds, l’avenir de ce pan du plan voulu par le chef de l’État reste en suspens. Compétente dans ce domaine, la région devait piloter l’installation de ce grand pôle du septième art au Dock. Le projet devait voir éclore sur un même site la première antenne régionale de la Cinémathèque française et l’école CinéFabrique. Mais, début octobre, la collectivité régionale présidée par Renaud Muselier (Renaissance) a mis un coup de frein dans ce dossier. Depuis, les collectivités locales et l’État, après avoir encaissé cette annonce, se sont mis en recherche d’un plan B. Dans l’espoir de faire tout de même aboutir les deux projets à Marseille.
Selon des informations de Marsactu, la CinéFabrique devrait s’installer à la Friche la Belle de Mai. La piste étudiée en priorité est de poser cette école diplômante et professionnalisante en lieu et place du projet d’école primaire qui devait voir le jour là et a été abandonné fin 2021. “Il faut encore qu’on se mette autour de la table pour que ça soit faisable”, précise-t-on, alors que plusieurs acteurs du dossier confirment à Marsactu les discussions à ce sujet. D’ici là, pour la rentrée 2025, l’école de cinéma va déménager temporairement à la caserne du Muy. “On perd le côté “totem unique” de la cité du cinéma. Mais ça permettra de vitaliser deux sites dans lesquels il y a une dynamique autour de la création”, commente-t-on.
“Alternative intéressante”
La solution semble séduire toutes les parties prenantes, tandis que les réunions s’enchaînent ces derniers jours de manière bilatérale entre les différents acteurs — région, département et Ville de Marseille — avant une rencontre officielle prochainement à la préfecture. “On ne va pas retomber sur quelque chose d’insensé et on ne devrait pas y perdre grand-chose, car les alternatives sont intéressantes”, veut se rassurer un interlocuteur. “Le but du jeu est de signer un nouvel avenant financier pour début 2025”, espère un autre acteur du dossier. Tous, tant que la décision n’est pas tranchée officiellement, préfèrent parler sous couvert d’anonymat.
C’est que l’annonce de l’abandon du projet de cette cité méditerranéenne du cinéma a été une pilule difficile à avaler, alors que le dossier, qui a un temps avancé cahin-caha, paraissait enfin quasi bouclé. Lors de l’assemblée régionale du 25 octobre dernier, la majorité de Renaud Muselier revient sur cette décision. “Nous avons attendu deux ans que la Ville de Marseille nous réponde, alors nous avons informé le préfet que l’accord était caduc”, explique ainsi le conseiller régional Michel Bissière. Renaud Muselier complète : “Oui, c’est une catastrophe qu’on ne l’ait pas faite. C’était un très beau projet. Mais, comme toujours avec la Ville de Marseille, c’est une impasse.”
Choix politique de la région
La position exaspère la Ville de Marseille. Et donne lieu à des échanges de posts sur les réseaux sociaux entre le camp du maire Benoît Payan (divers gauche) et la droite locale, qui se renvoient la balle. “Effectivement, c’est un projet pharaonique. Quand on vous demande plusieurs millions, vous ne donnez pas votre réponse en 24 heures, reconnaît-on du côté de la municipalité, interrogée par Marsactu. Mais c’est difficile d’entendre parler d’une responsabilité politique de la Ville de Marseille quand c’est un choix politique de la région.” Car la région, quoi qu’en dise Renaud Muselier, est bien la collectivité qui portait le projet et devait en assumer la plus grande part en termes de financement.
Malgré la signature d’un avenant début 2023, les accords sur les montants en investissement et pour les coûts de fonctionnement de la part de chacun des acteurs ont toujours généré des doutes. “Depuis le départ, c’est difficile à mettre en place avec les “j’y vais” puis “j’y vais pas” des uns et des autres, observe un acteur du dossier, qui pique : Pourtant, le cinéma est une compétence régionale.”
“Plus de mutualisation possible”
Mais la région, l’État, la Ville de Marseille, la métropole et le département s’accordent au moins sur un point : s’il faut revoir le projet, ce dernier doit tout de même voir le jour. Sur un ou deux lieux, qu’importe. Depuis, les collectivités et l’État se sont donc mises en recherche d’un plan B en consultant leurs réserves de foncier disponible. Les institutions se dirigent finalement vers un projet dans lequel les deux entités, la Cinémathèque et la CinéFabrique, ne se retrouveraient finalement pas sur un même site. Ainsi, comme annoncé il y a quelques semaines dans La Provence, la Cinémathèque va voir le jour à la Plateforme dans le quartier des Crottes (15e). Ce lieu a vocation à devenir “un vaste campus de l’audiovisuel et de l’image animée”, y expliquait Frédéric Bonnaud, directeur de la Cinémathèque française.
Quant à l’option de voir éclore l’école CinéFabrique à la Friche, si elle tient la corde, plusieurs doutes subsistent sur les coûts — et leur financement — de son installation. “Cela ne sera forcément pas le même investissement que pour le Dock des Suds”, souligne une source proche du dossier. L’achat du bâtiment dans le 2e arrondissement par la région représentait une part importante du budget d’investissement financé par l’institution. Là, un nouveau montage financier doit donc encore être bouclé. Puis restera la problématique des coûts de fonctionnement : un chèque à sortir tous les ans pour les collectivités. “Au début, on disait qu’il fallait mettre les deux au même endroit pour permettre de réduire ces frais, mais aujourd’hui, il n’y aura plus de mutualisation possible…”, regrette un contact. Une autre manière de dire que le projet, désormais dédoublé, est encore loin d’atterrir.
Commentaires
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En définitive le projet sous sa forme B (s’il arrive à éclore) coûtera encore plus cher que le projet A. Et tout ça pour des raisons électorales………
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pourquoi ne pas l’avoir réalisé dans les locaux du défunt César ?? le site est assez grand non ? ou sur la Canebière à la place du 2ème commissariat… ?
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La Cinémathèque dans le 15eme c’est reproduire la même erreur que la Buzine !
Elle est vouée a être un objet inutil !
Quand à la Cinefabrik !! Ils ont raté l’atterrissage ou l’amerrissage …
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