Richard Martin, le Don Quichotte de Saint-Mauront, vire à droite et déboussole ses amis

Portrait
le 2 Mar 2020
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Le théâtre du Toursky fêtera cette année son cinquantième anniversaire et Richard Martin, emblématique directeur du lieu, s’apprête à souffler les bougies. Le mois dernier, il a annoncé rejoindre l’équipe de Bruno Gilles (DVD). À 75 ans, cet anarchiste revendiqué assure tout de même "continuer le combat".

Richard Martin au Toursky (Image MR)
Richard Martin au Toursky (Image MR)

Richard Martin au Toursky (Image MR)

Quatre policiers en uniforme dans une salle de théâtre. Comme des minots fascinés par l’histoire qu’on leur raconte : "avec des copains saltimbanques, on a été dans tous les ports : en Algérie, en Espagne, en Grèce et en Turquie", récite de sa voix forte Richard Martin, le visage rieur. Dix minutes que les fonctionnaires écoutent le directeur du théâtre du Toursky leur conter "l’aventure du bateau pour la paix", référence à un ancien bateau de guerre transformé en 2001 par Richard Martin et plusieurs compères en une croisière artistique à travers la Méditerranée. Un talkie walkie fixé à la ceinture de l’un des policiers grésille soudain, les rappelant à leur mission : des minots ont mis le feu à des poubelles sur l’autoroute A7 située à quelques dizaines de mètres de là. Bienvenue au théâtre Toursky, "le plus beau des théâtres dans le pire des quartiers", dixit un spectateur.

De Léo Ferré à Bruno Gilles

Des flics dans un théâtre, voilà le genre de tableau original qu’affectionne Richard Martin. Flic, voyou, riche, pauvre, insoumis ou gilet jaune : il claque trois bises à tous ceux qu’il croise. "Sauf aux fachos", met-il en garde. Tape dans le dos et tutoiement de rigueur. La fraternité des hommes, le pouvoir émancipateur de la culture, il y croit dur comme fer. De vieux restes de mai 68 auquel il a participé à Paris, avant de retrouver la Méditerranée (il est né à Nice) pour s’installer à Marseille, "le pays de tous ceux qui en voulaient un" et créer en 1970 le théâtre Toursky, "à partir d’un hangar abandonné au fin fond de Saint-Mauront". 

Aussi séducteur qu’éruptif, il s’est mis en tête de faire de ce quartier celui des poètes, lassé d’en entendre parler comme de "l’arrondissement le plus pauvre d’Europe". Militant de la culture pour tous, fondateur de Radio Grenouille en 1981, Chevalier des Arts et des Lettres, créateur d’université populaire, le CV du monsieur coche toutes les cases de l’intellectuel de gauche. Depuis plus d’un an, il monte une pièce en collaboration avec des gilets jaunes marseillais qu’il a accueillis au sein du théâtre. 

Toute la gauche s'étrangle quand il annonce le 14 janvier dernier qu’il rejoint l’équipe de Bruno Gilles (DVD) et qu’il sera en seconde position sur la liste du 2e secteur. Il y sera juste derrière Lisette Narducci, actuelle maire des 2-3e arrondissements, passée du camp de Guérini à Gaudin dans l’entre-deux tours des élections municipales en 2014, désormais ralliée à Bruno Gilles. Sur son post Facebook, il s'en est expliqué :

Avec Bruno Gilles, ce ne sera pas la poursuite de la politique de Jean-Claude Gaudin. Au contraire. Ce sera l’ouverture aux autres, loin des clivages politiques, des clans et des chapelles. Il appelle à une autre vision de MARSEILLE. C’est une formidable opportunité pour tous les Marseillais. Le fait de me proposer la Culture montre sa volonté de rupture et d’ouverture. Il connaît mes convictions, mes combats et mes engagements.

Comment ?! Lui, le compagnon de route de Léo Ferré, avec qui il a notamment écrit L’Opéra des Rats ? L’anarchiste revendiqué ? Ce même Richard Martin qui, il y a trois mois, jouait un concert de casseroles sous les fenêtres du maire de Marseille pour dénoncer la baisse de ses subventions ? Celui qui obtenait après 10 jours de grève de la faim le versement de 85 000 euros de la part de Gaudin ?

La gauche ne rêve pas, c’est bien auprès de Bruno Gilles, élu successivement sous les étiquettes RPR, UMP et LR . . .

Marius Rivière
Journaliste indépendant basé à Marseille, Marius Rivière est membre du collectif Presse-Papiers. Il travaille principalement pour la presse française et suisse et réalise également des reportages radio

Commentaires

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  1. Andre Andre

    Quand la dite « gauche » ne représente plus l’idée que l’on se fait de la gauche, quand ceux qui prétendent défendre ses positions se perdent dans des divisions, des combats d’ego et des rivalités d’appareil, quand jes partis qui s’en revendiquent ont à nouveau lancé la machine à perdre, il est normal qu’on quitte cette pseudo gauche là.

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  2. Titi du 1-3 Titi du 1-3

    Les prétendus anarchistes sont très souvent à droite……

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  3. Tarama Tarama

    Un pitre subventionné. Encore un « orchidoclaste » qui aime plus la lumière que les idées. Inintéressant.

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  4. mrmiolito mrmiolito

    l’anarchie est en effet bien plus un concept de droite (chacun pour soi), alors une fois qu’on a compris ça…

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  5. Opiniatre Opiniatre

    Gauche ou droite, ce n’est pas la question. Voici quelqu’un qui estime qu’un équipement public est à lui, que l’argent public important que ce théâtre reçoit est à son entière disposition. Il n’a pas rejoint Bruno Gilles par conviction ou même par ambition (Bruno Gilles Maire de Marseille ?), mais seulement pour pouvoir crier au scandale et à la chasse aux sorcières quand la prochaine municipalité, quelle qu’elle soit, le poussera dehors. Pas très glorieux.

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    • Victor Solal Victor Solal

      Bonne analyse !

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    • leravidemilo leravidemilo

      @Opiniatre (Roi de la boulette)
      On se demande quand même un peu, si le sens de l’anticipation que vous attribuez si aisément à Richard Martin, n’est pas la chose la plus partagée chez vous. En d’autres termes, si le « quand la prochaine municipalité, quelle qu’elle soit… » poussera dehors donc celui qui vous sert ici d’exutoire, ENGAGE la liste que vous soutenez depuis le début, avec tant d’opiniâtreté et de bêtise.?
      Il ne vous reste hélas que peu de jours pour répondre à cette question, et pouvoir peut être rassurer ainsi quelques électeurs encore hésitants, se posant quelques questions lancinantes à propos de cette liste…
      Question subsidiaire : Ne craignez vous pas (vous, le grand affidé de Payan) de cautionner ainsi, par de tel propos anticipateurs, les prochains faits et méfaits, en la matière, de la «  »sorcière » » MV, si « d’aventure » elle venait à être élue?

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  6. JmarsC JmarsC

    Euh Fred Muhl Valentin c’est pas son fils ? Richard tiens bon mais a droite ?

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  7. Agnès Freschel Agnès Freschel

    C’est marrant cette idée persistante et péjorative du « petit milieu culturel marseillais ». Marseille est la deuxième ville de France, son milieu culturel est vaste, très diversifié, souvent extrêmement inventif et talentueux, malgré le manque de moyens chronique, le mépris total des édiles, leur méconnaissance abyssale des enjeux culturels , et l’état d’abandon des bâtiments culturels appartenant à Ville…

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  8. Alceste. Alceste.

    Fausse naïveté chère Agnès de votre part quand vous abordez la problématique de nos édiles et de la culture. Prenez une carte des arrondissements de Marseille , vous dressez sur ces derniers la géographie de la ségrégation scolaire et vous aurez de facto la carte de la ségrégation culturelle. Ce n’est pas « marrant » , c’est une volonté politique assumée , réfléchie.
    B.Gilles vient de redécouvrir l’Amérique en se rendant compte que la Culture peut sauver des gamins ou des adultes , vaut mieux tard que jamais,. R.MARTIN n’est pas un cas unique à Marseille , loin de là. Mais nous sommes à Marseille et les grandes gueules ont souvent plus raison que les autres.
    Quand vous écrivez que la Ville abandonne ses bâtiments culturels, cela dépend du quartier , comme pour les écoles , et cela est normal .
    Normal , car si vous revenez à la définition du mot culture : » ce qui est commun à un groupe » , les jambons des 6° et 8° se cultivent suivant leurs propres goûts.
    CQFD. Donc pour les autres, Rideau!

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  9. MGVD MGVD

    Il est certain que pour avoir côtoyer certains responsables culturelles élus, c’était des gens placés pour service rendu. Aucune compétence, on a eu un libraire, une patronne de restaurant, la propriétaire des murs d’un théâtre… et puis il ne faut pas confondre éducation culturelle, patrimoine culturel et ce qui produisent: les artistes. Bref au moins Martin connait son sujet, c’est pas un patron de bar ou un mec qui FO qui a fait de la figu dans Plus belle la vie ou autre … On peut aussi énoncer Moussa Maaskri ou Gerard Meylan, qui sont LR et PM, c’est courageux, et je les pense sincères dans leur idée de défendre la culture à Marseille.

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    • ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

      Allons soyons sérieux : que connait Richard Martin mis à part lui-même ?

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  10. Michael Birritteri Michael Birritteri

    Petit erreur quand vous parlez de Maryam Ferrara: la Fi (France insoumise) n’existait pas en 2012 !!

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  11. habitant du 1er habitant du 1er

    Mais franchement, qui écoute encore Richard Martin ? Parfois, il faut savoir finir…et parfois il est déjà trop tard…

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  12. Manipulite Manipulite

    Un « anarchiste » hyper subventionné par une droite complexée par son inculture et une gauche naïvement aveuglée par un marchand de soupe.

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  13. corsaire vert corsaire vert

    La promesse d’une bonne gamelle est attractive même pour un » ex anar » !!!
    Il est loin le temps où il défendait la culture pour tous en grève de la faim suspendu à son panier au théatre Toursky ….
    Brel ne chantait- il pas ?
     » …..plus on devient vieux plus on devient con …. »

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  14. Richard Mouren Richard Mouren

    Cette parole d’Evangile
    Qui fait plier les imbéciles
    Et qui met dans l’horreur civile
    De la noblesse et puis du style
    Ce cri qui n’a pas la rosette
    Cette parole de prophète
    Je la revendique et vous souhaite
    Ni Dieu ni maître

    Léo Ferré (qui a chanté la première fois au Toursky en 1971)
    ………………….

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  15. vékiya vékiya

    vassal, ghali,martin… les rois du droit de réponse et du « attention à ce que vous allez dire… »

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