Quand la justice se rend en psychiatrie : « Vous n’êtes pas incarcérée, vous êtes soignée. »

Reportage
le 16 Fév 2021
1

Depuis 2011, toute personne hospitalisée sans son consentement est présentée devant un juge. Marsactu a assisté à ces audiences qui se tiennent à l’hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse et à la cour d'appel d'Aix-en-Provence.

Depuis 2011, des audiences du juge de la liberté et des détentions ont lieu au sein des hôpitaux psychiatriques. (Photo CM)
Depuis 2011, des audiences du juge de la liberté et des détentions ont lieu au sein des hôpitaux psychiatriques. (Photo CM)

Depuis 2011, des audiences du juge de la liberté et des détentions ont lieu au sein des hôpitaux psychiatriques. (Photo CM)

"Je ne veux pas être jugée !" Vendredi matin, des cris résonnent dans la salle d’audience de l’hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse. La première patiente attendue devant la juge des libertés et de la détention est en pleurs. "On va la prendre en huis clos, elle n’est pas en état", ordonne la magistrate. Les portes se referment alors pendant quelques minutes. Ce jour-là, dix dossiers seront examinés en moins de deux heures. Les "audiences JLD" constituent un passage obligatoire dans les 12 premiers jours de l’hospitalisation pour tous les patients admis contre leur gré. Instaurées en France depuis 2011, ces audiences n’ont pas vocation à s’opposer aux décisions des médecins mais à en empêcher les abus.

Durant cette première audition, des bruits d’ambulance se rapprochent dehors. La salle d’audience est une petite annexe construite en 2017 directement sur le site de l’hôpital psychiatrique. La porte d’entrée s’ouvre alors et laisse apparaître deux infirmiers, quatre surveillants pénitentiaires armés et Karim*, un jeune homme en jogging noir. L’air perdu, il est poussé en vitesse vers l’étroite pièce accolée à la salle d’audience, où l’attend une jeune avocate commise d’office pour un entretien éclair.

Karim est hospitalisé dans une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA), un centre de soins réservé aux personnes détenues par la justice. L’UHSA ne dépend pas de l’hôpital Édouard-Toulouse mais elle est implantée sur son site. À chaque audience, plusieurs patients de cette unité spéciale sont escortés, un à un. Tout du long, Karim restera menotté aux chevilles. "Protocole anti-évasion", justifie un fonctionnaire souriant planté devant la porte. Avant de souffler, cynique : "Bienvenue en psychiatrie !"

La procédure d'hospitalisation sans consentement
Un patient peut être admis en soins sans consentement s’il représente un danger pour lui-même ou pour les autres. Il existe alors trois procédures différentes. La plus répandue est l’hospitalisation par un proche, donc sur "demande d’un tiers". Si la personne est en . . .

Clara Martot Bacry

Commentaires

Rejoignez-la communauté Marsactu pour, vous aussi, contribuer au débat local. Découvrez nos offres

ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné⋅e.

  1. Piou Piou

    Enquête intéressante!

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


[woocommerce_social_login_buttons return_url="https://marsactu.fr"] Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire