A Marseille, les lycéens passent leur brevet de manif sous état d’urgence

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le 9 Avr 2016
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Depuis le début des manifestations contre la loi El Khomri, destinée à réformer le droit du travail, les lycéens sont nombreux à se mobiliser et à descendre dans la rue. A Marseille, malgré un climat de violence latent que certains dénoncent, la mobilisation s'organise et ne faiblit pas.

A Marseille, les lycéens passent leur brevet de manif sous état d’urgence
A Marseille, les lycéens passent leur brevet de manif sous état d’urgence

A Marseille, les lycéens passent leur brevet de manif sous état d’urgence

On n'est pas sérieux, quand on a 17 ans, écrivait Arthur Rimbaud. Sont-ils seulement insouciants et frondeurs, les quelques milliers de lycéens qui foulent l'asphalte marseillais depuis le début des manifestations contre la loi El Khomri ? S'il est difficile de préjuger de la profondeur des convictions de quiconque, la présence diffuse de ces jeunes est manifeste. Pour la plupart, il s'agit là de leurs premières manifestations et leurs premiers pas dans la politique. Ils sont moins nombreux qu'ailleurs en France, mais de tous les rassemblements. Et comme ailleurs en France, un climat de violence latent les accompagne, tout autant. Ce samedi, ils devraient encore battre le pavé avec le cortège qui doit partir à 14 H 30 de la place du général de Gaulle.

Mardi matin, ils étaient présents par petits groupes sur cette même place. Ils sont venus malgré les vacances de printemps. Les mains chargées de tracts demandant le retrait intégral de la loi, Nathan, tout juste majeur, mais "militant depuis trois ans", lycéen à Denis Diderot, clame son appartenance à "Jeunesse révolution". Un mouvement né il y a un mois, "révolutionnaire et plus radical que les syndicaux classiques comme FO ou la CGT, qui sabotent la grève avec leur manifestation à saute-moutons. Nous voulons la grève générale", présente-t-il, flanqué d'un masque Anonymous derrière la tête. "Même si on ne travaille pas encore, la loi va nous toucher très vite, elle va nous pourrir. On ne veut pas travailler 60 heures par semaine, ou pouvoir être licencié à tout moment." Peu importe si les médias, dans leur ensemble, "nous présentent soit comme des casseurs, soit ne nous considèrent pas du tout".

Nicolas Sueur, enseignant au lycée Saint-Charles et membre du FSU-SNES l'assure, "les lycéens analysent la façon dont ils sont perçus dans les médias, souvent infantilisés". Et ce n'est pas Clara Jaboulay, membre de l'équipe nationale du syndicat lycéen UNL qui le contredirait : "On essaie de nous décrédibiliser, on nous demande en quoi tout cela nous concerne. Pour nous qui n'avons pas le droit de vote, la rue est le seul moyen de faire entendre notre voix". Étudiant à la faculté de Saint-Charles et membre de la coordination des étudiants en lutte, Jules se montre catégorique : "Les lycéens sont parfois plus engagés que nous, ils sont nombreux. Il ne faut pas croire que les étudiants les instrumentalisent".

Reste que cette déconsidération peut être en partie . . .

Élodie Crézé
Journaliste

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