Boum !
Les adieux à la tour des Cyprès racontés à 360°
Des tours, des barres d'immeubles, sont régulièrement démolies à Marseille, le plus souvent par grignotage. Mais une tour détruite à la dynamite, cela n'était pas arrivé depuis 1992. Jeudi, celle des Cyprès B a implosé. Marsactu était déployé en plusieurs endroits clés pour couvrir l'événement dans toutes ses dimensions. Avec les habitants évacués, avec ceux restés à proximité pour voir la tour tomber et avec les officiels, réunis à distance, à Montolivet. Des adieux vus de toutes parts.
Des habitants des Lauriers regardent le nuage de poussière se dégageant après l'implosion. (Image LC)
7 h 20, au pied du bâtiment A des Cyprès
Marsactu arrive sur le théâtre des opérations. Celles-ci ont démarré bien avant. Dès 6 heures, les cinquante évacuateurs ont sillonné le quartier.
Vêtus de t-shirts jaunes voyants, ils sont faciles à identifier. Une quarantaine est originaire du quartier, comme Walid qui habite le bâtiment A, voisin de la tour qui s'apprête à être démolie. Hachimia et Nafissa viennent des Oliviers, juste de l'autre côté du chantier de la rocade L2.
En duo, ils se sont répartis les immeubles à évacuer. Dans un rayon de 200 mètres autour de la tour B, quatre ensembles sont concernés : la grande barre des Lauriers, les Cèdres, les Genêts et les Cyprès. D'autres évacuateurs se placent aux carrefours stratégiques. Lætitia se poste en dessous du stade Malpassé, à quelques mètres du parking désert de la tour B. Energique et concentrée, elle aborde tous les passants qui passent à proximité. "On leur explique comment ça va se passer, on les guide vers les bus, explique-t-elle. Il y en a beaucoup qui bougent pas encore, ils ne sont pas rassurés."
Elle essaie de convaincre les habitants de prendre les bus affrétés spécialement pour les conduire au parc de Font-Obscure, face au centre commercial du Merlan. Une voisine l'interpelle : "Il faut payer ou pas ?"
À 6 h 30, la police avait bouclé les cinq entrées du quartier. L'évacuation a commencé un quart d'heure plus tard. Ceux qui souhaitent rester doivent signer une décharge, sinon il revient à la police de les faire sortir.
Beaucoup partent à pied ou en voiture, les véhicules devant quitter le périmètre de sécurité. Equipé d'un mégaphone, Didier Raffo, en charge du renouvellement urbain pour Habitat Marseille Provence (HMP), va d'immeuble en immeuble pour enjoindre les locataires à quitter les lieux.
7 h 45, bâtiment A des Cyprès
Hachimia et Nafissa partent pour leur deuxième passage. Une dame âgée, visiblement inquiète, les interpelle avant de prendre le bus : "Il y aura quelqu'un pour surveiller les appartements ? Parce qu'avec la peur qu'on a, on veut pas en plus se faire voler !" "Tout le monde doit partir madame, il y aura plus personne dans le quartier. Et il y a la police partout autour, ne vous inquiétez pas", répond Nafissa.
Depuis le dernier étage de la tour, les évacuatrices descendent et frappent à chaque porte. "Il faut évacuer, mais aussi que les fenêtres et les volets soient fermés, précise Nafissa, à cause de la poussière causée par l'explosion." Sur leurs check-lists, elles cochent les cases prévues et apposent des gommettes vertes sur les portes. "Pour l'instant, on a pas eu de refus. Si on a un doute, on marque qu'on est passé et on reviendra plus tard."
8 h 05, au pied du bâtiment A des Cyprès
C'est l'effervescence. Les voitures avancent au pas au milieu des piétons. Croix-rouge, camions de pompiers, voitures de police et bus sont présents. Au-dessus de nos têtes, on entend le bourdonnement d'un drone qui filme la scène. Les habitants informent . . .
Remarquable idée que cet Adieu vu de tous côtés. Impressionnant à tous points de vue justement : habitants, spectateurs, acteurs politiques, dynamiteurs.
Bravo
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Opération bien menée a priori, avec des belles images comme souvenir pour les habitants, et un chantier « propre » (c’est pas courant du tout à Marseille !). J’aurais quand même bien récupéré une piscine…
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Merci, merci à marsactu (on le dit souvent, mais on ne se lasse pas) de parler de, et de donner la parole à ces quartiers, si importants , si considérables pour l’avenir de cette ville.
– Pour le coup, vous racontez, vous narrez , et c’est très bien. Ayant pas mal bossé sur des quartiers ( et avec leurs habitants )où de telles mésaventures explosives advenaient, j’ai très fortement ressenti l’importance de ces évènements, d’un point de vue d’émotions, de souvenirs, mais aussi de point d’étape, de réflexion sur sa vie, sur la vie , sur ses appartenances… Un réel évènement ( parfois traumatique), constitutif de bien des choses, dans la vie d’individus et de groupes, re-suscitant bien des mémoires, individuelles et collectives… Et si souvent traité, dans les média main stream, par des clichés et la belle image de l’implosion, en 30 secondes (et demi) par les pujado-carlistes… (merci de filmer…les gravats). Jusqu’aux créateurs artistiques à faire preuve d’absence pour s’emparer de la chose; Même pas un Antoine Vitez pour défricher ces murs d’images mentales, recueillir et amplifier le frémissement de ces émotions…
– Vous le faites à 360°, on est gâté, on a le virage sud, le virage lambda, les ouvreurs et la tribune « d’honneur » et cette enfilade de tribuns d’opérette… (Il est temps que soit créée la science des tribunes marseillaises, de l’inoubliable inauguration des terrasses du port dans le film fondateur de « La fête est finie », au tambourinaîre de f.o dans l’adhésion de l’adhérent d’honneur… il serait temps d’y songer marseillologues!, songez y donc, que serait l’histoire de l’u.r.s.s sans les kremlinologues!)
– Bon, des jolis rebonds rédactionnel itou : Du « C’est ma tour à moi » de joelle Pétrolese , au maire qui prend la parole à son tour, au ministre qui « arrive à son tour « et prend aussitôt sa place….
– Merci aussi à ceux qui ont fait le boulot comme il convenait de le faire, du délégué régional de la Fondation Abbé Pierre, faisant le compte des tendances à la baisse du parc de logement sociaux, aux artificiers et autres policiers, bien plus utiles là que dans les fouilles préalables de petits poucets sur la canebière (la b.a.c était en congé?). Pour une fois, à Marseille, pas de cagade ! Tiens, je le coche sur le calendrier!
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Bravo pour ce remarquable ce grande qualité .Je regrette cependant l’absence d’une analyse plus critique de ce genre de manifestation . Je mets sur AGORA un point de vue appuyé sur une expérience déjà ancienne de cette politique des coups. .
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