Émeutes : le Raid soupçonné d’un nouveau cas de violences policières à Marseille
Le 30 juin 2023, Zachary C. a été sérieusement blessé à l’aine par une munition du Raid, tirée à courte distance. Après l’avoir menotté, les policiers ont finalement laissé les pompiers le conduire à l’hôpital sans l’interpeller. Deux policiers ont été placés en garde à vue mercredi pour "violences aggravées". Un article de notre partenaire Mediapart.
Le raid intervient dans un bar tabac braqué, au boulevard National le 1er juillet 2023. (Photo C.By.)
Attablé en terrasse dans le centre-ville de Marseille, Zachary C., 25 ans, fait défiler les photos de sa blessure sur son téléphone portable. Une plaie circulaire de 6 cm à l’aine, avec un lambeau de peau qui tient encore au milieu. Sa rencontre avec le Raid, au soir du 30 juin 2023, lui a valu onze points de suture, quinze jours d’interruption totale de travail (ITT) accordés par un médecin-légiste et trois semaines d’arrêt maladie.
D’après les informations recueillies par Mediapart, à la suite de la plainte déposée par Zachary C. le 10 juillet 2023, le parquet de Marseille a d’abord ouvert une enquête préliminaire pour "violences volontaires avec arme, par personne dépositaire de l’autorité publique", confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), puis une information judiciaire le 13 septembre 2023.
Mercredi 22 mai, la juge d’instruction chargée du dossier a auditionné Zachary C., en tant que partie civile, onze mois après les faits. Au même moment, comme l’a révélé BFM Marseille, deux policiers du Raid ont été placés en garde à vue pendant quelques heures, avant d’être libérés sans poursuites à ce stade.
C’est la troisième information judiciaire visant des policiers du Raid pour des violences commises le vendredi 30 juin et le samedi 1er juillet à Marseille, alors que cette unité d’élite a été déployée dans le centre-ville quatre soirs de suite, du jeudi 29 juin au dimanche 2 juillet.
Le 10 août 2023, trois membres du Raid ont été mis en examen pour coups mortels sur Mohamed Bendriss, décédé d’une crise cardiaque après avoir été touché par des tirs de LBD alors qu’il circulait à scooter dans la nuit du 1er au 2 juillet.
Le 15 novembre 2023, deux autres opérateurs de cette unité (un major et un commandant) ont été mis en examen pour des "violences ayant entraîné une mutilation définitive" sur Abdelkarim Y., éborgné par un tir de "bean bag" seulement deux heures après la blessure de Zachary C., et à 150 mètres de là.
Au total, vingt-deux membres de l’antenne marseillaise du Raid ont été engagés sur ces deux soirées d’émeutes. Parmi eux, cinq policiers ont déjà été mis en examen, soit presque un quart des effectifs.
Un tir à courte distance et des insultes
Le 30 juin 2023, Zachary C., serveur dans une brasserie du Vieux-Port, sort du travail vers 18 heures. Après avoir dîné dans un fast-food avec des amis, à cent mètres de son travail, il se dirige vers chez lui, près de la préfecture.
Marseille connaît alors sa deuxième soirée d’émeutes après la mort de Nahel Merzouk, tué par un tir policier à Nanterre le 27 juin. De l’avis général, cette nuit du vendredi au samedi a été la plus violente à Marseille. Une armurerie . . .
Très intéressant cet article car on lit les deux points de vue…
Et des aberrations…Le Raid qui dit qu’il y avait aussi des gens qui se promenaient, genre ils n’avaient qu’à pa être là! Il se trouve que le centre ville compte des habitants!
Ensuite tout le commentaire de la victime est d’une clarté patante quant à l’absence de gestion de la situation.
Et la réponse du Raid est aussi patante : on sait pas faire. En gros, on tire sur presque tout ce qui bouge…
Le terrible dans cet article, c’est que les 2 parties dans leur perception, convergent.
C’est flippant.
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