LES AILES DU GABIAN (3)
Le gabian se prépare à essayer de mettre ses ailes dans l’urne. Il réfléchit beaucoup, parce qu’il ne sait pas encore ce qu’il écrira sur ses ailes. J’ai bavardé avec lui et il m’a donné quelques idées pour cette élection municipale. Je vous en propose quelques nouvelles.
Les élections municipales à Marseille aujourd’hui
Il faut réfléchir au sens des élections municipales, aujourd’hui, à Marseille. D’abord, il faut bien le reconnaître, comme dans toutes les villes de France, elles ont lieu l’année qui précède l’élection présidentielle. Cela leur donne un petit air de répétition avant le grand spectacle. Les acteurs politiques, les personnalités, les partis, vont commencer à se compter, et ce mettre à prendre des forces dans les élections municipales. Mais c’est un calcul faux. Le gabian pense qu’il ne faut pas se tromper d’ailes, il se dit que ce serait une erreur de confondre les deux scrutins, pour toutes sortes de raisons. D’abord, il ne s’agit pas des mêmes acteurs dans les deux comédies. Si la gauche propose les deux mêmes acteurs (les Insoumis et le Printemps, c’est-dire l’union de la gauche que l’on nomme « classique »), il n’est pas du tout sûr que cette gauche s’unisse dans les deux élections, et puis, surtout, on ne sait rien de ce qu’il adviendra des Insoumis l’an prochain. Quant à Marseille, les Insoumis n’y sont pas les mêmes que sur le plan national : sans doute représentent-ils, à Marseille, une gauche qui n’a pas commis les mêmes erreurs que sur le plan national. Sans doute aussi l’union de la gauche est-elle plus facile à imaginer dans notre ville. Et puis, la culture socialiste de Marseille, depuis G. Defferre, est-elle particulièrement chargée d’une histoire et d’une mémoire difficile à oublier et à effacer. Pour que la gauche remporte ces élections ici, il est essentiel qu’elle se présente unie au moins au second tour. Et, pour cela, il est essentiel qu’elle tienne un discours dans lesquels les socialistes, les communistes, les écologistes, la gauche de “l’Après” et les Insoumis se retrouvent. Ce que l’on peut noter aussi, c’est qu’ici, c’est la première fois que les élections municipales seront à la fois une élection et un bilan pour un maire ancien socialiste qui n’est pas issu de la gauche defferriste (ou defferrienne : comment dit-on ?). Ces élections n’auront donc pas tout à fait le même sens que celui qu’elles avaient les autres années.
La droite égale à elle-même… Mais qu’est-ce que la droite, ici, dans notre ville ?
Face à la gauche, il y a donc… Qui ? La droite ou les droites ? Comme au sujet de la gauche, Marseille présente des particularités que l’on ne retrouve pas ailleurs. Surtout, on peut noter deux choses importantes. La première, c’est que le macronisme n’a pas véritablement poussé à Marseille (si tant est, d’ailleurs, qu’il ait poussé dans d’autres villes). Ces élections municipales, comme les précédentes, celles de 2020, ne sont pas complètement indépendantes des autres – notamment des élections présidentielles, de celles de 2017 et de 2022 comme de celle de 2027. Si le macronisme a pu faire illusion, il ne peut pas faire illusion à Marseille. Le gabian pense qu’il ne pèsera pas lourd dans les choix des électeurs. Quant à M. Vassal, il semble, selon les sondages, qu’elle ne soit pas réellement en position de force – d’autant plus (nous y reviendrons) que, pour elle, l’élection municipale sera aussi un bilan de la métropole – qui n’est tout de même pas fameux. Pour que M. Vassal ait un bon résultat à l’élection municipale, il lui faudrait convaincre les électeurs, mais elle semble curieusement absente de l’espace public. On ne l’entend pas beaucoup, on ne la voit pas beaucoup, on voit peu d’images d’elle sur les murs. Reste l’autre chose à noter : la question du R.N. et de la liste de F. Allisio, qui tente par tous les moyens de se donner l’air d’un bon père de famille rassurant et sans danger, propre à faire oublier de quel parti il est membre. Si le R.N. arrivait à remporter l’élection municipale, ce serait, de la part des électeurs, l’expression d’un rejet pur et simple de la politique à Marseille – et le gabian ne croit pas que nous soyons dans un tel cas de figure. Une fois de plus, la figure de la menace du R.N. a deux significations : la première est celle de l’usage de la rhétorique de la peur, si fréquente, de nos jours, dans le discours politique – à Marseille, mais aussi partout en France. Finalement le discours sur la « menace » du R.N. ne fait qu’emprunter une rhétorique de la peur constante dans tous les domaines de nos jours. L’autre signification de cette rhétorique de la peur du R.N. est, sans doute, de tenter de séduire le plus d’électeurs de droite possible pour les faire voter pour les listes de M. Vassal. Et c’est en ce point que l’on retrouve une caractéristique essentielle de la droite marseillaise : sa confusion fréquente avec l’extrême droite. Ici, la droite a, depuis longtemps, voire depuis toujours, confondu sa parole et ses mots avec ceux du R.N. Le gabian se demande même s’il ne s’agit pas d’une caractéristique de la droite méditerranéenne, en songeant à la situation italienne avec G. Meloni.
La question de la métropole
La métropole est devenue une question essentielle à Marseille, tellement elle a conquis de pouvoirs avec le temps. La quantité de plus en plus importantes d’attributions qui lui ont été reconnues, à commencer par les transports en commun et l’environnement avec la gestion des ordures et des déchets, donne aux élections municipales dans toutes les communes de la métropole une importance particulière : celle de contribuer à l’élection de l’exécutif métropolitain. Il faut donc faire attention à cette sorte d’élection en deux temps, à deux degrés, qui se trouve devant nous. Et, sur ce plan, on a du mal à percevoir et à comprendre les orientations des candidats à l’élection municipale. C’est un peu comme si la seule élection importante était celle de l’administration municipale, mais c’est une façon de refouler, de dissimuler l’enjeu capital de la désignation de l’exécutif métropolitain, qui est préparée par l’élection municipale. Il sera essentiel de réfléchir à cette articulation entre les deux élections. Et, sur ce plan, on ne peut que juger le bilan métropolitain des candidats. Pour les uns, il n’y en a pas parce qu’ils ne jouaient aucun rôle dans la métropole, et, pour les autres, pour les soutiens de M. Vassal, ce bilan est largement négatif, tant en matière de transports qu’en matière d’environnement. La question écologique n’a jamais été important pour la droite, l’écologie est un mot de gauche, car elle cherche à refonder la politique sur d’autres bases. Quant à la politique des transports, la droite privilégie les voitures particulières par rapport aux transports en commun, une façon de privilégier la propriété individuelle par rapport aux propriétés partagées.
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