Des proches d’anciens internés exhument le passé psychiatrique de l’hôpital de la Timone
Avant de devenir un hôpital généraliste, le CHU de la Timone à Marseille a été un "asile d’aliénés". Des patients, internés contre leur gré, y ont passé des années avant d’y mourir. Les enquêtes menées par leurs descendants rassemblent témoins et archives. Et font rejaillir le passé enfoui de l’hôpital.
Une petite fille avec un bonnet à pompon, la bouche crispée et un regard dur apparaît au premier plan de la photo qui sert de fond d’écran à l'ordinateur de Nicolas Guégan. Cette petite fille, c’est Antoinette Arabadjian, sa grande-tante paternelle. Sur le cliché, elle a huit ans. "C’est la photo de passeport qui a été prise à Athènes après le départ d’Arménie, lorsque sa famille vient de fuir Smyrne, [aujourd'hui Izmir en Turquie]. Quand je l’ai découverte, j’ai été bouleversé par son visage", confie ce journaliste indépendant. Après la photo, la famille se rend à Marseille où elle sera hébergée au camp Oddo, avant de s'installer rue de Bussy l’Indien (6e).
Antoinette mourra en 1942, à l’âge de 28 ans, deux jours après avoir quitté le Centre d’hygiène mentale qui deviendra plus tard l’hôpital de la Timone. Elle y avait été internée à la demande d’un tiers en 1939. Le récit familial concernant la jeune femme est succinct : "On dit qu’elle aimait trop les hommes", informe le journaliste. En 2023, il se lance dans une enquête pour comprendre ce qui lui est arrivé. "À ce moment-là, je m’interrogeais sur le sens de la vie, je me demandais si un jour, je serais heureux. Je voulais faire un travail sur l’héritage transgénérationnel des souffrances."
"Un nom très lourd"
Cette quête personnelle va contribuer à mettre au jour l’histoire presque oubliée de l’hôpital de la Timone. Nicolas Guégan n’est pas le seul à s’intéresser à ce passé. "Pour mon père, le nom Timone était très lourd, très honteux, il n’aimait pas en parler", annonce Marie Ilse Bourlanges, artiste plasticienne installée . . .
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Bonjour ! Super article. Dans ce livre il y a des informations sur l’histoire de l’asile de st.pierre de Marseille et ses transformations.
https://share.google/NwVzo5iRXWP8eAeZK
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Quand j’étais petite, j’ai souvent entendu l’expression « il/elle est bon/ne pour la Timone ! »… On m’expliquait que c’était l’asile de fous, ce qui était a la fois effrayant et fascinant (à Paris on dit Ste Anne…). La réputation redoutable de ce lieu mystérieux a dû perdurer plusieurs années encore après ces tristes épisodes…. Quoi qu’il en soit, saine démarche que d’interroger les traitements subis par les patients d’autrefois, que ce soit pour des raisons familiales (oui, bien sûr, la mémoire des traumatismes…) ou pour éclairer les pratiques d’aujourd’hui.
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Bonjour marsactu, loi du 30 juin 1838 pour la présence d’un établissement par département.
A lire Jean baptiste Lautard, médecin pour « la maison des fous » de Marseille
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