Grotte Cosquer : « Des gens comme nous occupent ce littoral depuis des millénaires »

Interview
le 28 Mai 2022
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La réplique de la grotte découverte dans les Calanques doit ouvrir le 4 juin prochain. En attendant de visiter cette restitution sur le J4, le journaliste scientifique marseillais Pedro Lima nous permet de découvrir les secrets du site original auquel il a consacré un beau livre.

Au bord du grand Puits, dans la deuxième salle de la grotte, des empreintes de mains négatives ont été réalisées. (crédit Michel Olive/Ministère de la Culture/DRAC Paca)
Au bord du grand Puits, dans la deuxième salle de la grotte, des empreintes de mains négatives ont été réalisées. (crédit Michel Olive/Ministère de la Culture/DRAC Paca)

Au bord du grand Puits, dans la deuxième salle de la grotte, des empreintes de mains négatives ont été réalisées. (crédit Michel Olive/Ministère de la Culture/DRAC Paca)

Dans quelques jours, la réplique de la grotte Cosquer ouvre ses portes au public. Deux ans de travaux plus tard, l'ancienne Villa Méditerranée, outil de soft power voulu par l'ancien président de région Michel Vauzelle trouve ainsi une nouvelle destinée en plongeant dans l'histoire la plus ancienne qui lie nos ancêtres et le territoire.

En 1985, le plongeur Henri Cosquer explore pour la première fois un étroit boyau qui part dans le massif par un trou connu de longue date, à 37 mètres de profondeur à proximité du cap Morgiou. Il y reviendra fréquemment, poussant toujours plus loin l’exploration. Après avoir posé un fil d’Ariane avec le plongeur spéléologue Marc Van Espen, il se rend de nouveau la grotte en juillet 1991, avec Cendrine Cosquer, sa nièce, Pascale Oriol et Yann Gogan, trois autres plongeurs du centre cassidain. Le groupe braque pour la première fois les lampes vers les parois et découvre des peintures rupestres, en premier lieu une main négative. En septembre 1991, après le décès accidentel de trois plongeurs dans le goulet, Henri Cosquer se décide à déclarer sa découverte.

Des décennies d’exploration et de recherches plus tard, la grotte Cosquer va enfin se révéler au grand public. Journaliste scientifique marseillais, spécialiste de l’art pariétal, Pedro Lima connaît Lascaux et la grotte Chauvet. S’il n’est pas descendu à Cosquer, il a longuement enquêté sur ce lieu, rencontré bon nombre de ceux qui l’ont arpenté. Il lui a consacré l'écriture d'un bel ouvrage paru en novembre 2021.

Avec la réplique de la Grotte Cosquer, Marseille célèbre une présence humaine dans les Calanques depuis 31 000 ans. Est-ce une manière d'ancrer encore plus la ville dans une histoire millénaire qui la distingue du reste du pays ?

Oui, c'est Marseille avant Massilia. Mais sur le territoire de la commune, des sites

paléolithiques mis au jour remontent bien plus loin que la grotte Cosquer. Les outils découverts notamment aux Aygalades sont certes des traces modestes mais elles nous renvoient à des périodes situées entre un million et 300 000 ans avant notre ère, bien avant donc. Ce que raconte Cosquer, c'est qu'il y a des gens comme nous qui occupent ce littoral depuis des dizaines de milliers d'années.

Seule grotte immergée qui conserve des chefs d'œuvre d'art pariétal, Cosquer a été découverte par hasard au cœur des Calanques. Le d . . .

Benoît Gilles
Journaliste

Commentaires

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4 commentaires


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  1. julijo

    hâte de visiter la réplique à la villa méditerranée.
    beaucoup de plaisir à lire cet article.

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  2. Alceste.

    Enfin ,une fois et ce qui est rare du positif.
    Je me languis de cette ouverture.

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  3. Peuchere

    Michel Vauzele n’a rien fait dans ce dossier., sinon de construire une villa à 75M€ qui ne servait à rien. C’est la volonté politique de Christian Estrosi et Renaud Muselier de donner une utilité populaire à ce lui qui a permis cette belle réalisation

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    • Alceste.

      Regard , cela est vrai il faut rendre à « Ouin-Ouin » ce qui lui appartient. Enfin pas tout à fait ,car cette belle réalisation ,du moins je l’espère et nous la verrons courant Juin, est réalisée grâce à nos impôts et pas avec les fonds personnels d’Estrosi et de notre ami « Ouin-Ouin » ,qui ont toujouts cette fâcheuse tendance à dire qu’ils ont financé tel ou tel projet.
      De même , Vauzelle à bien joué lui aussi avec nos sous à l’époque pour rien ( sauf pour les frais de maintenance qui nous ont coûté des sommes pharaoniques)
      Enfin résultat des courses , nous contribuables sommes en définitive passés deux fois à la caisse pour des « faits du Prince ».
      Per mémori : 73 millions d’euros au lieu des 20 millions prévus, frais de fonctionnement annuels depuis 2011 pour rien 4.4 millions d’euros ( 40 salariés ) plus le projet Cosquer pour 25 millions d’euros.
      Total : un petit 150 millions , sans compter le cocktail d’inauguration.

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