Pour les graffitis, mieux que Miami, le cours Julien

Échappée
le 31 Mar 2018
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Depuis trente ans, le cours Julien est le point de rencontre des graffeurs à Marseille. Trois d'entre eux ont accepté de revenir sur ce qu'ils y ont vécu et confient leur rapport particulier à ce bout de Marseille.

Détail d'une fresque réalisée rue Vian par :
DIFUZ, KALM, ASHA, CARA, GAMO, ACET, RISH, joke, BOBAR.
Détail d'une fresque réalisée rue Vian par : DIFUZ, KALM, ASHA, CARA, GAMO, ACET, RISH, joke, BOBAR.

Détail d'une fresque réalisée rue Vian par : DIFUZ, KALM, ASHA, CARA, GAMO, ACET, RISH, joke, BOBAR.

En novembre dernier, une poignée d'élus de la Ville de Marseille revenaient de Miami avec une idée dans leurs valises : créer à Marseille un "quartier du graff" comparable à Wynwood. À peine descendus de l'avion, ces derniers ont évoqué plusieurs lieux qui, selon eux, pourraient recevoir le projet. Tour à tour, ils ont mentionné la Joliette, les nouveaux quartiers d'Euroméditerranée, le marché aux Puces, les Crottes ou, plus surprenant, un ancien hangar du Frioul.

Pendant ce temps-là, sur les réseaux sociaux etdans le milieu concerné, une réaction revient sans cesse. "Mais ce quartier, il existe pas déjà ? Il s'appellerait pas le cours Julien par hasard ?!". Depuis trente ans, les rues de ce quartier abritent des œuvres en tout genre : fresques, pochoirs, collages... À la bombe, au pinceau ou à la perche, ici, c'est toute la "scène marseillaise" du graff qui se croise, se retrouve ou se rencontre. Du vandale anonyme au professionnel de renommée mondiale, tout graffeur marseillais qui se respecte a au moins une fois dans sa vie peint au cours Julien.

Marsactu propose donc une balade dans ce quartier accompagné de trois graffeurs marseillais. Qu'ils sortent discrètement leur perche pour "poser le nom du crew", réalisent des portraits géants aux pinceaux ou s'appliquent à peindre des fresques sur des pans entiers de murs, ces artistes ont tous une relation affective au cours Julien. Les yeux rivés sur les murs de ce coin de la ville, Juyse, Joke, ainsi que des membres d'un collectif souhaitant apparaître anonymement, décodent l'effervescence d'un monde qui tente de garder son côté libre et underground. Tout en vivant une inévitable institutionnalisation.

Les débuts

Juyse : "Je peins depuis que je suis petit, la peinture est pour moi une bulle de protection. J'ai toujours griffonné un peu partout, j'écrivais mon nom à droite à gauche. Mais j'ai vraiment commencé à peindre à 28 ans quand j'ai fait une formation de peinture en bâtiment, en décor et en art classique. Depuis je m'investis quotidiennement dans la peinture. Aujourd'hui j'essaie d'en vivre. Pour ce qui est du graff de rue, je m'y suis mis tout doucement. Au départ, je dessinais dans mes carnets et puis j'ai eu envie de participer à cette effervescence qu'on voit dans la rue. Je pense que c'est mon arrivée à Marseille qui a déclenché ça. J'ai été dans plein d'autres villes avant mais je n'avais jamais senti une telle énergie. De voir qu'à Marseille la peinture est vivante, ça m'a stimulé."

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Violette Artaud

Commentaires

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9 commentaires


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  1. Happy

    Merci pour cet article très sympa, à la fois construit et frais, polyphonique et cohérent… comme un graff ?

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  2. Élisabeth

    A voir également les grafs fresques murales 33 BD de la Corderie. Magnifique création artistique réalisée par des graffeurs professionnels avec les jeunes du quartier, résultat d’un projet mené par le centre social en 2010. Espace visité par de nombreux touristes…. A voir

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  3. LaPlaine _

    Par contre les « toys » un peu partout çà me fatigue un peu à la longue. Je suis assez gêné également sur du monument historique (fontaine Espérandieu au Palais des Arts), entre dérision artistique et vandalisme.

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    • Electeur du 8e ©

      Je suis amateur de street art, et j’aime bien ce qu’on en voit du côté du Cours Ju ou du Panier. Mais je ne le confonds pas avec le vandalisme. Le sort réservé à la fontaine Espérandieu (classée monument historique), aussitôt rénovée, aussitôt taguée, ce n’est pas de l’art mais de la dégradation.

      Une minute de publicité pour un autre graffeur (et aussi photographe) qu’on voit à Marseille, Kactus 43 : https://m.facebook.com/Kactus-43-Unavida-345170985626166/

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  4. Michel Samson

    Cet article est vraiment formidable… Et passionnant : j’ai appris mille choses !

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  5. corsaire vert

    très bon article … mais on dirait que le graff c’est surtout pour les touristes ….
    Bon … des emplacements réservés à cet art : il perdra de sa spontanéité et de son esprit créatif et aventureux .
    Il faudra plaire à ceux qui attribuent les places et là c’est l’engrenage ….
    Je parie qu’à vouloir encadrer cet art ,synonyme de liberté , c’est que certains y voient une histoire de gros sous possible .
    J’aime bien voir un graffeur à l’oeuvre( rare ) : rapide , pressé, avec son petit côté clandestin et voyou sympa .

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