“Nous comptons nos morts, mais que fait l’État ?” : les mots puissants d’Amine Kessaci

tribune
Bref
le 19 Nov 2025
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“Je parle parce que je ne peux que lutter si je ne veux pas mourir. Je parle parce que je sais que le silence est l’abri de nos ennemis.” Ce mercredi 19 novembre, au lendemain de l’enterrement de son frère cadet, Mehdi, assassiné le 13 novembre, le militant écologiste Amine Kessaci, connu pour ses prises de positions fortes contre le trafic, signe une tribune particulièrement puissante chez nos confrères du Monde.

Alors que son frère — inconnu des services de police — a été, comme le privilégient les enquêteurs, victime d’une opération d’intimidation, Amine Kessaci annonce qu’il “ne se [taira] pas” et qu’il “[fera] face à ses assassins”. “Je dirai la violence du narcotrafic. Son emprise“, pose le militant écologiste, par ailleurs fondateur de l’association Conscience, qui lutte contre les discriminations dans les quartiers populaires et accompagne les victimes du narcotrafic.

Amine Kessaci pointe aussi avec lucidité les “carences de l’État” : “Face à un tel ennemi, l’État doit prendre la mesure de ce qu’il se passe et comprendre qu’une lutte à mort est engagée. Il est temps d’agir, par exemple de faire revenir les services publics dans les quartiers, de lutter contre l’échec scolaire qui fournit aux trafiquants une main-d’œuvre soumise, de doter les enquêteurs et les forces de police des moyens dont ils ont besoin, de renforcer, de soutenir réellement les familles de victimes du narcotrafic. Nous comptons nos morts, mais que fait l’État ?”

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et celui de la Justice, Gérald Darmanin, sont attendus ce jeudi 20 novembre à Marseille pour une visite officielle sur la question de la lutte contre le trafic. Le président de la République, Emmanuel Macron, prévoit un déplacement à “la mi-décembre”.

Source : Le Monde
Coralie Bonnefoy

Commentaires

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  1. Dark Vador Dark Vador

    Dans cette problématique du narco-trafic, de grands absents : les consommateurs, sans eux, plus de problèmes. Facile à dire et écrire je sais, mais la question se pose de la criminalisation plus sévère de ces “clients”. Pas facile en effet…

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    • AlabArque AlabArque

      +1

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    • Malleus Maleficarum Malleus Maleficarum

      La criminalisation des clients a toujours été exclue des politiques de répression, mais la situation actuelle où l’on fait face à des réseaux narcos qui n’ont plus de limites dans la violence et le recours aux armes il faut effectivement remettre ça en cause.

      Car attaquer les réseaux (ce qui semble logique), c’est affronter des groupes armés qui, contrairement aux forces de l’ordre, ne vont pas franchement s’inquiéter de savoir si leur réaction aura des conséquences judiciaires.

      Tandis que tomber sur les consommateurs, à l’écart des points de deal, eux qui ne sont ni armés ni organisés, en leur appliquant par exemple une amende forfaitaire (100 € le gramme par exemple ?), exécutable instantanément sans passage par une procédure judiciaire formalisée (qui est trop longue) et collectée via des saisies-arrêts sur salaires / aides / etc. pourrait peut-être avoir un impact.

      ‘Peut-être”, car on n’a jamais essayé. Après je ne suis ni juriste ni membres des FDO (ni dealer ni consommateur d’ailleurs…), ce ne sont que des idées.

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    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      Non. D’abord pas ce que ça existe déjà (l’ “amende forfaitaire” immédiate que Malleus suggère est de 200€ et la “criminalisation” de Dark Vador peut déjà couter 1 an de prison). Ensuite parce que ce n’est ni applicable, ni appliqué, enfin parce que c’est contre productif.
      La Prohibition de l’alcool de 1920 à 1933 a été le moteur de la constitution des organisations criminelles (la Mafia !) aux US et a interdit toute lutte et toute prévention efficace des méfaits de l’alcoolisme (https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/superfail/la-prohibition-quand-interdiction-rime-avec-diffusion-9587053).
      A contrario le recul du tabac et de l’alcool ces dernières années s’est fait sans que ces produits soient interdits.
      La légalisation du cannabis a été transformé en ligne de démarcation politique en France, alors que celle-ci permettrait à la fois d’assécher une partie des finances des réseaux mafieux et d’avoir de vraies politiques de prévention des risques.
      La lutte contre les autres drogues bénéficierait aussi des moyens qui seraient ainsi dégagés.

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  2. Dominique PH Dominique PH

    100 % d’accord avec le commentaire ci-dessus de Felix Weygand.
    Depuis trop longtemps nous vivons sous une chappe de prohibition qui est non seulement inefficace mais qui induit aussi les mêmes engrenages mortifères que lors de la prohibition de l’alcool aux USA de 1920 à 1933 ; c’est à dire sanguinaires guerres des gangs, empire financier pour le gang victorieux et sommes astronomiques perdues pour l’état par absence de TVA ( + mauvaise qualité del’alcool de contrebande ).
    Une loi sur la vente de cannabis peut absolument ressembler aux lois sur la vente d’alcool, notamment sur la teneur et la provenace :
    au centre commercial, dans les rayons des vins et spiritueux, sur chaque bouteille vendue, il est clairement inscrit le degré de teneur en alcool et le lieu de mise en bouteille ; ainsi des personnes achètent du cidre de Bretagne à 2 % d’alcool, d’autres du vin du bordelais à 11 %, d’autres de la vodka polonaise à 30 %…
    Les types qui vendent actuellement illégalement du shit de mauvaise qualité dans des caves d’HLM de banlieue, ils ouvriraient alors un magasin officiel ( comme il y en a mainteant pour le CBD ) où le cannabis serait présenté avec le lieu d’origine ( Liban, Maroc, Jamaïque … ) et la teneur en cannabis clairement affichée.
    Bien sur, ce serait assujetti à la TVA ( ce qui renflouerait les caisses de l’état ) et bien sur, il y aurait davantage d’informations sur les effets ( bons comme mauvais, bons seulement à faible dose, mauvais à forte dose) de la ganjah, de la marijuana.
    Un peu de cidre comme seul alcool de la semaine ( 1 verre le samedi soir par exemple ou le dimanche midi ), ça n’entraine aucun effet néfaste ( au contraire même, ça stimule la diversité dans la flore intestinale ) tandis que des alcools forts chaque jour, c’est catastrophique.
    Les congrés internationaux d’addictologie concluent que le cannabis faiblement dosé ( comme du cidre) comporte beaucoup moins de risque d’addiction que l’alcool, beaucoup moins de risque d’addiction que le tabac, beaucoup moins de risque d’addiction que le sucre et infiniment moins de risque d’addiction que l’héroine.

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