Nouveau suicide aux Baumettes d’un détenu atteint de troubles psychiatriques

Enquête
le 24 Sep 2018
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Marc C. souffrait de sérieux troubles psychiatriques: bouffées délirantes, paranoïa et comportements schizophréniques. Il a été incarcéré et maintenu isolé malgré de nombreux courriers de sa famille au juge d’instruction. Marc C. s’est finalement suicidé le 15 juillet dernier.

Les Baumettes en 2017.  source : wikimedia commons.
Les Baumettes en 2017. source : wikimedia commons.

Les Baumettes en 2017. source : wikimedia commons.

Assis sur un banc, dans un petit parc d’Aubagne, Éric C., 47 ans, déroule le fil de l’histoire. Une histoire familiale tragique, qui commence à Bandol, dans le Var, et se termine dans une sordide cellule des Baumettes, à Marseille. Là où son petit frère, Marc C., a mis fin à ses jours en se pendant aux barreaux de sa fenêtre, cet été. Depuis, Eric ressasse le terrible enchaînement des événements.

Tout commence en 2012. Marc, alors âgé de 31 ans, est peintre dans le bâtiment, auto-entrepreneur. Il faut tenir le rythme, assurer les commandes. Il fait un burn out. "J’avais remarqué qu’il commençait à tenir des propos incohérents, explique Eric, son grand frère. De l’ordre du mystique parfois." Vient ensuite un grave accident de voiture. Le jeune homme percute violemment une rambarde d’autoroute, à 150 km/h. Il s’en sort miraculeusement mais non sans séquelles. Physiques et psychologiques. Bouffées délirantes, propos incohérents, comportements paranoïaques, apparentés à la schizophrénie. Et ça va de pire en pire. Il se rend un jour sur un chantier, ivre, et passe sa main à travers une vitre, volontairement. Craignant pour sa vie, sa famille le fait interner.

Marc est alors hospitalisé au service psychiatrique de la Conception à Marseille, puis il passe 6 mois dans l’unité pour malades difficiles de Montfavet, près d’Avignon, sous camisole chimique. Nous sommes en 2017. Il ressort de l’institution et semble aller mieux. Mais, premier grain de sable dans le rouage, le psychiatre qui suit Marc lève son obligation de soins, malgré les demandes de sa famille. "On savait, mon père et moi, qu’il devait continuer son traitement, et que s’il n’y était pas obligé, il allait tout arrêter".

"Les bouffées délirantes, comme un coup de tonnerre dans un ciel . . .

Maud de Carpentier
Journaliste indépendante en radio et presse écrite, basée à Marseille et membre du collectif Presse-Papiers. Maud de Carpentier réalise des longs-formats en radio pour la RTS, France Inter et France Culture.

Commentaires

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  1. Jean Luc Jean Luc

    Tragique…Que ce soit pour la psychiatrie, la justice ou les prisons, le manque de moyens amènent les malades et leurs familles démunies à de telles issues.
    Merci Maud de braquer le projecteur sur ce drame: « loin des yeux, loin du cœur… »

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  2. petitvelo petitvelo

    Il serait temps de se mettre en marche du côté du ministère de la justice, et pas seulement en construisant des prisons …

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  3. PromeneurIndigné PromeneurIndigné

    Article excellent. Le sort des gens de rien, des sans dent n’est pas le premier souci des gens bien.

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  4. RS RS

    Mesures éducatives non appliquées dans le secteur de l’enfance en danger, pas seulement en Seine Saint-Denis , traitement aveugle des personnes atteintes de troubles psy très graves … la sirène d’alarme résonne pourtant dans le vide : c’est très inquiétant. Merci pour votre article très édifiant.

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